Les présidents des syndicats locaux de l’Union des producteurs agricoles (UPA) , ont fait état d’une situation difficile dans les champs.

Les agriculteurs anticipent d’importantes pertes

Le printemps frais et sec, conjugué à la chaude température des derniers jours, fait craindre des pertes de rendement importantes aux agriculteurs de la région dans différents types de productions, ce qui les incite à prendre les devants face aux indemnisations que leur versera la Financière agricole.

Vendredi matin, une cinquantaine d’agriculteurs se sont déplacés à la Ferme C.J.M. Maltais inc., du chemin Sainte-Famille à Chicoutimi, afin d’entendre les présidents des syndicats locaux de l’Union des producteurs agricoles (UPA) faire état de la situation qui prévaut dans les champs.

De façon générale, depuis les semences en mai, les agriculteurs sont confrontés à de mauvaises conditions qui ont fait en sorte que le cycle de croissance des plantes a été ralenti en raison d’absence de pluie au moment le plus crucial.

En dépit du fait que le secteur du Fjord-du-Saguenay ait reçu le plus de précipitations dans la région, la pluie tombée n’a pas été suffisante pour obtenir une bonne croissance. Le tout combiné au fait que l’an dernier, une petite sécheresse survenue dans la période des foins a fait baisser les rendements, explique Gilles Brassard, président du syndicat local.

Au Lac-Saint-Jean, les agriculteurs des secteurs Roberval et Saint-Félicien n’ont pas profité d’un gros couvert de neige pendant l’hiver de sorte que le dégel a engendré des pertes dans les prairies.

Dans le secteur de Lac-Saint-Jean-Est, la grêle reçue ainsi que le manque de précipitations, se sont additionnés pour causer d’importants dommages aux producteurs de légumes concentrés à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. « Chez plusieurs fermes, la production de légumes est morte tandis que les bassins d’eau sont vides », explique Éric Girard, vice-président du syndicat de l’UPA Lac-Saint-Jean-Est.

Le secteur Maria-Chapdelaine est le plus touché par la pénurie d’eau avec seulement 86 mm reçus, soit la moitié qu’en période historique.

Au niveau des fourrages, l’absence de pluie est particulièrement dommageable en début de saison puisque la première coupe, généralement de la meilleure qualité, est gravement affectée. Le problème s’étend aux régions du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie et de Québec, de sorte que les agriculteurs craignent de devoir payer le gros prix pour se procurer le foin dont ils auront besoin jusqu’en Estrie. « Ceux qui croient qu’on peut retarder les coupes se trompent. On est présentement à 40 % du rendement d’une année normale », explique Christian Taillon, du secteur Domaine-du-Roy.

Ce dernier ajoute que la sortie des agriculteurs ne vise pas à faire pleurer le grand public puisque tout le monde sait que les agriculteurs peuvent bénéficier des programmes de sécurité du revenu de la Financière agricole pour lesquels ils paient des primes importantes. Selon lui, la présence de couloirs de grêle et de vents découlant des changements climatiques doit toutefois être prise en compte dans les calculs qu’effectuera la Financière agricole pour dédommager les agriculteurs, explique-t-il.

Selon Mario Théberge, président régional de l’UPA, la sortie des agriculteurs sur les dommages causés par le climat s’inscrit dans une démarche visant à sensibiliser la direction de la Financière agricole sur la réalité des agriculteurs. Dans le passé, l’organisme a réagi avec beaucoup de retard dans le paiement des indemnisations. Ces retards sont causés par le fait qu’il existe souvent des différences appréciables entre les évaluations des agriculteurs et celles faites par la Financière. « Nous sommes à un stade de croissance où il y a des besoins d’eau. Au 6 juillet, on peut affirmer que le mal est fait. Chaque fois qu’on subit des pertes, il y a des contestations de la part de la Financière agricole. On s’est dit que cette année, on mettrait la charrue avant les boeufs », avance M. Théberge.

Il ajoute que le directeur général de la Financière a été informé et que ce dernier se dit conscient de la situation. « On leur dit : commencez à prendre de l’avant dans l’évaluation des pertes ».

L’UPA régionale estime que l’enjeu est important puisque la moitié des fermes est en situation déficitaire, conclut M. Théberge.