La dernière semaine a été achalandée à la boutique de Chocolats Lulu.

Les dents sucrés choisissent le chocolat d’ici

Les habitudes des consommateurs ont changé quant à leurs achats reliés à Pâques. Les dents sucrées du Saguenay–Lac-Saint-Jean font des choix de plus en plus éclairés en matière de chocolat.

Voilà ce qui ressort de nos délicieuses rencontres avec la majorité des chocolatiers de la région. 

Le congé pascal hâtif de cette année a considérablement augmenté et devancé le niveau de productions des chocolateries. Chez Choco Accro, à La Baie, la production en vue du congé pascal s’est amorcée avant la Saint-Valentin. L’entreprise baieriveraine, qui distribue ses produits dans une soixantaine de points de vente au Saguenay–Lac-Saint-Jean, est en activité sept jours sur sept depuis un mois.

« Les consommateurs sont conscientisés à l’achat local. Ils sont à la recherche de produits frais et d’une grande qualité. »

Joannie Lavoie

Les amateurs de figurines en chocolat ont l’embarras du choix avec de nombreuses options locales. C’était la folie, la semaine dernière, à la Chocolaterie Rose Élisabeth de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. Cette fête représente 50 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise d’Élisabeth Duchesne. La folie du chocolat est également présente à la chocolaterie Bons Délices de Chicoutimi. La propriétaire Nathalie Bisson a confirmé avoir été en production jusqu’à vendredi. Le commerce sera même ouvert dimanche pour combler les besoins des retardataires et des cadeaux de dernière minute. Pour Nathalie Bisson, la Saint-Valentin est, en quelque sorte, une pratique pour la grande demande qui découle de Pâques.

L’achat local

Le geste de solidarité d’achat local est très fort de la part des consommateurs, et ce, même dans le domaine du chocolat.« Les gens viennent ici parce qu’ils ont à coeur la région. Ils font l’effort d’acheter des produits d’ici. J’ai même des clients de Saguenay qui font la route pour mes créations », ajoute la chocolatière de la Chocolaterie Rose Élisabeth. La réflexion est similaire pour Joannie Lavoie, propriétaire de la chocolaterie Au coeur fondant. « Les consommateurs sont conscientisés à l’achat local. Ils sont à la recherche de produits frais et d’une grande qualité », ajoute-t-elle. Claudine Simard, propriétaire de Choco Accro, confirme cette tendance. Lors de leur visite, les consommateurs demandent la provenance des produits. Plusieurs refusent d’acheter si ce n’est pas produit dans le commerce de La Baie. 

Compétition

Alors qu’une franchise des Chocolats favoris est sur le point d’ouvrir à Chicoutimi, les chocolatiers indépendants de la région font preuve d’une grande confiance envers leur clientèle. La propriétaire de la chocolaterie Au coeur fondant assure que rien n’arrive pour rien. Celle qui a ouvert une deuxième succursale à Chicoutimi, à l’hiver, est convaincue qu’il y a de tout pour tout le monde. « Nous offrons des choses différentes, et en fin de compte, on se complète. L’important est que les clients retrouvent tout ce dont ils ont besoin. Nous ne sommes pas en affaires pour faire mal aux autres », ajoute celle qui compte tirer son épingle du jeu en offrant des produits uniques et une expérience en boutique. Cette année, son équipe a préparé 6500 produits de Pâques, en plus de l’offre régulière. Au cours des derniers jours, les employés ont concocté 10 000 bouchées de chocolat.

Les demandes des consommateurs ont évolué, au fil des années. Joannie Lavoie, dont la boutique a célébré son dixième anniversaire, remarque une plus grande demande pour le chocolat noir. Selon elle, cela découle de l’intention des consommateurs de diminuer leur apport de sucre, sans sacrifier leurs petits plaisirs sucrés.

Joannie Lavoie, de la chocolaterie Au coeur fondant, témoigne de l’évolution des goûts des consommateurs.

Des productions grandes échelles

En plus de l’abondance des chocolateries artisanales, les amateurs de chocolat de la région peuvent profiter des produits de deux chocolateries d’ici qui produisent à plus grande échelle.

La comparaison entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean est présente même dans le chocolat. Chocolats Lulu, de Saguenay, et la Chocolaterie des Pères trappistes, du Lac-Saint-Jean, qui dominent dans chacun de leur secteur, offrent des produits qui rayonnent en dehors des limites de la région. 

La première chocolaterie, qui a pignon sur rue à Chicoutimi, vit une période achalandée. La production sera en cours jusqu’à samedi afin d’assurer la pleine satisfaction des clients. L’entreprise doit respecter des ententes avec des bannières régionales ainsi que provinciales. 

Chocolats Lulu, dont les produits se retrouvent dans plus de 300 points de vente, a fait le choix de continuer à offrir les oeuvres en chocolat sur de la paille. Une présentation de moins en moins populaire, en raison des coûts. Cette façon de faire permet l’ajout de décorations en sucre sur les figurines. «Le choix de la paille exige plus de manipulation. Lorsque les entreprises souhaitent couper dans les coûts de fabrication, la présentation de paille est souvent la première option. Nous adorons le cachet et nous croyons qu’il y a encore de la place pour la décoration à la main», témoigne Diane Gagnon, propriétaire de Chocolats Lulu. 

C’est presque déjà le temps pour l’équipe de la Chocolaterie des Pères trappistes de se tourner vers la prochaine fête de Pâques. Cette saison se prépare dès le mois de septembre pour l’entreprise de Dolbeau-Mistassini, qui produit du chocolat depuis 1939. La production débute en octobre pour se terminer en février. Après tout, Pâques s’installe dans les rayons des pharmacies au lendemain de la Saint-Valentin...

Le directeur général de la Chocolaterie des Pères trappistes, Dominic Genest, confirme que la saison actuelle est exceptionnelle.

La nouvelle image et l’univers développé au cours des dernières années ont permis d’augmenter la popularité des produits jeannois. La hausse des ventes confirme l’engouement envers les différents produits.

La fameuse poule en chocolat reste l’item le plus populaire. Cette petite figurine, qui est disponible dès le mois de janvier, représente la moitié des ventes reliées à Pâques. La Chocolaterie des Pères trappistes est sur le point de souligner la vente de 3 000 000 de poules en chocolat.