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L'enseignement en plein air gagne en popularité au Saguenay-Lac-Saint-Jean 
L'enseignement en plein air gagne en popularité au Saguenay-Lac-Saint-Jean 
En préparation de la construction de radeaux.
En préparation de la construction de radeaux.

Essor de l’enseignement en plein air

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Après avoir vu les programmes d’intervention par la nature essaimer au Québec, c’est maintenant l’enseignement en plein air qui connaît un essor impressionnant. Au Grand Air, une entreprise de Saint-Gédéon, au Lac-Saint-Jean, en fait d’ailleurs sa spécialité, en offrant des formations et des journées d’accompagnement dans les garderies, les écoles primaires et les camps de jour. Le Progrès a accompagné un groupe de tout-petits du camp de jour de Saint-Gédéon pour voir à quoi ressemble l’enseignement en plein air.

Il pleut à boire debout et le vent souffle à près de 40 km/h. Dans le parc des Pionniers, Gabrielle Gagnon attend un groupe de jeunes de 5 et 6 ans du camp de jour de Saint-Gédéon pour aller passer un avant-midi d’apprentissage en plein air.

Chaussés de bottes de pluie et d’un manteau imperméable, sept enfants arrivent, accompagnés de deux monitrices du camp de jour, sourire aux lèvres, pour venir faire leur sortie hebdomadaire de découverte en nature, organisée par Au Grand Air, une entreprise d’éducation par la nature créée il y a deux ans.

Lundi matin. Le plan de match est d’aller capturer des insectes dans le Petit Marais de Saint-Gédéon et de construire un radeau. Chaque semaine, une nouvelle thématique est explorée, comme les plantes comestibles ou l’art nature, donne en exemple Gabrielle Gagnon. « L’idée est d’encourager le jeu libre et l’émerveillement des jeunes dans la nature. »

La première destination est la tour d’observation qui surplombe le marais, à une dizaine de mètres au-dessus du sol, pour la première étape de chaque mini expédition : la lecture d’un conte sur la nature, intutilé Au pas de géant, lequel parle des insectes, le thème du jour.

Après avoir distribué des loupes, des bocaux et des pinces pour capturer et observer les petites bestioles, Gabrielle Gagnon rappelle les règles au groupe. Il ne faut pas s’éloigner des animateurs. Il faut toujours respecter la nature. On peut utiliser des objets de la nature pour faire des outils, mais pas pour en faire des armes. Et il faut toujours demander la permission avant de manger quelque chose que l’on trouve en forêt.

Comme les plantes comestibles étaient une des thématiques à l’honneur lors d’une des rencontres plus tôt cet été, les jeunes reconnaissent désormais plusieurs d’entre elles. En se promenant dans les bois, ils cueillent des trèfles, des fleurs d’épilobes ou encore du mélilot, des catherinettes et des framboises.

Une fois arrivé au marais, le petit Andy cueille une quenouille en lançant : « On doit faire des provisions. »

À la fin de l’activité, les jeunes prennent un moment pour remercier quelque chose ou quelqu’un.

« Faire des provisions est un des jeux préférés des enfants quand on vient ici », remarque Mme Gagnon.

En se promenant, les jeunes trouvent des grenouilles, capturent des escargots et différents insectes. Une fois arrivés à un petit lac, c’est le temps de construire des radeaux avec plusieurs petits bouts de bois attachés ensemble. Le radeau terminé, des jeunes décident de construire une canne à pêche, avec une quenouille en guise d’appât.

Malgré la température exécrable et la présence importante de moustiques, les enfants s’en donnent à coeur joie. Étant donné que personne ne leur a dit que ça pouvait être un problème, ils ont profité de chaque moment pour explorer, apprendre et s’amuser. « Si on est bien habillés et qu’on leur montre qu’on peut jouer sous la pluie sans chialer contre les moustiques, ils vont nous imiter, estime Gabrielle Gagnon. Ils sont naturellement heureux dans la nature. »

Selon cette dernière, le plus grand frein à l’apprentissage en nature, ce sont les adultes qui craignent de passer du temps dehors. « J’aime faire des activités avec les enfants dans des lieux communs, près de chez eux, parce qu’ils y retournent ensuite avec leurs parents, et ils leur font découvrir ce qu’ils ont appris, remarque-t-elle. Ça leur permet de s’approprier la nature et de la faire découvrir à leurs parents ».

À la fin de l’activité, Gabrielle Gagnon rassemble les jeunes et leur demande de faire un remerciement à quelqu’un ou à quelque chose. La petite Marie-Soleil dit merci aux champignons qu’elle a trouvés dans la forêt. Eyden dit merci à l’eau et à sa canne à pêche. Andy remercie son radeau et les escargots qu’il a capturés. Un beau moment de gratitude qui permet de connecter avec la nature, en ajoutant une touche spirituelle à l’activité, remarque l’éducatrice.

En retournant vers le camp de jour, le petit Vincent ne cesse de dire à quel point il a « adoré » son avant-midi.

Plus tôt cet été, les jeunes ont eu une sortie sur les plantes comestibles et les quenouilles étaient au menu!

En regardant les yeux des petits qui s’émerveillent, Gabrielle Gagnon est comblée d’avoir réorienté sa carrière d’enseignante en adaptation scolaire vers l’éducation en plein air.

Gabrielle Gagnon commence les activités en plein air par la lecture d’un conte.
Les petits ont construit un radeau avec des branches de bois lors de l’activité.
Les jeunes ont profité de la sortie pour fabriquer une canne à pêche avec une quenouille comme appât.