Le Cégep de Jonquière

Les cégeps, 50 ans plus tard

L'arrivée de quatre cégeps au Saguenay-Lac-Saint-Jean aura eu un impact énorme pour les étudiants en leur permettant d'avoir accès à un grand nombre de formations et d'emplois.
En créant les cégeps il y a 50 ans, le gouvernement du Québec, dans le cadre de la réforme de l'éducation, mettait un terme à un système d'enseignement contrôlé depuis plus de 200 ans par le clergé. 
La nouvelle créature, venue de la Révolution tranquille, a transformé le monde de l'éducation dans tout le Québec, incluant au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 
Un demi-siècle plus tard, plusieurs questions touchent l'enseignement collégial. Il y a une remise en question sur la pertinence de maintenir ce niveau d'enseignement. Alors que certains doutent de leur utilité, plusieurs autres ne peuvent envisager leur disparition. 
« Ça ne peut pas disparaître. On se tirerait dans le pied en faisant ça aujourd'hui. Les cégeps, c'est un bijou et c'est unique au Québec », lance Clément Martel, ancien directeur général du cégep de Chicoutimi de 1980 à 1990. 
Les premiers cégeps ont vu le jour en 1967. Il y en a eu 12. Et entre 1968 et 1970, 23 autres maisons d'enseignement collégiales ont fait leur arrivée. 
Ce nouvel ordre d'enseignement, qui était d'une durée minimale de deux années, devait faciliter le passage des étudiants du secondaire vers l'université. De 72 000 étudiants à la fin des années 60, le nombre est passé à plus de 156 000 au début des années 80. 
« La création des cégeps a eu un impact énorme pour la région, oui, mais je dirais pour tout le Québec », reprend M. Martel.
« Avant les cégeps, les gens étudiaient jusqu'en neuvième année. Certains, qui avaient les moyens, poursuivaient au collège classique ou dans les écoles privées. Mais les jeunes en majorité prenaient la direction de la forêt. Les cégeps ont permis de rendre les études supérieures accessibles à tout le monde et de leur offrir un plus grand choix d'emplois », se remémore Clément Martel, qui a passé 33 années dans le milieu collégial.
Clément Martel
Nouveaux programmes
L'arrivée des cégeps a d'ailleurs permis de diversifier les emplois et de développer des techniques de formation comme le pilotage, l'architecture, l'hygiène dentaire et l'inhalothérapie. 
« Ces programmes ont été créés par les cégeps. Ce niveau d'enseignement a permis de développer et de diversifier la formation. Et il ne faut pas oublier que la formation de base offerte dans les cégeps est la même partout, ce qui facilite le transfert d'un programme à un autre », ajoute Clément Martel.
« Et cette formation collégiale permet à tout le monde, encore aujourd'hui, de rêver de se rendre à l'université », conclut-il.
D'ailleurs, il avait été prédit à l'époque que le quart des finissants des cégeps poursuivraient leurs études à l'université. Le constat a été tout à fait le contraire. Le nombre d'universités est passé de six en 1968 à 18 au fil des années.