Les boîtes gastronomiques sont de plus en plus populaires pour les collectes de fonds des organismes.
Les boîtes gastronomiques sont de plus en plus populaires pour les collectes de fonds des organismes.

Les boîtes gastronomiques font d'une pierre trois coups

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Les boîtes de produits locaux sont de plus en plus populaires comme activité de financement pour les organismes, mais sont-elles rentables ? Selon le directeur général du Havre du Lac-Saint-Jean, Alain Marcoux, il n’y a plus aucun doute : la recette fonctionne très bien. En plus, les organismes ne sont pas les seuls à profiter de ces boîtes. Les producteurs locaux et les clients en sortent aussi gagnants. « C’est d’une pierre trois coups. »

La Fondation du Havre du Lac-Saint-Jean a fait appel à ces boîtes pour financer les activités de la maison de soins palliatifs, cet automne. Si le conseil d’administration était craintif au départ, le pessimisme a laissé la place aux larges sourires assez rapidement.

« On était un peu sceptiques au départ quant au succès de cette nouvelle méthode. On se disait : “Ça ne se vendra pas et qui va vendre ça ? On a de petits réseaux de contacts, mais on n’y arrivera jamais”. Ensuite, il y avait le prix. Est-ce que les gens sont prêts à payer ce montant pour une boîte de produits ? Finalement, on a embarqué et ç’a très bien été. En quinze jours, on avait déjà vendu plus de 200 boîtes. Ça s’est calmé par la suite, mais vers la fin, il y a eu un autre boom. Le scepticisme s’est dissipé très rapidement », raconte M. Marcoux.

Tout compte fait, le Havre a dépassé son objectif de vendre 400 boîtes et le montant amassé a surpris bien des bénévoles. « On avait un objectif de 400 boîtes, 300 à 150 $ et 100 à 250 $. On les a toutes vendues et l’engouement a été tellement bon qu’on en a vendu 200 de chacune, donc 100 VIP de plus. On a terminé avec un peu plus de 60 000 $ nets, toutes dépenses payées. C’était formidable et beaucoup moins de travail que ce qu’on croyait », raconte Alain Marcoux.

Ce montant représente, et de loin, le plus gros montant amassé par la Fondation du Havre du Lac-Saint-Jean lors d’une seule activité de financement au cours des 20 dernières années. « C’est la plus grosse depuis les débuts du Havre. La plus grosse récolte auparavant, c’était Les femmes de course. Elles avaient amassé 42 000 $, dont 21 000 $ nous avaient été remis. Sinon, nos activités rapportent entre 5000 et 10 000 $ maximum. Donc, 60 000 $, c’est incroyable. Sur un budget annuel d’environ 500 000 $, c’est énorme », s’exclame celui qui occupe aussi le rôle de président du conseil d’administration.

Tout le monde y gagne

L’activité a été bénéfique pour l’organisme, mais selon M. Marcoux, il n’est pas le seul à en bénéficier. Les producteurs locaux font une affaire en or, alors qu’ils vendent beaucoup de produits et se font connaître auprès des gens de leur région. Le consommateur aussi y gagne, à découvrir de nouveaux produits, tout en ayant le sentiment du devoir accompli en encourageant une cause importante.


« Ce sont tous des produits locaux. Ils étaient contents de recevoir de grosses commandes comme ça. C’est une très bonne affaire, autant pour eux que pour nous. C’est gagnant-gagnant, même trois fois avec le consommateur. On est très heureux de pouvoir les encourager »
Alain Marcoux

Ç’a tellement bien fonctionné, que M. Marcoux n’écarte pas la possibilité de poursuivre l’activité, même une fois la pandémie derrière nous. « En ce qui me concerne, je suis prêt à refaire la même chose. Peut-être qu’on va changer le contenu un peu pour faire découvrir d’autres produits, mais maintenant qu’on connaît la formule, je le ferais de nouveau, même en année sans COVID-19. La fin octobre, c’est tranquille et c’est plaisant de recevoir sa boîte. J’ai parlé à beaucoup de gens qui ont commandé et ils avaient tous hâte de la recevoir. Les gens se sont réunis à deux ou trois acheteurs et se sont fait des 5 à 7 virtuels. C’est une formule formidable. »

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LEUCAN SUIT LA PARADE

Avec le succès que connaissent les initiatives de boîtes gastronomiques, Leucan Saguenay–Lac-Saint-Jean n’a pas hésité à se lancer dans cette aventure. La direction a décidé d’exploiter le concept et de le jumeler avec la période des partys de bureau pour offrir aux entreprises une option intéressante, en plus d’encourager une fondation qui en a bien besoin.

« On n’a vraiment pas le choix. Nos collectes de fonds passent par des activités et depuis la mi-mars, on n’a rien fait. Dans les prochains mois, c’est encore impensable. On s’est dit : “Qu’est-ce qu’on fait ? ” », raconte le directeur régional de Leucan, Jacques Tremblay.

Il sait très bien que cette seule activité de financement ne remplacera pas l’ensemble du calendrier de Leucan, mais il s’agit d’un petit baume sur une année difficile. « Ça ne remplace pas tout ce qu’on faisait annuellement, mais on souhaite amasser 50 000 $ avec ça et on croit être capables de le faire. On est loin du 225 000 $ que nous rapportent nos deux événements gastronomiques. Ça ne remplace pas, mais il faut comprendre le contexte. Il y a aussi d’autres projets similaires. Est-ce que les gens sont prêts à en acheter d’autres ? »

Un peu à l’image des autres entreprises et organismes, Leucan a dû se réinventer. Pourquoi ne pas encourager, au passage, ceux qui éprouvent aussi des difficultés ? « On se réinvente avec nos couleurs. En tant qu’organisme, on fait des collectes pour survivre, mais on se demandait aussi comment on pouvait redonner aux gens qui nous encouragent. Avec ces boîtes, ça permet aux gens qui les achètent d’encourager des commerçants locaux. On le sait que ce n’est pas tout le monde qui va passer à travers. On ne fera pas les autruches et c’est notre façon d’aider », explique M. Tremblay.

Deux options

Depuis le 19 novembre et jusqu’au 2 janvier, Leucan offre l’option du Coffret gourmand, un repas sept services pour deux personnes préparé par le traiteur Aux petits oignons. 

« C’est très copieux pour deux personnes. On savait que ça allait être bon, mais quand on y a goûté, on s’est rendu compte que c’était encore mieux que ce à quoi on s’attendait. Mon collègue a dû se retenir pour ne pas manger tout de suite la deuxième portion. »

L’autre option est la Boîte VIP, un repas cinq services chapeauté par trois chefs régionaux, Maxence Raymond, du Bistrot Café Summum, Wilfried Feybesse, de La Parizza, et Francis Pearson, des Chocolats Pearson. La boîte inclut également le vin. Cependant, cette option n’est offerte que ce week-end (28 et 29 novembre) et celui du 3 et 4 décembre, et la quantité est limitée à 125 boîtes. « Il n’en reste presque plus, honnêtement, et on ne sait pas si on va être capables d’en avoir plus », souligne M. Tremblay.

Selon Jacques Tremblay, ces deux options répondent à différents besoins. « Une entreprise qui veut quelque chose de plus corporatif et reconnaître des employés-clés, des membres du conseil d’administration ou un comité de direction peut faire l’acquisition de boîtes VIP. On peut aussi faire un jeu ludique en visioconférence. D’un autre côté, le Coffret gourmand est moins dispendieux, pour un petit souper ou pour offrir un cadeau. Ce qu’on réalise, c’est que les entreprises commandent des boîtes VIP, mais aussi quelques Coffrets gourmands à faire tirer parmi leurs employés pour qu’ils puissent avoir un petit moment pour nourrir leur côté épicurien. »

Leucan y voit une occasion de souligner les Fêtes d’une autre façon. « On visait un peu les partys de Noël annulés. On anticipait la deuxième vague, alors on s’est préparés. On a adapté notre produit à la demande, ajoute M. Tremblay, qui conseille de commander les Coffrets gourmands de 24 à 48 heures à l’avance. En bas de ça, c’est difficile, et je ne peux pas garantir la disponibilité. »