Sylvain Gauthier, président de Nubee

Les défis et les enjeux du numérique

Dans le cadre de la quatrième édition de la Rentrée du numérique, un événement dédié aux professionnels et aux entreprises de la région, qui se déroule mercredi, à l’OTL Gouverneur Saguenay, à Chicoutimi, Le Quotidien vous propose le dernier d’une série de trois reportages consacrés au secteur du numérique à Saguenay. Portrait de quatre entreprises chicoutimiennes, des défis qu’elles rencontrent et des enjeux de l’industrie dans la région

NUBEE: AMENER LES ENTREPRISES À MIEUX CERNER LEURS BESOINS

Les entreprises doivent apprendre à mieux cerner leurs besoins en matière de présence numérique et comprendre davantage cet univers qui demeure encore nébuleux pour plusieurs, plaide Sylvain Gauthier, président de Nubee.

«Il faut amener les entreprises à réaliser qu’elles doivent amener des améliorations au niveau de différents aspects de leur organisation. Le numérique, ce n’est pas juste d’avoir un site Internet, c’est d’avoir des outils autour de nous qui permettent à tout le monde d’être plus performants», soutient-il.

Mieux utiliser les outils numériques profite autant aux employés d’une entreprise, qu’aux fournisseurs et aux clients, ajoute l’entrepreneur. Nubee, lancée en 2011, qui compte six employés, a d’ailleurs fondé dans cette optique la Rentrée numérique, événement présenté de pair avec Promotion Saguenay.

L’entreprise, dont les locaux sont situés au centre-ville de Chicoutimi, sur la rue Racine, se spécialise dans le développement Web sur mesure, en développant des sites Internet pour des entreprises ou organismes, ainsi que dans le développement de solution d’affaires permettant d’opérer des plateformes et outils en ligne.

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OPTANIA: ATTIRER LA MAIN-D'OEUVRE DE L'EXTÉRIEUR

Saguenay doit miser sur l’attraction de la main-d’œuvre de l’extérieur de la région si elle souhaite encourager la croissance des entreprises numériques, croit Louis-Raphaël Tremblay, président-directeur général d’Optania.

«Il faut trouver un moyen pour ne plus se voler entre nous. [...] C’est malsain, on ne pourra pas continuer comme ça», insiste celui dont l’entreprise, fondée en 2009, compte aujourd’hui 27 employés.

Optania, spécialisée en accompagnement de première ligne en éducation et en santé mentale grâce à l’intelligence artificielle, compte dans les cinq prochaines années mettre les bouchées doubles afin de faire la promotion de la qualité de vie à Saguenay.

De plus en plus, les développeurs ne sont pas uniquement à la recherche d’un salaire avantageux, mais également à la recherche d’une qualité de vie facilitant l’organisation familiale, souligne M. Tremblay.

Optania, connue auparavant sous le nom d’Ellipse Synergie, compte sur l’attrait de plusieurs nouveaux développeurs dans ses bureaux du centre-ville de Chicoutimi, afin de mener à bien son prochain défi : percer le marché américain et celui des autres provinces canadiennes. «Il faut que les gens de l’extérieur viennent vivre ici, et surtout, il faut arrêter de miser sur l’aluminium et le bois», conclut-il. 

Alexandre Boudreault, président fondateur de Strateolab

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STRATEOLAB: UTILISER DES TECHNOLOGIES QUI NE SONT PAS ENCORE ENSEIGNÉES

L’industrie du numérique n’est pas épargnée par la pénurie de main-d’œuvre qui touche la province et elle frappe encore plus durement les entreprises qui, comme Strateolab, ont besoin de personnel devant travailler avec des technologies qui ne sont pas encore intégrées dans les programmes d’enseignement.

«On travaille des technologies qui ne s’enseignent pas nécessairement dans les collèges ou les universités. On va chercher des généralistes et on les forme un peu à notre main. Ce sont eux qui développent leur propre expertise», explique Alexandre Boudreault, président fondateur du studio, pour qui le prochain défi sera l’expansion de son marché vers Québec et Montréal.

Le studio de six employés, fondé en 2014, dont les locaux sont situés dans le quartier industriel de Chicoutimi, se spécialise dans l’expérientiel numérique, en particulier dans le domaine muséal, pour l’industrie touristique et en marketing.

L’expérientiel numérique permet de faire «vivre une expérience en soi», indique le jeune entrepreneur, en utilisant le tournage 360 degrés, la réalité virtuelle ou encore la réalité augmentée, pour faire la promotion d’un produit, par exemple.

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CGI: RECRUTER DE NOUVEAUX TALENTS GRÂCE À UN DÉFI DE PROGRAMMATION

Afin de recruter de nouveaux talents et de faire connaître les nouvelles technologies auprès de la population, CGI proposera à la fin du mois d’octobre la première édition du Code Jam, un défi de programmation.

L’activité, qui aura lieu du 26 au 28 octobre et qui est organisée en partenariat avec l’Université du Québec à Chicoutimi, s’adresse autant aux professionnels du domaine, aux programmeurs amateurs qu’aux étudiants universitaires et collégiaux. Le défi prend la forme d’un événement à distance, avec support en ligne.

Guylaine Tremblay, vice-présidente et responsable des opérations de CGI au Saguenay, mentionne que le Code Jam permettra entre autres de repérer de nouveaux talents, le recrutement étant l’un des principaux défis de l’entreprise.

À Saguenay, environ 150 postes en technologies de l’information seront à pourvoir dans les deux à trois prochaines années. Les bureaux de Chicoutimi, ouverts en 1984, comptent aujourd’hui 650 employés.

Mme Tremblay estime que ce genre d’activités contribue aussi à faire connaître les carrières dans l’univers du numérique. « Si tout le monde fait un petit peu ce travail-là, cela va éveiller la conscience et l’intérêt des jeunes envers les technologies. »

L’inscription au Code Jam est possible jusqu’au 17 octobre, via la page de l’événement (www.aemi.ca/codejam).