Sylvain Ouellet, directeur général du Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets, anciennement connu sous le nom de Commission scolaire du Pays-des-Bleuets.
Sylvain Ouellet, directeur général du Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets, anciennement connu sous le nom de Commission scolaire du Pays-des-Bleuets.

Les défis ne manqueront pas au Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets

En entrevue avec Le Quotidien, Sylvain Ouellet, le directeur général du Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets, anciennement connu sous le nom de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, a expliqué que les défis à relever ne manqueront pas, au cours des prochains mois : planification budgétaire, nouveau modèle de gouvernance scolaire et, bien entendu, la rentrée scolaire 2020-2021.

Récemment, le ministre des Finances, Eric Girard, avait annoncé qu’il devançait le projet d’uniformisation de la taxe scolaire, pour le fixer à 0,1054 dollar par tranche de 100 dollars d’évaluation foncière uniformisée, pour la période de juillet 2020 à juin 2021.

Cette mesure permettra d’éliminer les iniquités entre les régions, en uniformisant le taux de la taxe scolaire au Québec, surtout que le Saguenay-Lac-Saint-Jean figurait parmi les régions où la taxation scolaire était la plus élevée au Québec.

Pour la dernière année, la taxe scolaire contribuait pour environ 11 % des revenus globaux du Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets, le reste provenant des subventions du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. « En 2019, c’est aux alentours de 12 M$ sur un budget total 112 M$. »

Pour le DG, cette réduction de taxe se traduit par une perte de revenus de quelques millions de dollars. Par contre, il explique que la perte devrait être compensée par le gouvernement du Québec sous forme de subvention d’équilibre. Pour l’ensemble de la province, le manque à gagner s’élève à 800 M$.

« Jusqu’à aujourd’hui, ce n’est toujours pas clair quelle sera cette subvention d’équilibre. On sait que l’on va en avoir une, mais à quelle hauteur et est-ce que ça va venir compléter ? On l’espère de tout coeur, car on est en train de faire le budget. S’il faut aller chercher 7 M$, je ne sais pas où l’on va aller le chercher ! »

Gouvernance scolaire

Le 15 juin dernier, le projet de loi no 40 est entré en vigueur, faisant en sorte que la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets est devenue officiellement le Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets.

Au-delà du changement d’appellation, c’est surtout un nouveau modèle de gouvernance scolaire qui a été mis en place.

Rappelons que le projet de loi 40, adopté le 8 février dernier, comprenait plus de 300 articles modifiant 80 lois existantes. Cela mettait alors un terme au mandat du conseil des commissaires, afin de laisser la place à un futur conseil d’administration, lequel devrait entrer en fonction le 15 octobre 2020.

Sylvain Ouellet affirme cependant que cette réorganisation administrative ne permettra pas de réaliser une économie substantielle.

« Le conseil des commissaires coûtait environ 150 000 $ sur un budget de 112 M$. On pense que le nouveau conseil d’administration va coûter encore quelques sous, même s’il n’y aura plus de rémunération proprement dite. (…) En terme de structure, c’est vraiment négligeable. »

Par contre, il croit que cette nouvelle formule offrira quelques avantages et nouveautés, dont celle de favoriser une implication citoyenne différente. « Ce qui est nouveau, c’est que l’on va avoir la présence de cinq parents, cinq membres du personnel et cinq membres de la communauté, donc 15 personnes qui sont désignées. »

Rentrée scolaire

La rentrée scolaire apportera aussi son lot de défis à relever. Mardi dernier, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a annoncé le plan pour la rentrée scolaire, qui permettra à tous les établissements du primaire, du secondaire, de la formation générale des adultes et de la formation professionnelle de rouvrir leurs portes à partir du 28 août 2020.

Même s’il se dit heureux par cette annonce officielle, le DG avoue qu’une telle nouvelle en contexte de pandémie demandera quelques ajustements importants, entre autres pour la gestion des classes et des horaires. Par contre, il croit que c’est le problème du transport scolaire qui sera le plus difficile à régler.

« Le plus gros impact concerne le transport. Même si on a doublé la capacité, ce sont environ 24 élèves seulement. Peut-être un peu plus s’ils sont de la même famille. C’est vraiment complexe. Il va falloir mettre fin à certaines pratiques, comme de permettre deux adresses. Il va falloir limiter les choses, sinon ça sera impossible. On a calculé qu’il nous faudrait 70 autobus supplémentaires si on voulait garder et maintenir tout ce que l’on faisait, mais on ne les aura pas. »

Il admet que plusieurs scénarios sont présentement à l’étude afin de minimiser les impacts.

Il conclut qu’à tout cela s’ajoute les défis quotidiens que représente la gestion des ressources humaines. Avec 1200 employés, le Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets est l’un de principal employeur de la MRC.