La liste des objets à vendre était longue à l'encan public tenu à l'ancienne cartonnerie de Jonquière.

Les acheteurs peu nombreux

L'encan organisé mardi par Corporate Assets inc. pour la vente de 1218 lots appartenant à Graphic Packaging a attiré moins de 100 personnes à l'ancienne usine Cascades de Jonquière, en plus de 80 acheteurs en ligne.
Dès 9 h mardi, les acheteurs potentiels ont pu pénétrer au second étage de l'usine enveloppée d'humidité et aux odeurs de pâte séchée dans le secteur de l'expédition pour tenter de mettre la main sur les nombreuses marchandises disponibles. Valves, pompes et moteurs industriels alimentés au 600 volts, instruments et outils de toutes sortes, étagères, transformateurs de tous acabits, la liste des objets est longue.
Parmi les acheteurs inscrits, Roger Sheehy, un entrepreneur en excavation jonquiérois, avoue qu'il s'est déplacé avant tout en tant que « curieux » puisque la marchandise offerte ne correspond pas vraiment à ses besoins. « C'est vraiment spécialisé pour les papetières. Ça s'adresse vraiment à des propriétaires d'ateliers d'usinage. Il n'y a rien pour faire du commercial ou pour des citoyens ordinaires. On pense qu'il y a des outils qui pourraient faire notre affaire ».
Steeve Gagnon, de Lac-Saint-Jean Métal, est un habitué de ces encans industriels puisqu'il participe à une dizaine d'entre eux annuellement depuis 30 ans, à la recherche de métaux ferreux et non ferreux destinés au recyclage. Au moment de l'entrevue, il avait identifié une soixantaine de lots sur lesquels il entendait renchérir. À chaque fois, il constate que tout se vend. À son avis, l'encan de Graphic aurait dû attirer plus d'acheteurs sur place, au moins 300 personnes, mais ajoute que les difficultés dans le secteur du carton et du papier, le climat économique actuel ne sont pas de nature à favoriser les achats.
M. Gagnon a une bonne idée des clients qui se présentent aux encans. « Généralement, 10 % sont des curieux. Il y a un 40 % qui sont des gens associés au secteur industriel, comme les moulins à papier ce matin. Ils oeuvrent dans le domaine et s'attendent à payer 10 % du prix d'un équipement neuf comme des moteurs. L'autre catégorie est formée de 50 % de gens qui n'ont pas vraiment de besoins, mais qui souhaitent revendre. »
Il ajoute que dans le cadre de ces encans, un néophyte peut facilement se faire avoir s'il n'est pas vraiment informé des modalités de transaction. Au prix déposé s'ajoutent des frais d'encan de 16 % ainsi que les taxes en plus des frais de déménagement et de démantèlement des équipements s'ils sont fixes. En fin de compte, il est parfois préférable d'acheter du neuf.
<p>La vente aux enchères destinée à vendre des équipements de l'ancienne cartonnerie de Jonquière a attiré moins d'une centaine de personnes sur place. </p>
Deuil
L'encan a permis à Yves Lévesque, un ex-travailleur de Cascades de 1985 à 2015, de faire le deuil de son passé alors qu'il travaillait au département de l'expédition. « Mon père travaillait ici avant moi. Quand t'es né pratiquement ici et que tu rentres à l'usine à 18 ans, c'est un deuil. »
À 48 ans, M. Lévesque est retourné aux études pour appendre à conduire des camions-remorques. Il a terminé son cours le 20 février et, quatre jours plus tard, il entrait au service de Jardins du Saguenay.
Interrogé afin de savoir s'il croit aux chances de relance de l'usine, M. Lévesque ne croit pas que ce pourrait être dans le secteur des pâtes et papiers. La présence de vastes bâtiments à hauts plafonds l'incitent à dire qu'une entreprise oeuvrant dans l'entreposage ou des studios de cinéma pourraient y prendre place.