Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, admet que la réponse formulée par le docteur Jean Latreille, à la direction du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, était quelque peu maladroite dans les circonstances.

Les cancers de l'oesophage traités à Québec: une décision scientifique, assure Barrette

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, explique que la décision de centraliser à Québec le traitement des cancers de l'oesophage pour les patients du Saguenay-Lac-Saint-Jean repose uniquement sur des bases scientifiques. Le ministre assure que c'est pour obtenir le résultat le plus probant dans le traitement de la maladie.
Le ministre de la Santé et des Services sociaux a eu une discussion avec son collègue de Dubuc, Serge Simard, pour traiter de cette problématique. Au cours d'un entretien avec Le Quotidien, le docteur Barrette a repris les mêmes explications tout en assurant que cette décision n'aura pas d'impact sur d'autres services.
«Ce n'est pas vrai de dire que de traiter les gens pour le cancer de l'oesophage à Québec va avoir de l'impact sur les services pour le cancer du poumon ou l'oncologie. Dans ces cas, la région a la masse critique pour offrir ces services», insiste le ministre qui réitère que la décision est basée uniquement sur des critères scientifiques et non sur des considérations politiques ou de compétences des équipes locales.
Expertise
Il y a dans cette problématique la nature même de la maladie. Selon Gaétan Barrette, il y a 25 ans, un diagnostic de cancer de l'oesophage était synonyme de mort. Aujourd'hui, il existe des traitements qui permettent d'obtenir des résultats où le patient s'en sort avec moins de séquelles.
Toujours selon la littérature, ces résultats sont atteints lorsque les équipes sont en mesure de disposer d'une bonne expertise.
«Selon la littérature scientifique, il est établi qu'il faut une masse critique d'au moins 40 cas de cancer de l'oesophage par année pour s'assurer de résultats optimaux pour les patients. Le gouvernement du Québec n'a pas retenu le nombre de 40 puisque seulement deux ou trois hôpitaux l'auraient respecté. Nous avons décidé que le nombre critique pour offrir le service serait de 20 cas par année», reprend le ministre de la Santé. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon les statistiques du ministère, enregistre de 4 à 7 cas de cancer de l'oesophage par année.
Chicoutimi n'est pas le seul hôpital qui doit cesser le traitement du cancer de l'oesophage. L'hôpital de Sherbrooke, qui dessert une population comparable à celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a aussi été confrontée à cette réalité et transfert les cas vers l'hôpital Charles-Le Moyne.
Gaétan Barrette fait le raisonnement inverse qui aujourd'hui dessert bien la région.
«Quand le gouvernement a pris la décision de créer un département d'oncologie à l'hôpital de Chicoutimi, il se trouvait des gens pour dire que ça n'avait pas de sens. Aujourd'hui, la décision est plus que justifiée puisque la région a une masse critique de cas de cancer.»
Le ministre soutient que l'idéal, quand la situation le permet, est de rapprocher les soins des patients. Dans certains cas très précis, il est difficile de respecter cette logique et le Québec n'est pas la seule juridiction à agir de la sorte.
Le ministre de la Santé admet que la réponse formulée par le docteur Jean Latreille, à la direction du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, était quelque peu maladroite dans les circonstances. Le docteur Latreille, a conclu le ministre, est un scientifique et a répondu en fonction des critères scientifiques qui ont guidé la décision du gouvernement.