Engelbert Cottenoir était entouré de Rémi Fortin, Jean-Sébastien Allard et Michel Gauthier, en plus de plusieurs chauffeurs d’autobus scolaires de la région.

Les conducteurs d'autobus manifestent

Les conducteurs d’autobus scolaires de la région ont participé à la « virée jaune », lundi matin, une activité de visibilité visant à obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail de la part du gouvernement du Québec.

Les différents acteurs régionaux des syndicats de la CSN se sont rassemblés sur le stationnement du Centre Georges-Vézina en compagnie de plusieurs conducteurs, après que ceux-ci aient sillonné les rues de Saguenay à basse vitesse pour se faire voir. Une centaine d’autobus étaient présents.

Le président du conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean à la CSN, Engelbert Cottenoir, y est allé d’une comparaison en affirmant que le salaire des éboueurs s’élevait actuellement à environ 26 dollars de l’heure, tandis que le taux horaire moyen des chauffeurs d’autobus scolaire de la région est actuellement de 17,86 $. Ça représente un salaire annuel d’un peu moins de 20 000 $.

« Ce qu’on dit comme société, c’est que ramasser les vidanges coûte neuf dollars de l’heure de plus que de transporter les enfants, a illustré Engelbert Cottenoir, entouré de plusieurs chauffeurs d’autobus. Ça n’a aucun sens. On ne veut pas dénigrer le salaire des éboueurs, mais c’est un symbole qui est fort pour démontrer l’absurdité de la situation. »

Enveloppes dédiées

La question de l’enveloppe budgétaire fait partie des principales revendications de la CSN. Les représentants veulent que le montant donné aux commissions scolaires pour le transport scolaire soit directement injecté dans ce service.

« D’ici les prochaines élections, on veut que le gouvernement Couillard prenne des engagements à mettre en action des enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées pour le transport scolaire, a souhaité M. Cottenoir. C’est vrai que les commissions scolaires reçoivent de l’argent pour le transport scolaire, mais est-ce qu’elles l’utilisent en totalité pour cela ? Il y a des incertitudes. C’est une question de reconnaissance et de respect. Je crois que compte tenu de l’importance de leur travail au niveau de la sécurité des jeunes, il est temps d’avoir cette reconnaissance. »

Engelbert Cottenoir était accompagné des trois présidents syndicaux de la région affiliés à la CSN. Michel Gauthier (Syndicat national du transport écolier du Saguenay-Lac-Saint-Jean), Rémi Fortin (Syndicat du transport scolaire du Saguenay) et Jean-Sébastien Allard (Syndicat des travailleurs et des travailleuses du transport scolaire Lac-Saint-Jean-Est) ont tous déploré les mêmes éléments.

Ils estiment que les chauffeurs d’autobus scolaire méritent d’obtenir de meilleures conditions, tout en pointant un problème de rétention du personnel. Michel Gauthier a rappelé que des circuits d’autobus n’avaient pu être desservis en Ontario en raison du manque d’effectifs.

« On n’est pas encore rendu là, mais on doit faire quelque chose avant que la situation devienne problématique », a-t-il soutenu.

En 2015, un comité de travail, auquel avaient participé le gouvernement et les associations des transporteurs, avait fixé le taux horaire de référence à 19,14 $ pour les chauffeurs d’autobus. Avec l’indexation, ce taux se chiffre aujourd’hui à 20,02 $.

La campagne « virée jaune » s’est étendue à travers plusieurs régions du Québec, lundi. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on compte tout près de 300 chauffeurs d’autobus scolaires syndiqués à la CSN.