L'entrepreneur Paul Boivin met en demeure la Ville de Saguenay

Émilie Morin
Émilie Morin
Le Quotidien
L’homme d’affaires Paul Boivin exige des excuses et réclame 1 million $ à la Ville de Saguenay en réparation d’un préjudice à sa réputation et 500 000 $ à titre de dommages punitifs.

Dans une mise en demeure dont Le Quotidien a obtenu copie, les avocats de Paul Boivin, Me Isabelle Landy et Me Serge Lebel, mentionnent que les propos tenus par différents acteurs de la Ville de Saguenay portent atteinte à la réputation de leur client et à ses entreprises. Ils demandent la publication d’un communiqué d’excuses d’ici cinq jours et somment Saguenay de cesser de commenter l’affaire dans les médias.

Dans un communiqué de presse envoyé à la fin février, Saguenay avait laissé savoir qu’elle modifiait la procédure déposée en 2018 devant la Cour supérieure et réclamait dorénavant 5,5 M$ à Paul Bovin pour non-respect d’entente et représentations erronées, dans le dossier de la vente du Carrefour Racine, à Chicoutimi. Paul Boivin avait alors renvoyé la balle à la Ville, indiquant que le projet avait été interrompu par la nouvelle administration dès son entrée, en 2016, un fait qu’il réitère dans un communiqué de presse envoyé aux médias avec la mise en demeure. « À la suite de l’élection d’une nouvelle administration à Saguenay en 2017, la Ville a renié le projet du promoteur et elle a introduit des procédures judiciaires en 2018 pour annuler la vente et réclamer 4 millions $ au propriétaire, qui a répliqué par une demande reconventionnelle de 4 050 000 $. Tout projet immobilier sur cet immeuble est donc bloqué depuis le dépôt des procédures judiciaires de la Ville. »

La mise en demeure, adressée au directeur des communications de la Ville de Saguenay, Jeannot Allard, au directeur général, Jean-François Boivin, et à la directrice des Affaires juridiques, Caroline Dion, indique que « [leurs] agissements, par la publication du communiqué de presse du 27 février 2020 et par [leurs] représentations subséquentes aux divers représentants des médias sont diffamants, ont porté et continueront de porter atteinte à la réputation de nos clients ».

La démarche entourant la modification de la procédure et l’envoi du communiqué de presse est qualifiée de « malicieuse ». « Vous avez planifié la publication du communiqué avant même le dépôt de la procédure modifiée au greffe du Tribunal, sans aviser au préalable les avocats soussignés de cette démarche inacceptable, démontrant par cette manière de faire votre intention malicieuse de porter gravement atteinte à la réputation de M. Boivin et de ses entreprises.