L’entente entre la FIQ et le CIUSSS entérinée avec une forte majorité

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
L’entente historique intervenue entre la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ Saguenay-Lac-Saint-Jean) et le CIUSSS sur le rehaussement des postes a été entérinée par une majorité de 94 % au cours des assemblées générales tenues jeudi.

La présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, était visiblement satisfaite de ce résultat même si certains éléments de l’entente avaient soulevé des critiques. Ce résultat témoigne selon elle de la justesse de cette demande syndicale qui avait été déposée dans les différents établissements du réseau régional de la santé il y a 10 ans.

«C’est simplement un peu triste qu’il ait fallu que l’on se retrouve dans une pandémie mondiale très grave pour que l’on comprenne jusqu’à quel point notre réseau de la santé était fragile et qu’il fallait des mesures énergiques pour redresser la situation», a déclaré la présidente dans une entrevue accordée au Progrès.

La FIQ avait lancé l’invitation à ses membres infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, qui travaillent à temps partiel afin qu’elles fassent connaître à l’employeur ce qu’elles souhaitaient offrir comme nouvelle disponibilité. Sur une base volontaire, ces professionnelles de la santé pouvaient augmenter leur nombre de quatre jours de travail aux 14 jours jusqu’à un poste à temps complet. Pour les inhalothérapeutes, cette augmentation avait été fixée à sept jours sur 14 jours.

«Notre syndicat regroupe 3000 membres pour les trois catégories de professionnelles. Il y avait jusqu’à aujourd’hui 1400 personnes à temps partiel et l’autre moitié et un peu plus à temps complet. Selon les derniers relevés, 477 infirmières, 182 infirmières auxiliaires et 54 inhalothérapeutes ont demandé à l’employeur d’augmenter leur poste. Le décompte n’est pas encore finalisé pour savoir combien ont choisi un temps complet», reprend Julie Bouchard.

La présidente n’aurait jamais cru qu’autant de professionnelles en soins lèveraient la main pour un rehaussement des postes. Elle signale que même l’employeur a été surpris par la réponse du personnel.

Cette entente n’aura pas d’effet à très court terme et ne permettra surtout pas de combler la pénurie de main-d’œuvre dans ces trois titres d’emploi pour la pandémie actuelle. Julie Bouchard affirme que la situation actuelle est critique et qu’il n’y a pas de solution magique pour le moment.

Elle est cependant convaincue qu’à moyen et long terme, le rehaussement de plusieurs centaines de postes dans les trois titres d’emploi facilitera la gestion et permettra d’alléger sensiblement la charge de travail qui est depuis plusieurs années considérée comme démesurée pour les titres d’emploi qui dispensent les soins directs aux patients dans les hôpitaux ou résident dans les CHSLD.

«À titre d’exemple, une gestionnaire doit compter sur une équipe de base de 100 % dans une unité de soin. Avec l’application de l’entente, elle disposera d’une équipe de base rehaussée à 120 %. Lorsqu’il y aura des périodes plus tranquilles sur une unité, ça donnera un peu de répit aux équipes. Mais ces changements n’auront pas lieu demain matin.»

La FIQ régionale a toujours prétendu que le rehaussement des postes des professionnelles en soin aura aussi des effets sur le recrutement et la rétention du personnel. Dans le passé, les finissantes en soins infirmiers se faisaient offrir des «petits postes» par les hôpitaux de la région et plusieurs choisissaient de quitter la région alors que les hôpitaux des grands centres offraient des emplois à temps plein.

Les chiffres du membership de la FIQ régionale démontrent que le CIUSSS a même de la difficulté à maintenir ses effectifs dans les titres d’emploi en cause. En septembre 2019, la FIQ régionale comptait 2958 cotisantes alors qu’en octobre 2020, un an plus tard, ce nombre est passé à 2943 cotisantes.

«On ne peut pas fonctionner dans un système où il sort plus de monde qu’il en entre. C’est ce que nous vivons en ce moment.»

Avant le début de la pandémie, la FIQ évaluait au minimum le manque à gagner à plus ou moins 200 infirmières. La situation s’est aggravée avec le retrait des personnes à risque en raison de la pandémie ainsi que les congés maladie et les infirmières qui doivent quitter pour des congés de maternité.