Jean-Pierre Boivin pense que plusieurs conditions sont favorables pour qu'une aluminerie soit construite dans le Haut-du-Lac.

L'entente avec Alcoa sème l'espoir

Le projet d'aluminerie à Dolbeau-Mistassini produirait environ 400 000 tonnes d'aluminium par année. Un investissement de 2 milliards $ qui créerait près de 500 emplois.
Galvanisé par l'annonce d'un tarif réduit d'électricité accordé à Alcoa par le gouvernement péquiste, Jean-Pierre Boivin, le président du comité aluminerie, a décidé de dévoiler plus de détails sur ce projet dont le promoteur reste toujours secret. L'usine aurait donc l'ampleur de celle de Rio Tinto Alcan d'Alma.
«Le frein le plus important pour la compagnie était le prix de l'électricité. Avec ce que le gouvernement a accordé à Alcoa, soit moins de 3 cents du kilowattheure, cette nouvelle nous encourage beaucoup ", a-t-il affirmé.
Les autres éléments qui militent pour la concrétisation du projet, selon Boivin, sont : que cette nouvelle aluminerie consommerait les surplus énergétiques d'Hydro-Québec et serait génératrice de nouveaux emplois. Si on se base sur la consommation de l'usine d'Alma, celle de Dolbeau-Mistassini utilisera 750 mégawatts par année. " Nous réunissons des conditions très intéressantes. La première ministre dit qu'elle souhaite la création d'emplois pour accorder un tarif réduit d'électricité. La venue d'une aluminerie serait très profitable pour le Québec. Nous sommes plus optimistes que l'an dernier. »
Jean-Pierre Boivin entend rencontrer des ministres influents du gouvernement pour pousser le projet. " M. Trottier est au courant depuis longtemps. Nous avons rencontré le ministre de Finances Nicolas Marceau. Comme il y a une campagne électorale qui se dessine, il est temps de pousser le projet, surtout qu'il y a plusieurs conditions gagnantes ", lance-t-il.
Pas de marché
Grosse ombre au tableau, le prix de l'aluminium, les inventaires élevés et la faiblesse des marchés rendent les investissements difficiles. D'ailleurs, de nombreux projets sont sur la glace, dont la phase II de l'aluminerie d'Alma et le projet complet de l'AP-60 à Saguenay à cause du marché difficile. " Ce sont des inconvénients actuellement, mais dans cinq ans comment ça va être? On ne le sait pas. Notre projet ne se réalisera pas avant cinq ans, le climat risque de s'améliorer pour l'aluminium ", espère le préfet.
Richard Hébert
Le maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, pense aussi que les astres sont alignés. " Le contexte est très favorable. Ça ravive l'espoir. Nous avons une stratégie pour faire avancer le projet, mais on ne peut pas en parler, car c'est confidentiel ", a-t-il indiqué.