Éric et Sonny Caouette, aussi connus sous le nom de 2Frères, ont transformé le Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi en sous-sol abritant un party de famille, vendredi, devant plusieurs centaines de fans enthousiastes.

Les 2Frères et la Marjo saguenéenne

Existe-t-il un groupe plus québécois que 2Frères? Plus ancré dans la vie des gens d’ici? Plus fidèle à cette façon de créer des chansons développée par les Piché, Mandeville et Kain? Ce n’est pas pour rien que tant de gens aiment les gars de Chapais. C’est parce qu’ils font du québécois, ce genre musical qui est notre country à nous.

Rien qu’en jetant un oeil sur le Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi vendredi soir (le groupe y retournera samedi), on voyait à quel point leurs hymnes sont consensuels. Ça débordait jusqu’au second palier, mais il y avait autre chose, au-delà de la performance aux guichets. L’adhésion du public.

Elle a été affichée avant même qu’Éric et Sonny Caouette n’émettent une note. Il a suffi que des projecteurs découpent leur silhouette à l’ouverture du rideau, en effet, pour que jaillisse une vague nourrie par des cris perçants. La première d’une longue série.

Prompts à raconter des histoires, les 2Frères ont ouvert avec Léo Gagné, portrait d’un homme qui avait pour vocation de devenir bûcheron. Guitares acoustiques. Beat enlevé, mais pas trop. Arrangements soignés sur lesquels se sont déposées des harmonies vocales irréprochables. Du québécois pur jus, tellement bien fait que ça semblait facile.

Un autre constat est que le temps file rapidement en compagnie du duo. À peine avait-il affiché son côté romantique sur Qu’est-ce que tu dirais? que Road Trip évoquait le nomadisme propre aux chansonniers. Plusieurs ont chanté la route, mais les Caouette rappellent qu’au bout des plus longs trajets, il y a du monde, des connaissances qui finissent par devenir des amis.

Il est vrai que chez eux, la notion de communauté occupe une place centrale. Il y a la famille nucléaire évoquée dans Mom, tandis que la famille au sens large réveille le souvenir de partys où une matante de bonne humeur se met à chanter Provocante. N’est pas Marjo qui veut, cependant. Ni même Corrine ou Karine, cette jeune femme qui, poussée par ses voisins, a relevé le défi posé par les 2Frères.

Ils cherchaient une matante d’un soir et sont tombés sur une recrue étonnante, familière avec les paroles et capable de produire des inflexions de voix proches de celles de la rockeuse. Les gars ont fini à genoux à côté de deux musiciens pendant que l’autre répétait: «Je les rends fous d’amour». Elle a bien mérité l’ovation debout qui a salué son retour dans les rangées supérieures du TBN.