Quelques dizaines de cabanes de pêche ont été installées sur le site de l’Éperlan, sur le lac Kénogami, dimanche, alors que l’embarquement a été autorisé pour les cabanes de petites dimensions.

Les cabanes embarquent sur le lac Kénogami

Les pêcheurs sur glace du lac Kénogami sont les premiers, à Saguenay, à pouvoir mettre leur ligne à l’eau bien au chaud dans leur cabane. Quelques dizaines de cabanes ont été installées dans le secteur de l’Éperlan et une dizaine dans le secteur du Camping Jonquière, dimanche.

L’embarquement sur le lac Kénogami avait initialement été annoncé samedi, mais avait dû être retardé en raison du redoux connu jeudi et vendredi.

Les bénévoles de l’Association de pêche blanche de Lac-Kénogami ont d’ailleurs dû travailler d’arrache-pied, samedi et dimanche matin, sur le site de l’Éperlan, afin de préparer à nouveau le chemin d’accès, qui avait complètement fondu.

Souffleuses, camion-citerne, tracteurs et motoneiges ont été déployés pour refaire d’urgence le chemin d’accès en neige compactée. «Si on n’avait pas de chemin d’accès, on ne pouvait pas ouvrir! Les bénévoles ont vraiment bien travaillé» a souligné Jessica Verret, présidente de l’association. Elle espère que Saguenay pourra soutenir l’association dans la préparation du chemin d’accès, l’an prochain.

Les bornes délimitant les terrains ont également dû être redressées, dimanche, alors que la plupart étaient tombées en raison du redoux et des forts vents.

Les membres du conseil d’administration de l’organisme ont même passé la nuit de samedi à dimanche dans leur cabane, qui se trouvait sur le site d’entreposage situé en bordure du lac, par une nuit glaciale de quelque -30 degrés Celsius, pour s’assurer d’être sur les lieux tôt dimanche matin. «Il fallait se lever aux heures pour alimenter le poêle à bois!», a lancé Éric Crevier, vice-président de l’association.

L’embarquement des cabanes de pêche de petite dimension a débuté à midi, sur le site de l’Éperlan, situé non loin du secteur de la chapelle Saint-Cyriac. Les policiers de la Sécurité publique de Saguenay, qui encadraient l’embarquement, étaient bien visibles sur les lieux.

Le site de l’Éperlan populaire

«Ça se déroule très bien, les gens sont très respectueux, a commenté M. Crevier, en compagnie de qui nous avons fait le tour du site par une journée froide, mais heureusement ensoleillée, dimanche. Sur nos 150 places, il nous reste 10 terrains environ. D’habitude, il nous en reste toujours 20 ou 30 en début de saison.»

Le vice-président attribue cette hausse à l’embarquement plus hâtif, cette année, et à la nouvelle réglementation autorisant un embarquement progressif des cabanes, selon leur poids et leur superficie, qui a pu attirer certains pêcheurs d’éperlans à choisir le lac Kénogami plutôt que d’attendre que la glace ait atteint l’épaisseur requise sur la baie des Ha! Ha!, où l’embarquement n’a toujours pas débuté.

«Ici, on peut rester jusqu’au début du mois d’avril, a-t-il souligné. On n’a pas de brise-glace qui met un terme à la saison.»

Site du Camping Jonquière

Du côté du site du Camping Jonquière, une dizaine de pêcheurs ont embarqué leur cabane, a-t-on indiqué, à la Sécurité publique de Saguenay.

Le directeur général du Camping Jonquière, Richard Brabant, souhaite développer le secteur pour offrir éventuellement plusieurs activités sur le site qui en est à sa deuxième année d’activité et qui peut accueillir 36 cabanes. «Notre but est d’axer sur le relais de motoneige, qui fonctionne très bien, et d’offrir des activités supplémentaires, comme des courses de motoneige ou un anneau de glace selon la demande», a exposé le directeur général, qui souhaite diversifier les activités hivernales du lieu touristique.

L’embarquement des cabanes plus imposantes sera autorisé la fin de semaine prochaine sur le lac Kénogami. Ceux qui souhaitent faire peser leur cabane pourront également le faire samedi prochain.

Éric Crevier, vice-président de l’Association de pêche blanche de Lac-Kénogami.

Des pêcheurs de tous les âges

On retrouvait des pêcheurs de tous les âges sur le site de l’Éperlan, sur le lac Kénogami. Alors que plusieurs pêcheurs installaient leur cabane de pêche pour la énième fois, de nouveaux visages et de jeunes pêcheurs s’attelaient également à la tâche, dimanche.

Jimmy Pageau et Pascale Sheehy, de Jonquière, installaient leur première cabane, qu’ils venaient tout juste de construire pendant le temps des Fêtes, eux qui ont décidé de s’initier à la pêche blanche.

Tous deux travailleurs dans l’industrie de la construction, ils ont rapidement conçu une coquette cabane de 7 par 16 pieds pour taquiner l’éperlan, qui fera certainement bien des jaloux sur les glaces. La construction, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, a été exécutée avec soin. 

« C’est notre premier hiver ici. On avait essayé avec des amis et cette année on s’est dit que ça serait notre activité l’hiver, puisque l’été on va au chalet », a indiqué M. Pageau.

Deux jeunes hommes, Frédéric Nepton et Michaël Thivierge, tous deux de Jonquière, installaient un peu plus loin leurs deux cabanes, l’une à côté de l’autre.

« On connaît pas mal de monde ici sur le site, qui sont “crinqués” pas mal ! », a lancé Michaël Thivierge qui anticipait un hiver agréable sur les glaces en compagnie de ses amis, lui qui s’est remis à pêcher il y a quelques années. 

Jimmy Pageau et Pascale Sheehy ont fabriqué eux-mêmes cette coquette cabane de pêche. Le couple a décidé de vivre pour la première fois un hiver sur les glaces du lac Kénogami.

Une réglementation à venir à Sainte-Rose-du-Nord en 2019

La pêche blanche sera réglementée à Sainte-Rose-du-Nord d’ici la saison 2019. C’est du moins l’intention du maire de la municipalité, Laurent Thibeault, qui souhaite assurer la sécurité de l’activité sur son territoire, maintenant qu’un second site de pêche s’improvise près des berges.

La municipalité a autorisé l’embarquement sur les glaces du fjord il y a environ deux semaines. La glace atteignait alors déjà 12 pouces et jusqu’à 16 pouces dans certains secteurs.

Le site habituel de pêche blanche de Sainte-Rose-du-Nord, sur le fjord, regroupe maintenant quelque 80 cabanes. Le site, qui accueille plusieurs pêcheurs de Jonquière, est géré par une association à but non lucratif.

« On n’a pas de problème avec cette association, mais il y a un autre site, non contrôlé, à l’anse du Milieu, depuis l’an dernier », a souligné le maire, à l’occasion d’un entretien téléphonique avec Le Quotidien, dimanche. 

Jusqu’à maintenant, environ cinq cabanes (le nombre varie) se trouvent sur le site situé près du quai. Environ huit pêcheurs y utilisent aussi des abris temporaires.

« Nous n’avons pas de personnel, comme Saguenay par exemple, pour gérer ce type de situation et la municipalité a une responsabilité. C’est elle qui s’occupe de la gestion et de l’aménagement de son territoire, et le terrain de la municipalité va jusqu’au milieu du fjord », a exposé le premier magistrat de Sainte-Rose-du-Nord.

La situation rend également difficile la circulation au cœur du village, alors que plusieurs pêcheurs se stationnement près du quai ou dans les rues avoisinantes. 

« Je suis allé voir aujourd’hui [dimanche] et pour revenir j’avais de la difficulté à tourner mon véhicule » a-t-il indiqué.

Un comité à former

Le maire Thibeault compte former prochainement un comité qui comprendra des représentants des associations de la municipalité et des citoyens, entre autres, pour étudier la question.

Il estime que la municipalité doit se doter, d’ici la prochaine saison, d’une réglementation semblable à celle de Saguenay en matière de sécurité et de gestion des sites de pêche blanche.

« On sait que Sainte-Rose est un site très apprécié des pêcheurs, en raison des prises qui y sont faites. [...] Nous avons de plus en plus de gens de La Baie qui viennent ici, par exemple. »

Aux normes

Ce désir de la municipalité de réglementer la pratique des activités de pêche blanche sur son territoire s’inscrit dans un projet, plus large, de conformation aux normes et règles de sécurité dans différents domaines.

Depuis l’effondrement de la plateforme d’une passerelle du quai de croisières, en septembre 2016, l’assureur de la municipalité a entrepris une vérification de tous les bâtiments et équipements de Sainte-Rose-du-Nord.

« Par exemple, nous complétons actuellement des travaux à notre centre communautaire pour le mettre aux normes, sinon il n’était plus assurable dans son état actuel. Nous prenons les dispositions pour respecter les exigences en matière de sécurité. [...] Nous devons assurer également une surveillance pour la pêche blanche », a expliqué Laurent Thibeault.

Frédéric Nepton et Michaël Thivierge installaient leurs deux cabanes sur le lac Kénogami, dimanche après-midi.

Déjà une soixantaine à Saint-Fulgence

Une soixantaine de cabanes de pêche sont installées sur le site de l’Anse-aux-Foins, à Saint-Fulgence. 

L’embarquement des cabanes a débuté au début du mois de janvier et plusieurs cabanes se sont ajoutées cette fin de semaine en raison de l’ouverture de la pêche au poisson de fond. La municipalité autorise l’embarquement selon les critères établis par Port Saguenay.

Une quinzaine de places ont été ajoutées au stationnement situé près du chemin d’accès au site de pêche blanche.

« L’an dernier, nous avons ouvert un stationnement d’une vingtaine de places sur un terrain qui appartient à la municipalité, et ç’a été apprécié, a souligné le maire de Saint-Fulgence, Gilbert Simard. Puisque le site est près de la rive, les pêcheurs qui ont un abri temporaire n’ont pas à marcher longtemps. »

Il constate que l’utilisation d’abris temporaires est de plus en plus populaire auprès des pêcheurs.