La carcasse de ce DHC-2 Beaver serait trop profonde pour être localisée par les plongeurs de la GRC.

L’épave du Beaver d'Air Saguenay est trop profonde

Les recherches en vue de retracer les victimes de l’écrasement de l’appareil DHC-Beaver, de la compagnie Air Saguenay, englouti dans le lac Mistastin au Labrador le 15 juillet dernier, se complexifient alors que les policiers de la Gendarmerie royale du Canada ont perdu la trace de l’épave.

Selon les informations transmises par Jean Tremblay, vice-président d’Air Saguenay, dont le siège social est à Jonquière, la météo et les forts vents qui ont soufflé au cours de la fin de semaine ont eu pour effet d’entraîner le déplacement des restes de l’hydravion. « Il s’agit d’un lac extrêmement profond pouvant atteindre 220 pieds. Les policiers et scaphandriers dépêchés sur place n’ont pas l’équipement pour se rendre à une telle profondeur. Ils peuvent descendre uniquement jusqu’à 150 pieds », explique M. Tremblay.

Selon lui, des tentatives ont eu lieu afin de localiser l’appareil à l’aide de sonars, mais n’ont pas encore été couronnées de succès. Une autre difficulté réside dans le fait que l’avion a été localisé une première fois sur le plan d’eau de grande superficie à environ 1 km de la rive.

Un communiqué de la GRC publié lundi, et repris par La Presse canadienne, indique que des vents violents et des pluies diluviennes pourraient avoir fait couler l’avion, alors que sa queue et d’autres débris étaient visibles des airs quelques jours auparavant.

La déclaration indique que des « objets d’intérêt » non précisés, identifiés à l’aide d’un sonar à balayage latéral, feront l’objet d’une enquête lundi.

Le vice-président et directeur général d’Air Saguenay, Jean Tremblay, a confirmé les décès.

La caporale Jolene Garland a reconnu que la profondeur du lac pourrait limiter les recherches des plongeurs.

« Ils sont limités à la distance qu’ils peuvent atteindre, alors il est évidemment possible qu’ils deviennent dépassés dans ce qu’ils sont capables de faire », a-t-elle expliqué à la PC. « Nous prenons les choses un jour à la fois. »

Le lac Mistastin, situé à environ 100 kilomètres au sud-ouest de la municipalité de Nain, a été formé par l’impact d’une météorite. Sa longueur est d’environ 16 kilomètres et sa profondeur « pourrait dépasser quelques centaines de mètres », a précisé la GRC.

Quatre pêcheurs et deux guides de la pourvoirie Three Rivers Lodge sont partis le 15 juillet du lac Crossroads, à l’est de Schefferville, à destination du camp de pêche sur le lac Mistastin.

Rappelons qu’un Américain, John Weaver, et ses deux fils, Matthew et John Weaver III, tous trois originaires de Chicago, font partie des victimes confirmées.

Le pilote Gilles Morin, 50 ans, figure dans la liste des personnes disparues.

La cause de l’accident est toujours inconnue. Un porte-parole du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a déclaré lundi que des enquêteurs se rendraient sur les lieux pour inspecter l’avion après sa localisation et sa sortie de l’eau. AVEC LA PC

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UN DERNIER ADIEU AU GUIDE DÉCÉDÉ

(Presse canadienne) — Les funérailles d’un guide de pêche expérimenté et père de trois enfants ont eu lieu lundi à Deer Lake, à Terre-Neuve-et-Labrador, une semaine après qu’un avion d’Air Saguenay à bord duquel se trouvaient six passagers s’est écrasé dans un lac du Labrador.

Un avis nécrologique pour Dwayne Winsor, 47 ans, publié par Parsons Funeral Home, annonce son décès survenu le 15 juillet et offre les hommages de ses proches et de sa famille.

M. Winsor était guide au Three Rivers Lodge, le point de départ de l’excursion de pêche au lac Mistastin qui s’est terminée dans la tragédie, lundi dernier. Des débris de l’avion De Havilland DHC-2 Beaver ont été repérés dans l’eau mardi.

Une courte biographie de M. Winsor sur le site Web du Three Rivers Lodge le décrit comme un guide possédant 20 ans d’expérience au Labrador, qui faisait découvrir la rivière aux touristes et qui savait manier le filet de pêche.

Des amis du défunt provenant du monde entier ont laissé des messages sur son avis nécrologique en ligne, le décrivant comme un passionné de plein air et un guide patient.

«Sa passion pour la vie, son amour du plein air et son dévouement pour sa famille étaient contagieux et vivront éternellement», a écrit l’un d’entre eux.

Trois corps, dont celui de M. Winsor, ont été retrouvés depuis l’écrasement. Quatre hommes, soit le pilote québécois Gilles Morin, les frères américains Matthew Weaver et John Weaver III, ainsi qu’un autre guide de pêche de Terre-Neuve-et-Labrador, sont toujours portés disparus.