Michel Maltais affirme qu’il faudra quelques moins pour permettre l’intégration des nouveaux critères «covid» dans les différents projets d’immobilisation en préparation au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Michel Maltais affirme qu’il faudra quelques moins pour permettre l’intégration des nouveaux critères «covid» dans les différents projets d’immobilisation en préparation au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les CHSLD de la région, en bon état, doivent quand même se préparer à une nouvelle épidémie

Le parc immobilier qui compose le réseau des 16 CHSLD du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean est dans un bon état, en comparaison avec celui de certaines régions du Québec, mais des travaux seront nécessaires afin d’intégrer certains éléments « COVID » destinés à diminuer les risques de propagation des infections dans le futur.

Il y a quelques années, le conseil du Trésor du Québec a lancé une vaste opération afin de connaître l’état des immeubles du réseau de la santé avec des cotes allant de A (la meilleure) à E (la moins bonne) avec comme méthode d’évaluation les investissements nécessaires pour ramener l’immeuble en parfait état.

Selon le chef de la Direction logistique et service technique du CIUSSS, Michel Maltais, la vétusté mesurée évalue les éléments de construction comme le chauffage, la plomberie, les portes et fenêtres, la toiture et tout ce qui compose l’ensemble structurel de l’immeuble. La cote ne concerne pas tout l’aspect fonctionnel de l’immeuble. L’aspect fonctionnel encadre surtout les éléments qui permettent de répondre plus spécifiquement aux exigences cliniques d’un immeuble comme les aménagements permettant de contrer la transmission des infections.

« Dans la région, nous avons des immeubles avec des cotes allant de A à D. Il faut faire attention, la cote D qui concerne Métabetchouan découle de certains éléments de l’immeuble. Nous avons donc différents types d’immeubles qui ont des particularités, mais surtout qui ont été régis ou modernisés avant la pandémie en fonction de critères différents. »

Pendant le sommet de la crise de la COVID-19, la directrice du programme de Services adaptés aux personnes âgées, Chantale Boivin, a reconnu que les dispositions physiques de l’immeuble avaient peut-être rendu le travail plus difficile pour freiner la propagation de la maladie.

Michel Maltais rappelle que le CHSLD de la Colline, l’immeuble le plus récent, est un institut psychiatrique qui a été transformé. Le principal critère utilisé dans la réfection de ce centre était celui du « milieu de vie ».

« Il fallait que ça ressemble le moins possible au milieu institutionnel. On voulait permettre aux résidents de pouvoir se déplacer librement dans les unités. Lors de la réfection, les critères étaient vraiment de constituer des espaces qui se rapprochaient du milieu de vie, mais nous devons composer aujourd’hui avec une nouvelle réalité. »

Le CHSLD de Métabetchouan possède une unité rénovée qui comprend 15 lits. Le CIUSSS doit rénover les trois autres unités de cet ancien hôpital. Le budget autorisé est de 5 M$ et Michel Maltais indique que le projet tiendra compte des nouveaux critères pour le nombre de résidents par unité. L’intégration des nouveaux critères risque de retarder les projets afin de permettre aux professionnels d’y intégrer les éléments « COVID ».

Si certains immeubles présentent des problématiques particulières par rapport aux éléments fonctionnels « COVID », d’autres sont très bien conçus. C’est le cas du CHSLD des Pensées de Jonquière, avec des unités indépendantes de 16 résidents, ainsi que les deux CHSLD du secteur de Dolbeau-Mistassini.

Le CIUSSS compte en ce moment pas moins de 1114 résidents dans ces 16 CHSLD. Les trois maisons des aînés annoncées par le gouvernement permettront d’accueillir une clientèle additionnelle.

En forteresse

Au plus fort de cette crise, la présidente et directrice du CIUSSS, Julie Labbé, avait pris l’engagement de transformer les 15 autres CHSLD de la région en véritable forteresse afin d’éviter les éclosions dans ces établissements. Des mesures de contrôle temporaires ont été mises en place et les services techniques doivent maintenant procéder à certains aménagements afin de renforcer l’hygiène pour le personnel et les résidents.

« Comme ce sont des milieux de vie, le personnel arrive et prend son quart de travail. On doit, avec ce que l’on sait du virus aujourd’hui, aménager des vestiaires pour le personnel. Dans certains immeubles, il y a de l’espace, parfois au sous-sol, alors que dans d’autres, nous n’avons pas un pouce carré disponible. Les vestiaires comprennent aussi des douches », explique le chef du service.

En plus des vestiaires, les services techniques vont mettre en place des réseaux indépendants dans les buanderies des CHSLD. Ils doivent ainsi aménager une ligne pour le linge souillé ainsi qu’une ligne pour le linge propre. Il a été démontré que le virus peut survivre un certain temps sur des vêtements.

Des aménagements temporaires ont également été érigés devant certains établissements, comme l’entrée des employés de l’hôpital de Chicoutimi. Ces aménagements seront remplacés par des systèmes de désinfection intégrés aux immeubles. L’élément central de ces dispositifs sera évidemment les stations pour le lavage des mains qui constitue encore la principale mesure de prévention de la transmission des infections.

L’autre élément soulevé par les spécialistes pour expliquer certains problèmes de transmission du virus est les chambres à occupation double. Dans la région, 92 résidents occupent ce type de chambre. Selon Michel Maltais, ces chambres avaient une utilité clinique quand il est souhaitable qu’un couple ne soit pas séparé. Il croit qu’en raison de leur nombre restreint (46), il serait possible de les éliminer si jamais ce critère était obligatoire.

Les coûts associés à ces modifications n’ont pas été établis. De façon générale, le CIUSSS accorde un budget de 1 M$ par année pour les aménagements fonctionnels des CHSLD et 4 M$ pour les hôpitaux.

Pas de problèmes majeurs

Le Quotidien a pris connaissance des rapports des visites ministérielles instaurées avant la pandémie afin d’évaluer toute la dynamique sur l’orientation milieu de vie préconisée avant la pandémie dans les CHSLD. Les représentants du ministère ont réalisé au moins une visite dans chacun des 16 CHSLD en plus du CHSLD Saint-François, un établissement privé conventionné. Les constats des visiteurs ne font état d’aucun problème majeur dans la gestion des CHSLD. Les recommandations concernent dans plusieurs cas des améliorations au travail multidisciplinaire dans les services aux résidents.

Certains établissements ont même droit à des notes très positives comme le CHSLD de Métabetchouan, avec l’animation pendant les périodes de repas. Dans certains cas, les recommandations concernent les politiques d’accueil des nouveaux résidents.

Les rapports des visites ministérielles instaurées pendant la pandémie afin de vérifier l’état de préparation de chacune des équipes pour faire face à une éventuelle éclosion de COVID-19 n’ont pas été publiés.