À la suite du bris d’un des cinq compresseurs, tout le système de réfrigération du magasin d’alimentation Bizz est arrêté.

L’épicerie Bizz en difficulté

À la suite d’un bris de compresseur qui a causé la perte de 35 000 $ de produits, jeudi dernier, et qui amène une dépense imprévue de 100 000 $, le magasin d’alimentation Bizz du boulevard Talbot à Chicoutimi a déposé mardi un avis d’intention de faire une proposition, devant l’incapacité à faire face aux créanciers. Les copropriétaires Denis Gilbert et Émilie Boivin lancent un appel de solidarité à la population. Ils recherchent de nouveaux investisseurs, mais ils tâtent le pouls également pour mettre de l’avant une coopérative pour reprendre le commerce.

Les copropriétaires ont rencontré Le Quotidien, mardi, en fin d’après-midi, alors que le bruit courait sur les difficultés de l’entreprise, les clients étant à même de constater que les étalages réfrigérés étaient vides depuis quelques jours.

Le montant de 100 000 $ inclut la perte de ventes et les coûts de réparation du système de réfrigération.

« On demande une seconde chance, car on a un an et demi de fait au niveau de l’achat de Corneau Cantin le 1er juin 2018. Ç’a été une très belle aventure jusqu’à maintenant remplie de mille et un défis. (...) Mais ce qui est arrivé, c’est que la semaine dernière, nos compresseurs se sont arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi. On a perdu pour environ 30 000 $ de marchandises. On a eu des pertes, car on a eu moins de ventes. Donc il y avait des rumeurs parmi les clients comme quoi Bizz allait fermer », raconte d’abord Denis Gilbert.

Rappelons que le commerce d’alimentation saine avait longuement été installé au centre-ville de Chicoutimi avant de déménager sur le boulevard Talbot dans les locaux de l’épicerie Corneau Cantin qu’elle avait rachetée.

Selon leurs dires, l’épicerie, qui demeure ouverte, affichait le triple du chiffre d’affaires en comparaison à celui de la rue Sainte-Famille et se dirigeait vers le point de rentabilité. Cependant, ils n’avaient pas de coussin financier.

Pour l’instant, toute la marchandise se trouve dans l’entrepôt derrière et devra être jetée, mais en respectant les impératifs du zéro déchet, jure Denis Gilbert.

« Bizz n’avait pas les moyens de perdre 30 000 $ de stock, la semaine passée. Les assurances sont là aujourd’hui. Mais le temps que l’évaluateur fasse tout ça... Avant qu’on ait les montants, les gens vont continuer à dire que c’est vide chez Bizz, le comptoir à fromages est vide et les congélateurs sont vides. (...) Nos conseillers financiers nous ont suggéré de faire un avis d’intention qu’on a déposé aujourd’hui (mardi) à 15 h chez Fabien Tremblay, syndic de faillite. (...) Ça implique que pour que l’entreprise puisse rebondir, il faut qu’on renégocie avec nos créanciers », a-t-il poursuivi.

Selon le site Internet de PWC Canada, « un avis d’intention de faire une proposition est une procédure en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité qui permet aux sociétés en difficulté financière de restructurer leurs activités ».

Le délai est de 30 jours.

Denis Gilbert espère susciter l’intérêt d’investisseurs qui croient dans une épicerie qui mise sur les produits biologiques et locaux. Les copropriétaires se donnent deux semaines pour mesurer l’intérêt. « La seconde chance, c’est de dire, est-ce qu’il y a des partenaires dans la région qui sont intéressés à ce qu’il y ait une épicerie indépendante ? », a-t-il enchaîné.

Ou une coopérative

L’autre option qui est envisagée était en gestation depuis quelques mois, à savoir la mise sur pied d’une coopérative de solidarité. Le projet est mené par Guylaine Pelletier, qui s’occupe de l’amélioration continue et des communications au sein de l’entreprise. Elle s’est d’ailleurs fait connaître dans la région en étant une des cofondatrices du Café Cambio.

« Notre stratégie était de faire une reprise collective dans un délai d’à peu près six mois et un an parce qu’une coopérative ne peut voir le jour super rapidement. Là, elle va être déjà fondée, car on vient de recevoir les statuts de constitution. Mais dans le délai de 30 jours, on essaie de voir si c’est possible de mettre les bouchées doubles. On veut voir si la population a un intérêt », a-t-elle raconté.

Les copropriétaires Émilie Boivin et Denis Gilbert lancent un appel à d’éventuels investisseurs à la suite du coup dur de la semaine dernière.

Pour l’instant, la façon de s’impliquer dans la coopérative est de joindre Guylaine Pelletier via l’adresse courriel bizzcoop@gmail.com. Elle aimerait y ajouter un site Internet et une plateforme de financement. « C’est des super beaux modèles. Il faut aller vers ça. C’est mon cheval de bataille. C’est tellement intéressant, c’est tellement enrichissant socialement, collectivement et individuellement », a-t-elle conclu, convaincue du modèle.