Les amoureux des oiseaux servis au Festival de la bernache

Les amoureux des oiseaux ont été servis en fin de semaine au Festival de la bernache de Saint-Fulgence.

Si la journée de samedi était froide et maussade, dimanche a cependant été l’occasion pour plusieurs de profiter du soleil afin d’arpenter le Sentier des Battures Saint-Fulgence, jumelles ou appareil photo en main.

Les oies blanches étaient nombreuses à se nourrir à marée basse, sur le rivage, vers midi. Leurs déplacements d’un secteur à l’autre ont offert un magnifique spectacle aux amateurs d’ornithologie présents.

Les bernaches du Canada avaient pour leur part préféré s’installer en bordure de la route 172. Elles étaient bien visibles, en direction de la municipalité, à partir de Chicoutimi.

Plusieurs autres espèces d’oiseaux autres que ces oiseaux migrateurs pouvaient également être observées dans le secteur des Battures, même si elles étaient plus difficilement visibles aux yeux des non-initiés.

Des bénévoles du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean accueillaient le public, en fin de semaine, afin de guider leurs observations et de répondre aux questions des visiteurs. Des lunettes d’observation étaient installées sur un belvédère, où les bénévoles dressaient également la liste des espèces observées chaque jour.

Vers midi, dimanche, une trentaine d’espèces avaient déjà été identifiées, preuve de la richesse de ce milieu humide, où quelque 200 espèces peuvent être observées. Sarcelle d’hiver, harle couronné, pic flamboyant, urubu à tête rouge, fuligule à collier, pluvier kildir, balbuzard pêcheur, grue du Canada et pygargue à tête blanche ont notamment été observés. Deux cygnes trompettes ont même été aperçus (voir autre texte).

« Les gens sont étonnés de voir le nombre d’espèces que l’on peut voir ici. Les gens sont intéressés, on leur montre les oiseaux, comme les canards, avec le télescope », a souligné Jacynthe Fortin, membre du conseil d’administration du club. Elle connaît bien les lieux, elle qui demeure à Chicoutimi-Nord et qui se déplace régulièrement à Saint-Fulgence afin d’observer les oiseaux.

Plusieurs activités

Plusieurs activités étaient organisées dans le cadre de la 31e édition du Festival de la bernache. Des formations et conférences sur les oiseaux, sur le Parc marin Saguenay-Saint-Laurent, sur les marais, sur les pesticides, la faune et la flore, entre autres, étaient offertes.

Un bricolage thématique dédié aux enfants, mais également un atelier d’origami destiné aux adultes, donné par l’artiste du papier Esther Jones, ont pu éveiller la créativité des personnes de tous âges.

Un marché d’artisans, une initiation au kayak de mer, une randonnée en rabaska et un conte traditionnel ont également animé la fin de semaine. Damien Robitaille avait lancé l’événement, vendredi soir, à l’occasion d’un cocktail et d’un spectacle, pendant lequel il a même chanté une composition en l’honneur du festival.

Jacynthe Fortin, membre du conseil d’administration du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

DEUX CYGNES TROMPETTES APERÇUS

Observation rare dans la région et même dans la province, deux cygnes trompettes ont été identifiés, en fin de semaine, dans le Sentier des Battures de Saint-Fulgence, au grand bonheur des ornithologues amateurs qui espèrent que les oiseaux passeront de nouveau l’été dans le secteur, comme ils l’ont fait l’an dernier.

L’été dernier, quatre individus immatures avaient été observés. « Ils ont passé l’été ici, et il y a eu beaucoup de gens de l’extérieur qui se sont déplacés à Saint-Fulgence pour les observer », a rapporté Jacynthe Fortin, du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les passionnés d’ornithologie ont été ravis de constater que deux cygnes ont décidé de revenir sur le site pour une nouvelle année. Lors de notre passage dans le sentier, plusieurs ne parlaient que de ces deux majestueux oiseaux afin de pouvoir les localiser.

Si l’oiseau avait déjà pu être observé par le passé à l’occasion de brefs passages dans la région, il s’agit de l’une des rares fois où il semble avoir décidé de s’y installer, a-t-elle ajouté.

L’un des quatre cygnes a malheureusement été trouvé mort, l’an dernier. Des analyses menées sur la carcasse ont montré par la suite qu’il était mort d’une maladie. Jusqu’à maintenant, cette année, le troisième individu n’a pour sa part pas encore été observé à Saint-Fulgence.

Mme Fortin et plusieurs autres passionnés d’ornithologie rêvent déjà d’observer des petits, appelés cygneaux ou cygnons. Il faudra toutefois attendre encore quelques années avant de savoir si les cygnes choisiront de nicher à Saint-Fulgence – ce qui serait d’autant plus exceptionnel –, puisque les cygnes trompettes atteignent leur maturité sexuelle à l’âge de quatre ans.

Le cygne trompette est considéré comme un oiseau rare par le Regroupement Québec oiseaux. Depuis quelques années, des individus sont également observés en Abitibi-Témiscamingue.

Au début du 20e siècle, l’oiseau avait en fait presque disparu du paysage canadien, en raison de la chasse, notamment. En 1933, selon la Fédération canadienne de la faune, il ne restait alors que 77 oiseaux nicheurs de l’espèce au Canada. 

Les passionnés d’ornithologie ont été ravis de constater que deux cygnes (dont un spécimen sur la photo) sont de retour aux battures de Saint-Fulgence cette année. Cette photo a été prise dimanche par Lily Tremblay, membre du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.