Les tablettes des épiceries du Québec devraient accueillir les bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean, au cours des prochains jours. En attendant, le petit fruit emblématique de la région se vend dans les kisoques à la ferme et dans les installations temporaires qui longent les routes et rangs de la région.
Les tablettes des épiceries du Québec devraient accueillir les bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean, au cours des prochains jours. En attendant, le petit fruit emblématique de la région se vend dans les kisoques à la ferme et dans les installations temporaires qui longent les routes et rangs de la région.

Les bleuets sauvages arrivent dans les supermarchés... mais en plus petite quantité

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Les bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean sont sur le point d’atterrir sur les tablettes des supermarchés du Québec, mais en plus petite quantité. Et ce n’est parce qu’il en manque dans les champs. Courtoisie de la COVID-19, explique Martin Villeneuve de Nutrableu de Normandin, une des rares entreprises du Québec à desservir une chaîne d’épiceries en bleuets sauvages frais.

«Il y a bel et bien une saison. Mais il y a un peu de retard, en raison de la COVID-19. Il a fallu bien faire les choses et respecter les exigences de la Santé publique, on a donc revu à la baisse nos objectifs de livraison et on fonctionne avec un seul quart de jour. On parle d’une baisse de 25% à 30% des volumes. Mais les tablettes des IGA et des différents marchés publics de Montréal et Québec devraient en offrir dans quelques jours. Notre première cargaison est partie cette nuit», confirme Martin Villeneuve.

25 $ de l’heure pour les cueilleurs
Sans surprise, l’absence de la main-d’oeuvre étrangère a contribué au retard de la saison et à la baisse des volumes. L’entreprise compte normalement sur 70 travailleurs étrangers et une vingtaine d’employés «locaux» pour récolter près de 800 000  litres de bleuets frais, et ce, de manière semi-mécanique pour ne pas endommager le fruit.

Les gens peuvent cueillir eux-même leurs bleuets dans plusieurs sites au Lac-Saint-Jean.

Mais en 2020, Nutrableu accueillera au total moins d’une trentaine de travailleurs étrangers. Certains de ces travailleurs sont d’ailleurs toujours dans leur période de quarantaine, alors que la saison du petit fruit bat son plein. Pour attirer les travailleurs locaux, l’entreprise n’a eu d’autres choix que d’offrir un salaire agressif de 25$ de l’heure pour embaucher quelques dizaines d’employés, et ce, pour une possibilité de 60 heures semaine pendant trois semaines. Un salaire qui est temporaire et qui est uniquement possible grâce à la subvention salariale offerte par Ottawa, insiste M. Villeneuve.

«Le seul moyen de combler ce manque de main-d’oeuvre, c’était d’offrir ces conditions et ç’a fonctionné. C’est temporaire évidemment et il faut le dire, ce n’est pas une solution miracle. Cela a été possible en raison de la subvention salariale anticipée. Parce que notre modèle d’affaires n’est pas basé sur ces conditions», pointe M. Villeneuve.

Kiosques à la ferme et autocueillette
Si le reste du Québec attend impatiemment le bleuet sauvage, les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean en dégustent depuis près d’une semaine. Il faut cependant connaître les adresses, car le fruit bleu se vend uniquement, pour le moment, dans les kiosques à la ferme ou sur les installations de fortune qui longent les routes. Comme chez Florent Tremblay, du village de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean. À peine commencée, la saison s’annonce plus intense qu’à l’habitude, constate celui qui refuse de se faire photographier et qui ne cherche pas la publicité.

«Ici, c’est fait maison», lance-t-il, en parlant de sa réception aménagée dans un petit garage résidentiel. «Les gens viennent cueillir leur bleuet ou en acheter un peu depuis déjà quelques années. Mais cette année, on le sent que c’est fou. Des fois on cherche de la place pour garer les voitures», raconte l’homme qui ne vend pas de bleuets pour les commerces.

Les champs regorgent de bleuets sauvages depuis une semaine.

Plusieurs sites d’autocueillette existent au Lac-Saint-Jean. L’un des plus connus, le Complexe touristique du bleuet, se trouve à Labrecque et est ouverte depuis déjà quelques jours.

Quant au prix de vente des bleuets déjà récoltés, il diffère légèrement d’un endroit à l’autre. Dans les kiosques de vente visités par Le Quotidien, au Lac-Saint-Jean, les paniers de 3 litres se vendaient entre 20$ et 30$.