La direction des structures du ministère des Transports du Québec étudie en ce moment la possibilité de laisser, pour la période hivernale, les batardeaux qui entourent toujours deux piliers du pont Dubuc et sont maintenant coincés par l'épaisse couche de glace qui recouvre la rivière.

L'entrepreneur veut laisser les batardeaux

La direction des structures du ministère des Transports du Québec étudie en ce moment la possibilité de laisser, pour la période hivernale, les batardeaux qui entourent toujours deux piliers du pont Dubuc et sont maintenant coincés par l'épaisse couche de glace qui recouvre la rivière.
Selon le porte-parole du ministère des Transports, Jacques Nadeau, la demande a été faite au ministère par les Entreprises Rosario Martel et leur filiale Construction CGP inc. d'Alma. Cette affaire détonne de la situation qui a prévalu pendant la fermeture du pont Dubuc alors que le ministère des Transports du Québec semblait surtout pencher pour un retrait de ces structures temporaires qui permettaient d'isoler les piliers pour les opérations de recouvrement de béton.
« L'entreprise a logé une demande au ministère. Elle a été transmise à la direction des structures pour déterminer si la présence des batardeaux comportait des risques pour les piliers avec le mouvement des glaces », a insisté Jacques Nadeau.
Depuis le retour de la période des vacances des Fêtes, il n'y a pratiquement plus d'activité sous le pont Dubuc, à l'exception des travaux pour démanteler les passerelles et sécuriser le site. Les travaux de solidification du pont sont terminés et Construction Proco doit maintenant fournir au ministère des Transports les plans définitifs de ce qui a été réalisé.
Le ministère travaille en même temps à établir les coûts de la réparation du pont Dubuc. Selon le porte-parole, les factures sont transmises aux fonctionnaires qui vérifient la facturation des différentes entreprises qui ont oeuvré sur la structure (acier et échafaudage). Normalement, le ministère des Transports du Québec tient à jour une liste de prix pour les différents travaux à réaliser sur les structures d'acier ou de béton. Dans le présent cas, il s'agit d'un contrat de gré à gré.
Jacques Nadeau a toutefois indiqué que le ministère allait dévoiler cette information dès que toutes les factures découlant des travaux seront vérifiées.
En ce qui concerne l'enquête, le ministère n'en sait pas plus que ce que contiennent les différents documents transmis par l'entreprise responsable du chantier à la Commission de la santé et sécurité au travail (CSST.
« Concernant l'enquête et analyse de l'accident, les causes de l'incendie ne sont pas encore établies de façon précise. En raison de la complexité de l'enquête, l'employeur a demandé un rapport verbal aux quatre ingénieurs des compagnies d'assurances », signale le rapport transmis à la CSST et daté du 20 décembre.
« Actuellement, aucun indice ne permet de définir la source de l'incendie. Toutes les sources potentielles accessibles ont été prélevées et sont entreposées dans un conteneur et scellées pour expertise », ajoute l'auteur du rapport.
Le Quotidien avait également rapporté après l'incendie que beaucoup de matériel avait été submergé par l'eau avec l'interruption des pompes endommagées par les flammes. La cause des incendies est reliée aux trois appareils de chauffage utilisés pour éviter que le béton se dégrade en raison du froid ou un feu d'origine électrique provoqué par le système de pompage.
Le suivi du dossier de l'incendie du pont risque de se retrouver devant les tribunaux. Dans ce genre de sinistre, les compagnies d'assurance travaillent habituellement en fonction des niveaux de responsabilité des différents intervenants. Dans le dossier du pont Dubuc, le responsable du chantier est l'entreprise Rosario Martel et sa filiale. L'installation des appareils de chauffage au diesel a toutefois été acceptée par le groupe de génie-conseil Genivar qui assurait la surveillance des travaux pour tout le contrat de réfection des piliers pour le compte du ministère des Transports du Québec.
Les surveillants de chantier ont obligatoirement été infirmés par l'entrepreneur de l'utilisation du système de chauffage puisque cette pratique avait pour but de compléter le séchage du béton selon les normes exigées dans l'industrie de la construction pour ce type d'ouvrage.