Copropriétaire d’OSBLOCK, Claude Chassé aurait souhaité un peu plus de support de la part de Québec.

L'entreprise OSBLOCK reproche au gouvernement québécois son manque de soutien

Les propriétaires d'OSLBLOCK se sentent délaissés par le gouvernement. Alors que Québec martèle depuis plusieurs années l’importance de développer les produits du bois à valeur ajoutée, l’entreprise de Saint-Henri-de-Taillon, spécialisée dans la deuxième et la troisième transformation, ne recevrait pas le soutien nécessaire pour déployer ses ailes à l’international.

Au cours des derniers jours, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a annoncé une nouvelle enveloppe de 827 millions $ pour les produits innovants du bois. Une annonce qui a fait sursauter les dirigeants d’OSBLOCK, qui venaient d’essuyer un refus pour obtenir une aide financière du gouvernement.

« Les bottines ne suivent définitivement pas les babines. D’un côté, on dit qu’on veut soutenir les produits innovants. Mais on n’a pas reçu de soutien de la part du gouvernement pour un produit innovant issu de la forêt », laisse tomber Claude Chassé, copropriétaire de l’entreprise également détenue par Marco Tremblay, fondateur de Patriote.


«  Les bottines ne suivent définitivement pas les babines.  »
Claude Chassé

L’invention d’OSBLOCK a nécessité trois ans de développement et de tests, et plus d’un million $ en investissements. L’usine laboratoire produit chaque jour des blocs pour deux à trois maisons. OSBLOCK est présente dans plusieurs quincailleries au Québec, et les propriétaires visent la fabrication de cinq maisons par quart de travail.

L’usine fabrique deux à trois maisons par jour. Un agrandissement est nécessaire pour faire grimper la production à cinq résidences par quart de travail.

Lancé il y a quelques mois à peine, le produit attire les acheteurs à l’international. Pour répondre à la demande actuelle et à celle imminente de l’étranger, la construction d’une deuxième usine est devenue nécessaire, selon les propriétaires, qui ont besoin de l’aide de Québec pour déployer davantage leurs ailes.

« Nous avons des approches sérieuses au Mexique et au Koweït. On a aussi des demandes pour ouvrir des usines ailleurs. Mais pour vraiment se déployer, il faut agrandir nos installations de Saint-Henri-de-Taillon. Les plans sont déjà faits, et on souhaite qu’elles soient fonctionnelles pour avril 2019, au plus tard », insiste M. Chassé.

Les entrepreneurs prévoient investir 2,5 millions $ pour cette deuxième usine. Investissement Québec a fait un prêt de 170 000 $. Innovation bois a accepté de donner une subvention de 40 000 $, qui sera versée uniquement en 2022, aux dires des propriétaires.

« Les institutions financières sont plus frileuses, si le gouvernement ne fait pas sa part. Avec leur soutien, ça donne un beau signal. Mais pour des raisons qu’on ignore, on n’a pas été aidés », confie M. Chassé, indiquant que le travail de représentation a été bien fait.

L’entreprise pourrait refaire des demandes, mais il s’agit de coûts supplémentaires. « On a dû mettre 10 000 $ pour les démarches. On aurait préféré prendre cet argent et le mettre ailleurs », admet M. Chassé, qui estime que le processus pour recevoir un soutien gouvernemental est trop lourd.

Les propriétaires demeurent toutefois optimistes. Des investisseurs étrangers se sont aussi montrés intéressés. « On ne veut pas que ça parte de la région. C’est un produit qui a été conçu entièrement ici. Et on a une belle équipe d’employés », affirme-t-il, admettant que des opportunités pour déplacer la production se sont présentées.