Le président d’honneur du Critérium provincial U16 qui sera présenté au Mont-Édouard, du 23 au 28 février, Pierre Lavoie, est entouré du président du club de compétition du Mont-Édouard, Simon Dufour, et du maire de L’Anse-Saint-Jean, Lucien Martel.

L’élite québécoise s’amène au Mont-Édouard

Disposant de la seule piste de Super-G homologuée au Québec, la station du Mont-Édouard accueillera la relève de l’élite québécoise du ski alpin du 23 au 28 février, dans le cadre du Critérium provincial des moins de 16 ans.

Au total, ce sont donc 160 coureurs âgés de 14 et 15 ans qui se pointeront dans la municipalité anjeannoise pour cette finale provinciale en slalom, en slalom géant et en Super-G. Ces athlètes, qui proviennent des quatre coins du Québec, amèneront avec eux 60 entraîneurs et de nombreux accompagnateurs qui devraient générer des retombées importantes au Bas-Saguenay.

En conférence de presse, le maire de L’Anse-Saint-Jean et président de la station anjeannoise, Lucien Martel, a rappelé que la tenue de cette importante compétition est le fruit de trois années de travail. En 2014, les gestionnaires et administrateurs de la station ont misé sur l’aménagement d’une piste de Super-G pour desservir l’industrie du ski et combler une lacune au Québec. Grâce à un investissement de 200 000 $, le centre de ski de L’Anse-Saint-Jean dispose maintenant d’un atout majeur avec l’aménagement de cette piste de compétition homologuée par la Fédération internationale de ski (FIS), la seule reconnue au Québec pour la présentation des épreuves en Super-G.

Pour bien des clubs de ski au Québec et en Ontario, voire des États-Unis, il s’agit d’un secret bien gardé. D’une longueur de 1,4 km, avec un dénivelé de 390 mètres et des pentes de 15 à 52 degrés d’inclination, la piste serait même conforme pour accueillir une épreuve de la Coupe du monde.

Pour accueillir cet événement, les hôtes devront miser sur une équipe importante de bénévoles (60 par jour) et le centre de ski devra répondre à des normes strictes, souligne Simon Dufour, président du club de compétition du Mont-Édouard. La station devra aussi garantir que la neige sera au rendez-vous à la date prévue.

Fort du partenariat avec Ski Québec Alpin, le Mont-Édouard pourra obtenir une reconnaissance provinciale afin de mettre en valeur la qualité de ses installations et de son organisation ainsi que les caractéristiques uniques de la montagne qui permettent de faire évoluer les skieurs de haut niveau. Et comme il existe des compétitions provinciales de ce genre pour plusieurs groupes d’âge, cette première ouvre la porte à d’autres événements semblables au cours des prochaines années.

Préfet de la MRC de Fjord, Gérald Savard, a pour sa part annoncé l’octroi d’une commandite de 40 000 $ pour la tenue de cette finale qui servira aussi de sélection en vue des championnats canadiens. M. Savard a profité de l’occasion pour rappeler les atouts du vaste terrain de jeu que représente le territoire de la MRC, incluant le Bas-Saguenay.

Retombées majeures 

Avec la reconnaissance obtenue par la FIS, le maire anjeannois s’attend à ce que la présence de la piste génère des retombées de 736 000 $ en retombées économiques directes au Bas-Saguenay, soit 476 000 $ découlant de la tenue du critérium provincial et quelque 260 000 $ résultant des camps d’entraînement qui seront tenus. À cela s’ajouteront des retombées de 450 000 $ provenant des dépenses en hébergement, restauration et autres activités sur l’ensemble du territoire, lesquelles seront bonifiées par les dépenses dans le milieu des quelque 200 parents et amis qui suivront les jeunes athlètes.

« Cette piste est un atout non seulement pour le développement de la station du Mont-Édouard, mais aussi pour tout le Bas-Saguenay, souligne Lucien Martel. Déjà de nombreux clubs de compétition du Québec et de l’Ontario s’invitent pour y tenir des camps d’entraînement générant ainsi d’importantes retombées économiques. Il s’agit d’une nouvelle clientèle qui amène de nouveaux revenus pour la station. »

Mentionnons enfin que le club de compétition du Mont-Édouard est le plus important de la région, avec quelque 65 jeunes et 11 entraîneurs.

Lors du Critérium, le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait déléguer jusqu’à 10 coureurs (cinq garçons et cinq filles).


Cette piste est un atout non seulement pour le développement de la station du Mont-Édouard, mais aussi pour tout le Bas-Saguenay
Lucien Martel

Vibrant plaidoyer de Pierre Lavoie pour L’Anse-Saint-Jean

Président d’honneur du Critérium provincial U16 présenté au Mont-Édouard en février, Pierre Lavoie a livré un vibrant plaidoyer en faveur de L’Anse-Saint-Jean, son village natal, et de son potentiel récréotouristique à développer, vendredi, en conférence de presse.

Pour le cofondateur du Grand défi qui porte son nom, la piste de Super-G homologuée par la FIS constitue un premier pas vers de nouvelles phases de développement pour la petite municipalité accrochée en bordure du fjord. Pierre Lavoie voit grand pour son patelin d’origine. Il s’est même pris à rêver que la station du Mont-Édouard devienne un centre national d’entraînement.

« Cette piste (homologuée) va faire toute une différence. On a déjà une reconnaissance au Québec et auprès d’équipes américaines qui vont venir s’entraîner, en raison du dénivelé assez important. 53 degrés de pente, c’est magique ! Avec cette piste, les équipes viennent s’entraîner, mais on peut aussi créer des événements », indique d’abord Pierre Lavoie

La compétition provinciale pourrait être le premier jalon d’un projet plus ambitieux.

« Le premier pas va se faire avec cet événement (critérium) dont je suis le président d’honneur, fait-il valoir. On va se faire reconnaître comme un lieu exceptionnel. On est déjà reconnu comme centre d’entraînement, mais il faut se faire reconnaître pour être, éventuellement, un centre national d’entraînement. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas (l’être). On a le site et la neige. C’est l’endroit où il tombe le plus de neige depuis cinq ans au Québec. Donc tout est en place pour faire quelque chose d’unique. »

Sortie de l’ombre

Porte-parole du Mont-Édouard depuis plusieurs années, Pierre Lavoie s’est dit heureux que la station anjeannoise soit sortie de l’ombre et figure maintenant parmi les plus belles destinations de ski du Québec. Il a d’ailleurs rendu hommage « aux visionnaires » qui ont su voir le grand potentiel de la montagne et qui se sont tournés vers un positionnement récréotouristique lorsque la crise forestière a frappé.

« C’était génial et il fallait travailler fort ! Mais derrière cette montagne, il y en a d’autres, ajoute-t-il. Les plus hauts plateaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont là, à 10 kilomètres derrière le mont Édouard. Il y a le plateau du lac Poulin qui est à 1140 mètres de haut. C’est un endroit unique à côté de la Sépaq et des Hautes-Gorges, avec un potentiel fou. (...) Ce sont des plateaux exceptionnels et le Mont-Édouard en est la première pièce. On serait capables de recevoir du monde et on va y travailler. »

L’Ironman aimerait aussi que le secteur développe encore plus le ski haute-route. Il est convaincu que ce site exceptionnel pourrait attirer la clientèle européenne férue de ski haute-route.

« Au début, c’était la montagne et là, c’est une piste reconnue par la FIS, mais on peut faire beaucoup plus. Continuons d’avancer tout doucement », plaide-t-il, en précisant que l’essor aura besoin de supports (financiers) pour se concrétiser.

Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour remercier les « organisateurs qui ont pensé aller plus loin (avec la piste homologuée) et à ceux qui vont supporter monétairement ce produit d’appel ».

Visite d’Érik Guay 

L’Olympien Érik Guay, médaillé d’or du Super-G aux Mondiaux 2017 à Saint-Moritz, devrait venir dévaler la piste homologuée du Mont-Édouard d’ici la tenue de la compétition provinciale. Pierre Lavoie a rapporté son propos en conférence de presse : « Érik Guay applaudit l’aménagement de cette piste. Ses amis venaient s’entraîner à L’Anse-Saint-Jean et tout le monde lui en parlait. Il a hâte de venir essayer la piste cet hiver pour la dompter. »