Quelques propriétaires d’entreprises et des comptables ont assisté à la soirée de présentation des nouvelles propositions législatives du gouvernement Trudeau organisée par les conservateurs.

Les conservateurs informent les entrepreneurs

Sept personnes ont assisté à la présentation des nouvelles propositions législatives concernant la fiscalité des entreprises organisée par le candidat conservateur Rémy Leclerc, lundi soir, à Dolbeau-Mistassini.

Une faible participation qui n’a pas démonté le candidat qui en fait un enjeu électoral. « Non pas du tout ! L’important c’est que les entrepreneurs que nous rencontrons fassent les démarches auprès de leur comptable pour s’informer des répercussions de ces mesures sur leur entreprise. Ça touche directement nos entreprises, ils vont avoir moins d’argent pour investir. Ça va les fragiliser et du même coup les employés qui y travaillent », a affirmé le candidat.

D’ailleurs, le lieutenant québécois conservateur Alain Rayes trouve qu’il s’agit d’un enjeu névralgique pour le Québec et il a invité les gens présents à faire des pressions politiques. « C’est la relève de nos entreprises et nos fermes qui sont compromises avec cette nouvelle fiscalité. Il n’est pas trop tard même si les consultations finissaient aujourd’hui (lundi). Passez le message à d’autres entrepreneurs, interpellez vos chambres de commerce. Si le monde des affaires se lève et met de la pression, le gouvernement va vous écouter », a-t-il lancé.

Le fiscaliste Olivier Lévesque de la firme Raymond Chabot Grant Thornton a expliqué les différentes mesures qui vont accroître le taux d’imposition moyen des PME. La volonté du gouvernement est que les entreprises aient le même taux d’imposition qu’un employé salarié. Des mesures qui pourraient gonfler les coffres du gouvernement de 250 à 500 M $ par année. « Pour nous, ça veut dire qu’il faut regarder chacune de nos entreprises et évaluer les répercussions et voir comment nous pouvons les aider le mieux possible du point de vue fiscal », a mentionné le spécialiste. 

Présent à cette rencontre, le propriétaire de l’entreprise Rodage Michaël Rousseau trouve que ce qui lui a été présenté est découragent. « Ça casse l’ambition de favoriser la relève. J’ai une jeune entreprise avec des enfants en bas âge, je ne vois pas les avantages que j’aurais pour ma relève », a-t-il lancé.

Un des propriétaires de JAMEC, Éric Cloutier, déplorait qu’il n’avait pas entendu parler de ces mesures et ne connaissait pas les répercussions que ça pourrait représenter pour son entreprise.

Les mesures proposées par les libéraux visent, entre autres, à revoir le fonctionnement du fractionnement de revenu dans une fiducie familiale et la conversion de revenus sur le gain en capital. Le taux d’imposition pour le gain en capital est de 26,6 % comparativement à 53,5 % pour le salaire. 

« Si on enlève des avantages pour les entrepreneurs qui prenant tous les risques pour leur PME, quel message on envoie ? Ils vont se décourager et la relève ne sera pas au rendez-vous. Ils vont vendre à des multinationales dans les grands centres et on va perdre notre structure économique », craint Rémy Leclerc.