Julien Boulianne, Charles Cantin et David Asselin entourent Karine Brassard, directrice générale de la Fondation pour l’enfance et la jeunesse.

Les avocats Cantin et Boulianne à la conquête du mont Elbrouz [VIDÉO]

Les criminalistes Charles Cantin et Julien Boulianne sont en préparation pour une autre ascension au profit de la Fondation de l’enfance et la jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Après l’Afrique, où ils ont gravi le Kilimandjaro, le duo d’avocats, accompagné de Jérémie Boivin et David Asselin, prend la direction de la Russie. Ils vont cette fois se mesurer au mont Elbrouz dans la chaîne de montagnes du Caucase. Ils s’attaquent à un second sommet du groupe de sept montagnes que les grimpeurs rêvent de réaliser dans leur vie.

« L’an dernier, nous avons remis 27 000 $ à la fondation. Tout l’argent est remis à des jeunes qui ont des besoins spécifiques puisque nous n’avons pas de frais d’organisation. Il faut aussi bien comprendre que chaque participant à l’expédition doit payer son voyage, dont le coût cette année sera d’approximativement 10 000 $ », explique le procureur.

L’ascension de cette année est différente de celle de l’an dernier. La préparation physique a été ajustée en fonction de cette randonnée de sept jours pour atteindre le sommet qui culmine à 5642 mètres d’altitude. Charles Cantin admet qu’il est moins haut de 200 mètres que le Kilimandjaro, mais que les difficultés seront supérieures en raison de la nature même de l’expédition.

« Notre expédition aura lieu du 3 au 10 juin. On a débuté l’entraînement aux Fêtes. Je dois perdre un peu de poids, au cours des prochaines semaines, et augmenter ma masse musculaire tout en travaillant le cardio. La montagne nécessitera plus de force physique. L’expédition comprend 60 % de trekking et 40 % d’ascension plus technique avec les crampons et des cordes dans certains endroits », reprenait Charles Cantin, lorsque nous lui avons parlé à l’aube de son entraînement.

Le plan d’expédition ressemble à celui de l’an dernier ; les quatre aventuriers vont faire une halte à 4000 mètres d’altitude. Ils doivent passer quatre jours dans cette région afin de s’acclimater à la raréfaction d’oxygène dans l’air. Charles Cantin a déjà atteint cette altitude à plusieurs reprises et n’a habituellement pas de difficulté.

« Vous pouvez être la personne la plus en forme d’un groupe et ne pas être en mesure de vous acclimater à l’altitude. Chaque personne est différente. Généralement, je m’habitue assez vite à l’altitude. »

Lors de leur séjour en Afrique, Charles Cantin et Julien Boulianne pouvaient compter sur des porteurs pour le transport du matériel nécessaire. Cette fois, les quatre Québécois vont devoir porter sur leur dos l’équipement et les rations nécessaires pour toute la durée de l’expédition, dont des skis. Les quatre amants d’aventure vont mettre sept jours pour atteindre le sommet et la descente en skis pour revenir au bas de la montagne ne durera que quinze minutes.

« Ça fait beaucoup de matériel à transporter. Sur le plan technique, après l’entraînement, il faut bien évaluer nos besoins en vêtements afin de résister aux conditions climatiques après des efforts. Le sommet de cette montagne peut réserver des surprises aux grimpeurs. Les vêtements techniques sont importants dans le matériel ainsi que les rations », poursuit Charles Cantin.

Les arrêts pour la nuit auront un côté particulièrement intrigant. Il n’y a pas de chalet ou d’abri, comme c’est le cas dans presque toutes les montagnes qui accueillent des touristes ou même de villages de tentes multicolores.

Les randonneurs vont dormir dans d’immenses cylindres. Le devant de ces barils d’acier est peint aux couleurs du drapeau russe. Pendant certains mois de l’année, la neige recouvre pratiquement tous les cylindres.

L’autre volet de cette expédition est la campagne de souscription qui permet de recueillir l’argent destiné à la fondation. Charles Cantin espère recueillir autant que l’an dernier et réitère que pas un seul dollar provenant des commanditaires qui acceptent de participer au projet ne sert à payer les frais d’expédition. Toutes les dépenses sont assumées par les quatre membres du groupe.

« C’est ce qui est particulier dans notre projet. Chaque dollar recueilli sera remis à un jeune qui a eu des difficultés dans la vie et qui a des besoins particuliers », insiste le criminaliste. 

L’organisation mettra en vente, au coût de 5 $, chaque mètre réalisé par les quatre grimpeurs, ce qui permettra d’augmenter les sommes pour la Fondation.

https://youtu.be/VkNUr1cS8Lg

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FONDATION POUR L'ENFANCE ET LA JEUNESSE

La Fondation pour l’enfance et la jeunesse est un organisme qui organise des campagnes de souscription pour venir en aide aux jeunes qui ont reçu des services du Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La directrice générale Karine Brassard résume le rôle de la fondation.

« La Fondation a remis près de 100 000 $ aux jeunes en difficulté de la région en 2018. Que ce soit pour souligner l’effort et la persévérance d’un jeune ou pour l’aider dans son développement, ou encore pour l’aider dans son autonomie lorsqu’il quitte les services à 18 ans, ou encore lors de la rentrée scolaire ou d’Opération père Noël, nous aidons les jeunes à se dépasser et à avoir une vie comme les autres. »

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CE QU'ILS ONT DIT...

« L’objectif de cette ascension, ce sont les jeunes de la région. On le fait pour la cause de tous les jeunes de la région et il faut investir sur eux. Il est excessivement important de leur tenir la main. »

«  Toutes les sommes amassées sont versées à la Fondation pour l’enfance et la jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les quatre participants paient eux-mêmes les frais de leur expédition. Nous n’avons pas fixé d’objectif pour la récolte, mais on croit atteindre les 30 000 $. »

- Julien Boulianne

«  Pour diverses raisons, je n’avais pu être là l’an passé et il n’était pas question que je ne puisse y être cette fois-ci. Ce sera une belle expédition et il est certain que nous allons atteindre le sommet. »

- David Asselin

«  J’ai eu une enfance choyée. J’ai toujours été appuyé par mes parents pour ce que j’ai fait. Je veux aussi redonner aux jeunes. Lorsque j’ai fait du judo avec Roger Tremblay, j’ai vu ce qu’il faisait pour les jeunes et je me dis que c’est à mon tour de faire ma part. Si cette expédition permet à des jeunes de bénéficier d’un peu d’aide, chaque pas vers le sommet de l’Elbrouz en vaudra la peine. »

- Jérémie Boivin