L'Hôpital de Chicoutimi.

Les cliniciens et les gestionnaires de Chicoutimi seront consultés

L'Institut national d'excellence en santé et services sociaux du Québec (INESSS), procédera à une évaluation en trois axes pour déterminer les meilleures pratiques possible pour les traitements du cancer de l'oesophage nécessitant une intervention chirurgicale en tenant compte des particularités de l'équipe de soins de l'hôpital de Chicoutimi.
La porte-parole de l'INESS, Olivia Jacques, avait dans un premier temps indiqué que l'institut chargé de conseiller le gouvernement du Québec allait faire table rase des travaux réalisés jusqu'à maintenant. Ce qui signifie que l'INESSS écarte les résultats de l'étude réalisée en 2011 et qui avait été utilisé par la direction de la cancérologie du ministère pour mettre fin aux chirurgies du cancer de l'oesophage à Chicoutimi afin de les concentrer dans un hôpital de Québec.
Consultation
Dans un courriel transmis au Quotidien, la porte-parole de l'INESSS indique que l'INESSS allait consulter les cliniciens ainsi que les gestionnaires. 
Cette situation confirme l'interprétation du ministre à l'effet que les médecins de Chicoutimi qui ont contesté la décision allaient avoir la possibilité de bien faire état de leur pratique et de l'encadrement des patients qui doivent subir l'intervention chirurgicale pour le traitement du cancer de l'oesophage.
Une partie du travail des chercheurs couvrira tout le domaine du traitement de ce type de cancer en vue d'identifier les meilleures pratiques.
« Nous allons faire une revue systématique de littérature sur les conditions qui permettent d'offrir des soins de qualité aux patients atteints de cancer de l'oesophage et qui doivent bénéficier d'une chirurgie. Par conditions, nous entendons autant la formation des médecins, les activités qui visent le maintien des compétences, l'équipe en soutien et les expertises nécessaires », ajoute la porte-parole dans la missive transmise au Quotidien.
Finalement, l'INESSS effectuera une « évaluation par l'entremise de bases de données » afin d'avoir un portrait contextualisé sur toute la question des volumes d'intervention. Il s'agit de l'un des éléments importants des études.
Étude de 2011
Dans le travail réalisé en 2011, les spécialistes en arrivaient à la conclusion qu'il y avait un lien entre les taux de mortalité et le nombre d'interventions réalisées par les unités de soin dans les hôpitaux. Il s'agissait d'une relation inversement proportionnelle qui indiquait un taux de succès avec les volumes élevés.
Les chercheurs avaient toutefois identifié plusieurs zones grises qui indiquaient clairement qu'il fallait interpréter avec une grande prudence les résultats. 
Les documents consultés présentaient certaines lacunes et, au Québec, il était difficile de tirer des conclusions claires quant à la relation entre le volume de chirurgies et les taux de mortalité.
Les documents faisaient état de particularités quant à la spécialisation des chirurgiens. Dans certains endroits, ces opérations relevaient d'un chirurgien général alors que les nouvelles pratiques réservent ce type d'intervention à la chirurgie thoracique. 
Nombre d'interventions
L'autre contradiction concerne le nombre d'interventions nécessaires pour parler d'une concentration suffisante.
Dans certains pays, la concentration suffisante d'intervention pour un centre est de 6 par année et plus.
Dans d'autres, on fait état de 30 interventions et plus. Il n'y a pas de consensus pour ce qui est du nombre convenable pour parler d'une concentration suffisante permettant de maintenir l'expertise.