Les chauffeurs de taxi rencontrent la ministre Laforest

Un peu plus de 50 voitures de taxi ont fait le trajet entre la Zone portuaire de Chicoutimi et le bureau de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, lundi matin, pour dénoncer la volonté du gouvernement du Québec de libéraliser cette industrie pour ouvrir la porte aux différentes applications.

Les dirigeants des trois entreprises du Saguenay ont rapidement été accueillis par la députée de Chicoutimi. À la sortie de la rencontre, la porte-parole du groupe et propriétaire de Taxis 2151, Carolle Dallaire, a assuré que Mme Laforest avait pris bonne note des problèmes du projet de loi sur la table et surtout de la différence entre l’industrie du taxi en région et l’industrie dans la métropole.

«Si les entreprises souhaitent venir ici pour prendre les périodes d’achalandage, nous allons nous battre. Je ne suis pas convaincue que le chauffeur de taxi au noir va se lever le dimanche matin quand une cliente va vouloir se rendre à la messe. Qui va couvrir les nuits et les périodes creuses pendant la semaine?», a questionné Carolle Dallaire.

La porte-parole a expliqué que la ministre lui avait offert la possibilité de participer à la commission parlementaire qui étudiera le projet de loi avant son adoption. Carolle Dallaire compte être en mesure de présenter les arguments qui vont permettre de faire changer d’idée le ministre des Transports, François Bonnardel, qui au même moment en matinée maintenait devant les journalistes à Québec ne pas avoir l’intention de reculer sur l’ensemble des mesures du projet de loi.

Carolle Dallaire, porte-parole des chauffeurs de taxi.

Les propriétaires qui détiennent des permis de taxi craignent qu’une modification à la loi entraîne une diminution de la valeur de ces permis. Dans la région, ils se vendent plus ou moins 65 000 $. Pour plusieurs propriétaires, la vente de leur permis fait partie de leur retraite. Selon Carolle Dallaire, on ne parle pas dans ce cas d’une retraite dorée, mais bien d’un minimum.

Les propriétaires de permis de taxi ne souhaitent pas nécessairement obtenir de compensations du gouvernement. Carolle Dallaire assure qu’ils veulent tout simplement bien vivre de leur travail et avoir la possibilité de transférer le permis à un autre propriétaire au moment de prendre leur retraite.

La ministre Andrée Laforest a tenu un point de presse après sa rencontre avec les représentants des compagnies. Elle a dans un premier temps affirmé que les discussions avaient été cordiales et positives. Elle avait déjà signifié à son collègue François Bonnardel une demande afin qu’il puisse rencontrer les représentants de l’industrie régionale du taxi pas plus tard que mardi.

«Je vais transmettre les demandes qui ont été faites à mon collègue. Nous allons avoir un caucus demain (mardi) et nous allons discuter de la situation. Nous allons voir si la situation est la même dans les autres régions du Québec», ajoute la ministre qui rappelle que le projet de loi sera adopté en juin et qu’il y aura une commission parlementaire à laquelle la porte-parole régionale pourrait participer.

En conclusion du point de presse, Andrée Laforest a réitéré la volonté du gouvernement de la CAQ. «Notre volonté est de mettre de l’argent dans les poches des Québécois», a répété à quelques reprises la députée de Chicoutimi à l’Assemblée nationale.

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LE SERVICE TAXIBUS INTERROMPU À ALMA

(Jonathan Hudon) – La grève organisée par les artisans du monde du taxi a provoqué l’interruption du service de transport collectif Taxibus, à Alma. 

C’est Taxi Naudville qui dispense ce service, mais on a confirmé qu’il était également en grève pour toute la journée de lundi, en raison des moyens de pression qui perturbent l’industrie du taxi a travers la province. 

La situation devrait être revenue a la normale mardi.