Au lieu d’une licence, moyennant des frais annuels d’une vingtaine de dollars, les chats et les chiens de Saint-Honoré, incluant Râto, auront une micropuce.

Les animaux de Saint-Honoré micropucés

La Ville de Saint-Honoré prend les devants avec la gestion des animaux au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Après avoir modifié le contrôle des licences pour chiens en 2017, voilà qu’elle décide de micropucer ses animaux domestiques.

Le règlement, stipulant que tout chien ou chat gardé sur le territoire de Saint-Honoré devra être muni d’une micropuce, entrera officiellement en vigueur le 1er janvier 2020.

Pour accommoder les citoyens, quatre cliniques d’implantation de micropuces sont prévues d’ici l’automne 2019. La première aura lieu le 5 mai prochain au Centre récréatif de Saint-Honoré par l’équipe de l’Hôpital Vétérinaire du Boisé. « Le but est de responsabiliser les propriétaires d’animaux et réduire la problématique de chats errants », explique le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay. 

Dans la logistique de ce dossier, le comité de gestion des animaux compte une importante partenaire qui a à cœur le bien-être animal. « C’est Sherly Desbiens, de SOS Stérilisation, qui m’avait parlé des micropuces il y a un an et je trouvais ça très intéressant », poursuit M. Tremblay. 

Mme Desbiens, qui est la présidente-fondatrice de l’organisme SOS Stérilisation, fait la promotion de la stérilisation des chats et des chiens depuis 2012. C’est aussi elle qui participera à la logistique des cliniques de micropuçage. 

« Ce printemps, lors de la première clinique d’implantation, les propriétaires devront débourser 10 $ par animal. À l’automne 2018, les frais seront de 15 $, au printemps 2019 on demandera 20 $ et à l’automne 2019, ce sera 25 $ », mentionne M. Tremblay. 

C’est un net avantage si on compare au service en clinique vétérinaire qui se situe entre 50 $ et 90 $. C’est aussi plus avantageux et fiable que de payer des frais annuels pour une licence dont le service est inexistant pour les chats.

« Comme nos licences pour chiens ne sont plus obligatoires, c’est la micropuce qui nous permettra éventuellement de gérer les animaux errants. D’ailleurs, la Ville sera dotée de deux détecteurs et Mme Desbiens en aura un aussi », précise M. Tremblay. 

Micropuce

La micropuce est un dispositif électronique de la taille d’un grain de riz contenant un petit émetteur-récepteur inséré sous la peau de l’animal. Ce dispositif contient un numéro d’identification unique relié à une base de données, ce qui permet d’accéder à des informations importantes relatives à l’animal, incluant les coordonnées du propriétaire. Cette intervention est sécuritaire pour la santé de l’animal et sans douleur. 

Licences

Même s’ils ont toujours un service de fourrière assuré par le Refuge des animaux de Chicoutimi, les propriétaires de chiens de Saint-Honoré n’ont plus à payer une licence pour identifier leur animal.

C’est dans l’optique d’une équité pour tous que le maire Bruno Tremblay a pris en main le dossier de la gestion des animaux en 2017. « Je trouvais que ce n’était pas juste aux propriétaires de chiens à payer pour la gestion des animaux, incluant les animaux sauvages nuisibles », stipule M. Tremblay. C’est pourquoi le contrôle de licence a été remplacé par un montant de 5 $ ajouté sur le compte de taxes municipales des résidants.

Pendant ce temps, la SPCA Saguenay et le Refuge des animaux de Chicoutimi, dont leur revenu principal provient de la vente des licences pour chiens, en ont plein les bras. 

« Il faudrait vraiment prendre exemple sur Saint-Honoré. J’ai présentement trois employés sur la route pour collecter les licences en faisant du porte-à-porte. C’est beaucoup de frais et de gestion », constate Marc Villeneuve, propriétaire du Refuge des animaux Chicoutimi. À la SPCA Saguenay, on se fie sur la bonne foi des gens pour venir payer leur licence de chien, mais plusieurs négligent ce devoir. 

Comme les propriétaires de chiens ne sont pas toujours à leur domicile, les employés mandatés pour collecter les licences doivent retourner à plusieurs reprises aux mêmes endroits. En adoptant le modèle de Saint-Honoré, Saguenay ferait une économie d’énergie, de gestion et de frais, tout en réduisant son empreinte écologique. « Si je pouvais avoir ces employés dans le refuge, au lieu de les avoir sur le terrain, en train de courir après les licences, on pourrait en profiter pour améliorer nos installations et donner du temps aux animaux », conclut M. Villeneuve.