Marie-Joëlle Lalancette, du Patro, la policière Andréanne Nolin et Janick Meunier, du Service de travail de rue de Chicoutimi, veulent sensibiliser les jeunes et la population à la réalité des avant-bals.

Les avant-bals, une mode de chez nous

La saison des bals approche à grands pas, mais avant le jour J, des centaines de finissants s’adonneront à un événement purement saguenéen et jeannois: les avant-bals. Les policiers de Saguenay, de même que les travailleurs de rue, seront présents sur le terrain pour assurer la sécurité de ces adolescents prêts à célébrer la fin de leur secondaire.

La mode des avant-bals a été lancée il y a plus ou moins cinq ans. Aurapavant, plusieurs jeunes se réunissaient en petits groupes, mais le phénomène a pris de l’ampleur il n’y a que quelques années. Et, selon les autorités, cette mode est exclusive au Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Ç’a commencé il y a environ cinq ans, quand les après-bals ont commencé à être plus réglementés. À l’époque, les après-bals se déroulaient dans des lieux isolés, comme des pics de sable, par exemple. Mais la direction des écoles a commencé à organiser ces événements et les jeunes ont, en quelque sorte, voulu créer leur propre événement. C’est à partir de là que les avant-bals sont nés. Et certains jeunes se lancent le défi de fêter toute la nuit, de ne pas dormir et de faire leur journée d’école le lendemain», a expliqué la policière Andréanne Nolin, du service de la prévention à la Sécurité publique de Saguenay. 

Janick Meunier, du Service de travail de rue de Chicoutimi, se veut toutefois rassurante. Rares sont les débordements et les incidents malheureux dans ce genre d’événement, tient-elle à préciser. «Nous assurons une présence en faisant surtout de la prévention. Généralement, ça se passe bien et les adolescents sont réceptifs et nous accueillent positivement», souligne Janick Meunier.  

Le Service de travail de rue de Chicoutimi, celui du Patro de Jonquière, ainsi que les policiers de Saguenay tenaient d’ailleurs une rencontre, cette semaine, afin de prévoir les interventions au premier avant-bal, qui aura lieu dès la mi-mai. «Toutes les écoles secondaires ont maintenant leur avant-bal. On connaît la plupart des dates et des endroits, ce n’est pas bien difficile à savoir. Un intervenant en toxicomanie va également faire un tour sur place. De plus, nous remettons des coupons Cool Taxis aux jeunes, afin de prévenir la conduite avec les facultés affaiblies», a souligné la policière Andréanne Nolin. D’ailleurs, le Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi (CPCDIT) est également partenaire de l’activité de prévention.

Certains avant-bals peuvent réunir jusqu’à 300 jeunes. Ils ont surtout lieu dans des endroits isolés, comme les pics de sables ou les boisés. Celui qui a lieu au bout de la rue des Maristes, à Chicoutimi, est l’un des seuls à se tenir près d’un quartier résidentiel. Cet avant-bal a d’ailleurs causé des problèmes au cours des dernières années, puisque les résidants ont été victimes de vol de bois de chauffage et de méfaits.

«Maintenant, ça va mieux. Les jeunes sont davantage conscientisés et les résidants sont informés de la situation. Vraiment, le secret est dans la prévention», a souligné Janick Meunier. 

Le lendemain des avant-bals, les directions des écoles secondaires mettent également à la disposition des jeunes les services d’un intervenant en toxicomanie, au cas où. «Mais les jeunes qui se présentent à l’école intoxiqués sont vraiment des cas d’exception», précise Janick Meunier.

La travailleuse sociale invite également les parents à être vigilants et à demander à leur adolescent s’il compte participer à ce genre d’événement. «Certains parents prennent la peine de reconduire et d’aller chercher leur jeune. La communication est vraiment importante», souligne la professionnelle.