Depuis mercredi matin, les chauffeurs d’autobus de la Société de transport du Saguenay ont délaissé leur uniforme pour le port de pantalons de camouflage, de chandails orange et de la casquette en guise de moyens de pression.

Les chauffeurs de Saguenay en moyens de pression

Le projet Accès libre de la Société de transport du Saguenay, mis en application dans un contexte de renouvellement de la convention collective, ne passe pas comme une lettre à la poste auprès des 130 membres du Syndicat des chauffeurs d’autobus de Saguenay (SCFP 3124) qui ont décidé d’entreprendre des moyens de pression mercredi matin.

Les utilisateurs du transport en commun ont pu remarquer que les chauffeurs ont délaissé leur uniforme pour porter des pantalons de camouflage, chandails aux couleurs orange ainsi qu’une casquette.

En entrevue, le président du syndicat, José Nicolas Lopez, a mentionné que l’exécutif a décidé d’appliquer le mandat confié lors de l’assemblée générale au début de juillet visant à mettre en place des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. « La direction nous a annoncé qu’à partir du mois d’octobre, il y aurait des coupes de service dans les quartiers et les circuits à Jonquière, Chicoutimi-Nord et La Baie. La clientèle serait la première affectée », affirme M. Lopez. Les circuits no 32, 23 et un circuit régulier à La Baie seraient touchés, affirme le leader syndical.

Selon lui, les changements survenus dans le cadre du projet Accès libre, avec la mise en place d’une ligne directe entre le boulevard Barrette et le centre-ville de Chicoutimi, occasionnent déjà beaucoup de mécontentement auprès des usagers faisant l’objet de plaintes auprès des chauffeurs.

M. Lopez soutient que les changements appliqués avec la mise en place d’un stationnement incitatif près du centre Plasmavie ne se sont pas traduits par des hausses de fréquentation dans les autobus. « Pourquoi conserver ce service si vous décidez de couper le service dans les quartiers ? Est-ce que nous sommes en train de sacrifier la clientèle normale au bénéfice d’une autre clientèle concentrée dans un seul secteur ? On paie 1000 $ par mois pour louer le terrain du stationnement incitatif près du Plasmavie. Jusqu’à maintenant, on a cueilli seulement deux ou trois passagers », affirme M. Lopez.

De plus, ce dernier craint que les changements à venir n’affectent les conditions de travail de ses membres au niveau de l’ancienneté, des avantages sociaux, etc.

C’est dans ce contexte que les parties patronale et syndicale devraient s’asseoir de nouveau à la table de négociations le 11 septembre prochain.

Il mentionne enfin que les moyens de pression devraient aller en progression au cours des prochains jours.

Les syndiqués n’ont plus de contrat de travail depuis le 31 décembre 2016.

Jean-Luc Roberge

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JEAN-LUC ROBERGE EXPLIQUE LES CHANGEMENTS

Le directeur général de la Société de transport de Saguenay (STS) , Jean-Luc Roberge, confirme que certains circuits d’autobus seront jumelés et modifiés au cours du mois d’octobre avec pour objectif l’amélioration du service.

Invité à réagir aux moyens de pression entamés mercredi matin par les chauffeurs d’autobus, M. Roberge mentionne qu’à Chicoutimi-Nord, trois parcours font l’objet d’un réaménagement avec le jumelage des circuits 21 et 22 et la disparition du circuit 23. Le changement le plus significatif concerne les usagers de la rue Pinel, affirme le directeur. À Jonquière, les trajets 31 et 32 seront jumelés, ce qui affecte surtout le secteur de la rue Châteauguay tandis qu’à Chicoutimi, le circuit no 16 du secteur de la Côte Réserve sera rétabli pour relier le Faubourg Sagamie en direction de Place du Royaume via le boulevard Barrette.

Le directeur affirme que tous les changements qui entreront en vigueur respectent les normes de service établies, c’est-à-dire que les usagers n’auront pas à parcourir une distance de plus de 600 à 800 mètres pour atteindre un arrêt d’autobus.

« Tout ça résulte de notre volonté d’augmenter les heures de service les samedis et dimanches. On a fait les premiers changements en avril dernier », affirme M. Roberge.

Il dit comprendre que ces modifications de trajets dans le cadre du projet Accès libre créent de l’inquiétude chez les usagers, mais qu’une telle révision des modèles de transport est devenue nécessaire à la lumière des résultats de l’enquête origine-destination réalisée en 2015 par le ministère des Transports.

De façon sommaire, il avait été mentionné dans l’étude que sur le territoire de Saguenay, les résidants effectuaient 380 450 déplacements quotidiennement et que seulement 3,8 % de ceux-ci sont effectués au moyen du transport en commun, soit 4739. « On doit augmenter notre part de marché et on a tenu compte de l’étude réalisée pour augmenter la fréquentation là où il y a des institutions, soit dans les secteurs de Rivière-du-Moulin, le Plateau des Saguenéens, le quartier Notre-Dame et de la coopérative. On a doublé le réseau avec des passages à deux reprises dans la même demi-heure », affirme M. Roberge. 

Il ajoute que la mise en application d’Accès libre en avril a suscité des commentaires positifs et qu’il faut s’attendre à des résultats avec la présente rentrée scolaire en terme d’augmentation de volume de clientèle.

En ce qui a trait au renouvellement de la convention collective de travail des chauffeurs, M. Roberge affirme que les discussions se poursuivront avec le syndicat à compter du 11 septembre et que neuf séances de négociations sont prévues. « Nous sommes de bonne foi dans la négociation et on veut une convention collective modernisée. »