Le temps chaud et humide connu dernièrement au Saguenay-Lac-Saint-Jean donne espoir aux agriculteurs en prévision de la dernière coupe de foin dans la région.
Le temps chaud et humide connu dernièrement au Saguenay-Lac-Saint-Jean donne espoir aux agriculteurs en prévision de la dernière coupe de foin dans la région.

Les agriculteurs de la région moins affectés par la sécheresse

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les agriculteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont moins durement affectés par la sécheresse qui fait craindre à plusieurs une importante pénurie de foin à travers la province. Si la situation se maintient, la production régionale de foin devrait être suffisante et pourrait même permettre d’approvisionner quelques producteurs d’autres régions.

Depuis le 1er mai, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a reçu environ 85 millimètres de pluie de moins que la normale jusqu’à maintenant, estime le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge. Le secteur du Saguenay est plus affecté par la sécheresse que le Lac-Saint-Jean, selon les relevés d’Agrométéo Québec qu’il avait en main mardi.

Bien que les rendements aient diminué de 25% à 50% pour la première coupe de foin, selon le type de culture, le Saguenay-Lac-Saint-Jean connaît un manque de précipitations moins important que plusieurs autres régions. «Au Centre-du-Québec, à Bécancour – c’est une belle région agricole –, le maïs est moins beau que celui de mon voisin qui est à Normandin», donne en exemple le producteur, dont les terres sont situées dans au nord du Lac-Saint-Jean.


« Vous savez, c’est une température tropicale qu’on a là, souligne M. Théberge. De la pluie, des orages, c’est chaud, humide, ça n’a pas de bon sens. Ça fait que ça pousse! »
Mario Théberge

Les régions de la Mauricie, de Lanaudière et de la Côte-Nord, notamment, sont particulièrement affectées par la sécheresse qui sévit cette saison. Certains producteurs ont même réduit leur troupeau, craignant de ne pouvoir s’approvisionner suffisamment pour nourrir toutes leurs bêtes pendant l’hiver.

Temps chaud et humide
Le temps chaud et humide connu dernièrement au Saguenay-Lac-Saint-Jean donne espoir aux agriculteurs qui n’ont pas encore procédé à leur deuxième et dernière coupe de foin de la saison. «Vous savez, c’est une température tropicale qu’on a là, souligne M. Théberge. De la pluie, des orages, c’est chaud, humide, ça n’a pas de bon sens. Ça fait que ça pousse!» Cette seconde récolte devrait atteindre un rendement normal.

La situation est cependant plus difficile pour les producteurs qui ont choisi de faucher le foin à trois reprises cet été. Pour plusieurs, la deuxième coupe a été réalisée récemment. À l’image de la première, le rendement a été «très, très moyen», indique le président régional.

Les espoirs d’un meilleur rendement reposent alors sur la dernière coupe, si le temps chaud et humide se maintient dans les prochaines semaines.

Une production qui devrait être suffisante
Mario Théberge s’attend dans la situation actuelle à ce que les producteurs laitiers et de bovins du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’aient pas besoin de s’approvisionner en foin à l’extérieur de la région.

La diminution du nombre de bêtes d’élevage dans la région depuis une dizaine d’années aidera aussi les agriculteurs à tirer leur épingle du jeu. «Il y a beaucoup de producteurs qui ont encore leurs terres, mais qui n’ont plus d’animaux. Ils font quand même du foin, mais pour le vendre.»

Le président régional invite ses membres à faire preuve de solidarité en ne profitant pas de la rareté du foin pour hausser les prix de façon démesurée.

Des agriculteurs de la région pourraient même être en mesure de vendre du fourrage à d’autres producteurs du Québec qui sont nombreux à regarder du côté de l’Ouest canadien en prévision de l’hiver.

«On ne fournira pas toute la province, prévient cependant le président régional, qui ne veut pas créer de faux espoirs. Ça peut être pour quelques producteurs seulement.»