Hugo Lapointe est membre du conseil d’administration de Taxis Unis.
Hugo Lapointe est membre du conseil d’administration de Taxis Unis.

Les chauffeurs de taxi de la région n'ont «rien à envier à Uber»

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
« En région, je ne vois pas vraiment de marché pour Uber. Ça prend une grosse place et une bonne concentration de population. » Hugo Lapointe, membre du conseil d’administration de Taxis Unis, assure que les chauffeurs de taxi du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’ont rien à envier à l’entreprise qui veut s’établir dans les régions du Québec.

Mercredi matin, Uber annonçait, dans la foulée de la Loi concernant le transport rémunéré de personnes par automobile, adoptée en octobre 2019 par l’Assemblée nationale du Québec, avoir l’intention de déployer son service.

À LIRE AUSSI : Loi 17: Uber a l’intention de déployer ses services en région au Québec

Questionné à ce sujet, Hugo Lapointe dit que les chauffeurs de taxi s’en attendaient puisque la nouvelle loi leur donne le droit de le faire à compter du mois d’octobre, et ce, sans permis et sans quota.

« Ils vont être légaux dans toutes les régions, mais ça ne veut pas dire qu’ils vont tous être viables », a déclaré M. Lapointe.

Selon lui, Uber aura de la difficulté à recruter, car la main-d’œuvre travaille à la commission. Il y a là un avantage pour les taxis, précise-t-il, car ils peuvent compter sur des contrats, ce qui permet au chauffeur qui entre de savoir qu’il y aura un certain minimum de déplacements.

« Uber réussit dans les places où les gens se côtoient peu. Par exemple, tu vas passer deux ou trois jours à Montréal, peu importe ce que tu prends, ça ne te dérange pas. Mais ici, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on peut continuer une discussion qu’on avait commencée avec un client quelques jours avant. Je peux débarquer avec le client, aider une madame à monter ses sacs. Ce n’est pas la même relation. »

Hugo Lapointe n’est pas prêt à dire que les chauffeurs de taxi se sentent à l’abri, mais Uber « a besoin de se lever tôt », affirme-t-il.

Alors qu’Uber fonctionne avec une application, M. Lapointe rappelle qu’il est possible de faire la même chose pour un taxi, mais aussi de l’appeler et même de le héler sur le bord de la rue, en plus de pouvoir payer de toutes les façons, « le même montant d’une fois à l’autre, sans tarification dynamique ».

« Les gens nous disent archaïques, mais c’est tellement faux. »