Le concours de la relève permet aux jeunes de se familiariser aux soins des animaux.

Les concours de jugement d’animaux

La troisième journée de la 98e Expo agricole de Chicoutimi s’est poursuivie vendredi avec la tenue de la Journée des jeunes éleveurs, au cours de laquelle les plus jeunes veaux ont été présentés au public par des jeunes de la relève agricole.

Samedi, la journée s’ouvrira par le concours de jugement Holstein où les plus belles bêtes de la région seront présentées après avoir été dorlotées, coiffées et préparées soigneusement. Un total de 121 têtes seront jugées pendant le concours, dont 108 vaches Holstein.

Mais à quoi bon porter tant d’efforts à ces concours de jugement, outre le fait d’avoir la fierté de remporter le ruban du premier prix de la race ? Jean-Fançois Dallaire, 53 ans, participe depuis l’âge de 17 ans à l’Expo agricole de Chicoutimi. Avec le temps, il en est venu à se spécialiser en génétique animale. Il travaille pour la firme Sélect Sires à fournir des services-conseils et à vendre de la semence de taureau afin d’aider les agriculteurs à améliorer leur troupeau et leur production.

Il travaille en collaboration avec les agriculteurs et les vétérinaires en prévision d’effectuer des transferts génétiques. Il s’agit d’une technique qui vise à faire surovuler une vache d’élite dont on recherche les propriétés, et à prélever ses ovules sept jours exactement après. Les quatre ou cinq embryons sont par la suite placés dans des vaches porteuses de qualité moindre qui donneront naissance à la relève.

Outre le fait de constituer une compétition de nature amicale et sociale, la tenue des concours permet aux agriculteurs de comparer l’évolution de leur bétail. « Lorsqu’une vache gagne un concours, ça donne de la valeur à sa descendance. Il y a une question pécuniaire là-dedans », explique M. Dallaire.

Mais qu’est-ce qu’une bonne vache ? Selon lui, une bonne vache est dotée d’un bon système mammaire avec un pis bien alimenté en sang par de bonnes veines. La forme de l’arrière-train, la conformité des pieds et membres constituent quelques-uns des critères à prendre en compte lors des jugements d’animaux.

Jean-Francois Dallaire, conseiller en génétique chez Sélect Sires, constate que les agriculteurs mettent encore beaucoup d’attention à l’amélioration de leurs troupeaux.

Le consultant ajoute que les agriculteurs déploient encore beaucoup d’effort et d’argent pour améliorer leur troupeau dans le contexte où le prix du lait stagne, mais aussi afin de répondre aux normes sévères de qualité du lait qui s’appliquent au Canada.

Normand Lapointe, un producteur de Jonquière, constate que les agriculteurs du Saguenay connaissent un déficit en fourrage, ce qui a pour effet de faire grimper les prix des balles de foin.

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LA PLUIE NE RÉPARERA PAS LES PERTES

Le producteur laitier jonquiérois Normand Lapointe soutient qu’il n’y a pas que les agriculteurs du Lac-Saint-Jean qui subissent des dommages et des pertes de fourrage dus à la sécheresse régnant depuis juin dernier.

M. Lapointe est venu à la rencontre du Progrès lors de l’Expo agricole afin d’exposer les problèmes des agriculteurs de La Baie, Chicoutimi, Laterrière et Larouche qui sont confrontés actuellement à la rareté de foin.

Selon lui, les agriculteurs du Saguenay font face à une certaine spéculation sur le marché qui porte le prix de la balle de foin à 100 $ l’unité, comparativement à 40 à 50 $ en période normale. Ce foin provient des régions de Sherbrooke et de Saint-Hyacinthe. Annuellement, il lui lui faut 1700 balles pour nourrir son troupeau. Selon lui, les pertes seront importantes.

La pluie tombée au cours des derniers jours ne devrait pas avoir d’effet positif sur l’abondance de la deuxième récolte puisque la terre asséchée depuis plusieurs semaines a absorbé l’eau. 

M. Lapointe a conclu en espérant que la Financière Agricole dédommage équitablement les agriculteurs en fonction des dommages réels subis.

Les premiers chèques devraient être remis dans les prochains jours.