Les résultats ont été donnés par entreprise et ils furent chaque fois le même : oui à 100 %.

Les chauffeurs disent oui à la grève à 100%

Les chauffeurs d’autobus scolaires membres du Syndicat national du transport écolier du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN) ont envoyé un message clair, mercredi soir, en assemblée générale : ils ont entériné à 100 % un mandat de grève illimitée à être déclenchée au moment jugé opportun.

Ils étaient 73 à s’être réunis dans une salle de l’hôtel La Saguenéenne sur une possibilité d’environ 110 chauffeurs, a estimé le président du syndicat, Michel Gauthier.

Ces chauffeurs œuvrent pour deux compagnies, soit Intercar et Interbus. Au total, il y a huit entreprises, mais six plus petites sont la propriété d’Intercar. Ils couvrent le secteur desservi par la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

Le dévoilement du résultat du vote, auquel les médias pouvaient assister, s’est fait accréditation par accréditation. Comme le démontre le chiffre total, chaque dévoilement s’est soldé par un « oui à 100 % », suivi d’une salve d’applaudissements.

« Le monde est tanné de reculer. Avec le vote, c’est un beau mandat pour négocier », a déclaré Michel Gauthier, visiblement satisfait après l’assemblée.

Il reviendra maintenant au comité de mobilisation du syndicat de décider de la suite des événements. Advenant le cas où le comité opterait pour le déclenchement de la grève, il n’aura pas besoin de revenir devant les membres. Et contrairement aux grèves dans le transport en commun public, aucun service essentiel ne sera assuré. Michel Gauthier ne s’attend évidemment pas à ce que les cadres puissent opérer l’entreprise en cas de grève, comme il est possible dans certains secteurs. « Il n’y aura pas de service essentiel. Je ne pense pas qu’il y a un cadre qui va aller se mettre en arrière du volant », a-t-il avancé. 

Toutefois, en cas de grève, le président a juré que les parents seraient tenus au courant dans un délai raisonnable et non pas comme lorsqu’une commission scolaire décide le matin même de fermer ses écoles.

Selon ce qui avait été indiqué au Quotidien mardi, le taux de rémunération horaire actuel des chauffeurs d’autobus se situe à 17,84 $ pour des prestations de 20 à 25 heures par semaine pour des revenus annuels d’environ 17 000 $ par année. Toujours selon ce que le syndicat prétend, l’employeur tenterait de récupérer un montant équivalent à 10 % de la masse salariale. 

D’après Engelbert Cottenoir, le président du conseil central de la CSN pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la faute revient au gouvernement qui ne finance pas assez le transport scolaire. « On veut des enveloppes dédiées, fermées et bonifiées pour le transport scolaire », a-t-il expliqué après le vote. Il a déploré qu’aucune somme n’ait été annoncée dans le dernier budget provincial alors qu’une panoplie de secteurs ont bénéficié de réinvestissements.

Le vote qui s’est tenu mercredi s’inscrit dans une plus large campagne provinciale, alors que des exercices semblables doivent se tenir un peu partout au Québec jusqu’au 27 avril. Cependant, MM. Cottenoir et Gauthier ont indiqué que le comité de mobilisation était maître de sa décision et qu’il n’attendrait pas nécessairement un déclenchement simultané à la grandeur du Québec.

Pour le moment, il n’y a aucune autre rencontre de négociation à l’horaire. La dernière a eu lieu mercredi matin et n’a rien donné, d’où le vote en soirée.