Chloé Harvey, Ève Régnier et Joe-Annie Desmeules sont les fondatrices du club Kiwanis Lac-Saint-Jean-Est.

Les Almatoises s'impliquent

Depuis 2011, l'organisme Récif 02 oeuvre pour une gouvernance équitable, qui passe notamment par la parité hommes femmes dans les conseils d'administration et municipaux. La tendance s'est même inversée à la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est, et des professionnelles almatoises veulent créer leur propre club Kiwanis. Le Quotidien a fait le tour de quelques dirigeantes d'organisations diverses à Alma pour partager leurs perceptions.
Meggie Bouchard, du conseil de gestion de Récif 02, la chargée de projets Gisèle Dallaire et la coordonnatrice Audrée Villeneuve.
Il y a près d'un an, l'idée a germé chez la présidente fondatrice Ève Régnier et la vice-présidente Joe-Annie Desmeules, qui travaillent toutes deux chez Mallette. Le père de cette dernière est lui-même membre du club masculin, qui parraine l'association féminine. Leur amie Chloé Harvey s'est jointe au projet.
« Nous sommes parties de trois personnes à maintenant 16 femmes, toutes des professionnelles comme des avocates, des comptables, des notaires ou des propriétaires d'entreprise. Nous avons même des membres du Saguenay, décrit Ève Régnier. Une intronisation est un événement rarissime pour Kiwanis International, car beaucoup de clubs dans le monde sont vieillissants. Chez nous, la plupart des membres sont âgées de 25 à 35 ans, ce que le mouvement trouve très intéressant. Le fait d'être juste des femmes nous permet aussi de nous organiser selon nos réalités de jeunes mamans, par exemple. »
Kiwanis International a pour mission le développement des enfants. Le club d'Alma soutient particulièrement les jeunes handicapés. Le club féminin veut se concentrer sur la santé mentale des enfants.
« Nous débordons d'idées pour nos événements. Pour commencer, on veut tenir plusieurs petites activités. La première devrait avoir lieu en février. Il y aura toujours deux volets, soit amasser des fonds pour divers organismes et sensibiliser les gens à cette cause », explique Ève Régnier.
La présidente fondatrice sent que les femmes de sa communauté ont de plus en plus le désir de s'investir. À la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est, on peut le voir dans le conseil d'administration, dont presque les deux tiers des sièges sont occupés par des femmes.
« Nous sommes en train de préparer le Gala annuel, et c'est la première fois que nous recevons plus de suggestions féminines que masculines pour le prix Personnalité d'affaires de l'année, confie la présidente Annipier Simard. Les femmes s'impliquent et veulent se démarquer de plus en plus, mais elles ne sont pas encore nombreuses dans les postes de haute direction. »
Sensibilisation
La Table de concertation des groupes de femmes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Récif 02, a démarré en 2011 un projet de gouvernance équitable. « Les femmes représentant environ 50 % de la population, ça prend une bonne mixité dans les conseils pour bien répondre aux besoins, autant avec les hommes et les femmes que les jeunes et les vieux », met en évidence l'agente de développement Gisèle Dallaire.
Depuis 1969, le club Kiwanis d'Alma est formé exclusivement d'hommes. Il aura maintenant son pendant féminin avec le club Kiwanis Lac-Saint-Jean-Est, qui sera intronisé officiellement samedi.
Celle-ci rapporte des recherches internationales montrant que plus une organisation est représentative, plus elle sera forte, dynamique et capable de s'adapter aux changements.
Récif 02 a reçu récemment une subvention gouvernementale qui lui permettra de continuer le projet durant trois ans, notamment en accompagnant les municipalités et les organisations intéressées à mettre en place une politique d'équité. Un guide a été créé à cet effet grâce à l'Entente spécifique en matière de condition féminine, lorsque la Conférence régionale des élus existait encore. Un outil d'analyse différenciée selon les sexes (ADS) a aussi été développé pour aider à prendre des décisions dans un projet.
« Par exemple, lorsque le Centre Mario-Tremblay a été rénové, nous avons rencontré les intervenants pour voir si les nouveaux vestiaires étaient adaptés pour les besoins des femmes avec l'ADS, indique Mme Dallaire. Ça prend du temps pour initier un changement, il faut en parler beaucoup. Avec le financement supplémentaire, ça va donner une bonne poussée pour partir la roue ! »
Récif 02 souligne également l'implication politique des femmes à Alma, où plusieurs ont déposé leur candidature en tant que conseillère municipale comparativement aux dernières élections.
Annipier Simard
La présidente de la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est, Annipier Simard, est impliquée depuis huit ans. « C'est une organisation que je connais très bien, et la présidence était le seul poste que je n'avais pas encore occupé et où je voyais que je pouvais apporter quelque chose encore », explique celle qui est directrice principale en certification et services-conseils au sein du cabinet Deloitte à Alma.
Anne-Julie Néron
Anne-Julie Néron est devenue directrice de la Société d'histoire du Lac-Saint-Jean à 27 ans, alors détentrice d'un baccalauréat et d'une maîtrise en histoire, ainsi que d'un diplôme d'études supérieures spécialisées en gestion d'organismes culturels. « J'avais toute la formation, mais c'était quand même une surprise d'accéder à un ce type de poste si tôt dans ma carrière. C'est un très beau défi. J'ai l'impression qu'on me faisait plus de commentaires sur mon jeune âge qu'à un homme dans la même position », avance-t-elle. Elle remarque que plusieurs femmes dirigent des institutions muséales au Lac-Saint-Jean.
Érika Morin
La directrice du Centre d'action bénévole du Lac, Érika Morin, occupe ce poste depuis 10 ans. « Au début, c'était un défi, car je ne me voyais pas nécessairement là, même si je travaillais déjà pour le centre. Il y a principalement des femmes dans le milieu communautaire. Un élément difficile, c'est les salaires qui sont beaucoup moindres que dans d'autres domaines. Je me demande si ce serait toujours le cas si c'était un milieu comptant traditionnellement des hommes », réfléchit-elle.
Jennifer Hollands
La coordonnatrice d'En-Forme-O-Lac, Jennifer Hollands, travaille depuis janvier 2016 pour l'organisme qui fait la promotion des saines habitudes de vie. « Dans le milieu communautaire, je fais affaire beaucoup plus avec des femmes, alors que dans le milieu sportif, c'est presque tout le temps avec des hommes », remarque-t-elle. La coordonnatrice a pris en charge toute seule le volet sportif de la Grande Fête des récoltes en fin de semaine. Dès vendredi, des tournois sont organisés. Dimanche sera une journée découvert avec des ateliers gratuits de cheerleading, de football, d'ultimate frisbee et taekwondo, entre autres.