La solidaire Manon Massé a affirmé que la motoneige est une activité polluante et que les citoyens devraient se questionner sur la pratique de ce loisir.

Les acteurs régionaux irrités par les propos de Manon Massé

La sortie de Manon Massé, co-porte-parole de Qéuébec solidaire (QS), qui affirme que la motoneige est polluante et que les citoyens devront se questionner sur la pratique du loisir, suscite l’indignation au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les propos de la députée, tenus au moment même où des recherches sont en cours pour retrouver des motoneigistes français qui ont sombré dans les eaux du lac Saint-Jean, irritent les intervenants régionaux.

« Je trouve que c’est une position qui confirme le radicalisme de Québec solidaire et leur déconnexion de la réalité », affirme d’emblée Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière.

Le candidat à la direction du Parti québécois (PQ), qui fait de l’environnement une base de sa plateforme électorale, estime que QS s’attaque au problème climatique d’une bien mauvaise façon.

« Ce n’est pas avec la culpabilisation qu’on va arriver à relever le défi climatique. Il faut proposer des pistes de solution, trouver des solutions. Il faut faire en sorte que les gens adhèrent à des changements plutôt que les culpabiliser », affirme celui qui se questionne quant à l’impact de la motoneige sur l’environnement.

« D’abord, il faudrait mesurer l’impact. Les gros émetteurs, ce ne sont pas les motoneiges, mais le transport routier, le transport lourd, les avions. Avant de dire des énormités, il faudrait qu’elle sache de quoi elle parle. »

Il croit que l’État doit intervenir afin de soutenir le développement de produits innovants qui pourraient diminuer l’impact sur l’environnement. « Taïga, une motoneige électrique, a été conçue. Il faut faire des tests, soumettre de nouveaux produits et les commercialiser. Il faut revoir tout le système de soutien à des économies innovantes. »

Sylvain Gaudreault critique également la décision de Mme Massé de remettre en question la pratique du loisir au moment où le milieu est secoué par un drame.

« C’est un manque de sensibilité par rapport à la situation et un manque de sensibilité en ce qui concerne l’impact économique pour la région, où on parle de 112 M $ en retombées annuelles. C’est aussi un problème d’exemplarité. Avant de dire quelque chose comme ça, il faut regarder dans sa propre cour. Catherine Dorion s’est procuré un véhicule Subaru Crosstrek l’an dernier. »

Clubs de motoneigistes

Les responsables de clubs de motoneigistes de la région ont l’impression que Manon Massé se prononce sur la motoneige sans connaître le sujet.

« Les émissions ont tellement diminué. Ça pollue beaucoup moins. Les fabricants de motoneiges ont vu ça venir, eux aussi. Les machines sont passées de deux temps à quatre temps. D’année en année, il y a de moins en moins de deux temps. Les gens sont conscientisés », assure Jules Tremblay, président du Club de motoneigistes du Saguenay.

De son côté, Daniel Perron, secrétaire-trésorier du Club de motoneigistes Lac-Saint-Jean, s’est aussi dit déçu des propos de Manon Massé.

« C’est tellement décevant d’entendre des choses comme ça. Tellement de choses ont été faites pour diminuer la pollution. Ce n’est plus comme il y a 30 ans. Des pas énormes ont été faits et il va s’en faire encore. C’est une légende urbaine de croire que la motoneige est si polluante. Quand on voit des élus déclarer de pareilles faussetés, c’est décevant. Il y a 20 ans, après une randonnée, tu sentais le gaz et l’exhaust. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. »