Louis Vachon, le grand patron de la Banque Nationale, croit que l'avenir de l'économie régionale passe par le savoir.

L'économie se porte bien, selon le président de la Banque Nationale

Selon le président et chef de la direction de la Banque Nationale, «l'économie mondiale est en accélération.»
Louis Vachon estime que la croissance de l'économie est tirée vers le haut par les pays émergents. «C'est à peu près assez garanti que la croissance des pays émergents va être plus forte d'ici 20 ans», a-t-il indiqué.
Le pays suit la parade et l'économie se porte de mieux en mieux. «Au Canada, il y a une croissance modérée à 2% et le Québec va relativement bien. En 2016, il y a 86 000 emplois créés avec un budget équilibré. C'est venu prouver qu'on n'a pas besoin de déficits pour créer des emplois. Sinon la Grèce serait #1 dans la création d'emplois. Au Québec les exportations continuent d'être à la hausse et le taux de chômage est très bas. C'est lié en partie au bassin de main-d'oeuvre qui baisse. Ailleurs au Canada ça se maintient, car ils ont plus d'immigration que nous», a analysé l'arrière-petit-fils de Joseph-Arcade Vachon et Rose-Anna Giroux, les créateurs des petits gâteaux Vachon.
Louis Vachon s'est attardé à l'économie régionale, basée sur les ressources naturelles. «Créez des jobs ici et vous allez maintenir votre population. Aujourd'hui, il y a plus d'emplois à Montréal que dans tout le reste du Québec. Ce n'est pas une loi de la nature qu'il doit se créer plus d'emplois à Montréal. Ici, il faut travailler sur l'immigration et le développement économique. Il faut aussi investir en productivité», a-t-il poursuivi.
Dans la même veine, il s'est réjoui de la place qu'occupent maintenant l'entrepreneuriat, et sa valorisation, dans le discours, ciblant au passage la présence d'une émission comme Dans l'oeil du dragon à Radio-Canada. Il a rappelé que le Québec partait de loin alors «qu'il y a 60 ans, les patrons parlaient anglais et nous on faisait la ''job''. Ensuite, il y a eu une grande génération d'entrepreneurs ici avec les Serge Godin (CGI), Alain Bouchard (Couche-Tard) et Charles Sirois. C'est une des plus grandes cohortes d'entrepreneurs de l'histoire du Canada», a mentionné Louis Vachon.
L'importance du savoir
Il a de plus ciblé l'importance du savoir dans l'économie de demain. Il a donné l'exemple des villes de Detroit et Pittsburgh. «Detroit était une des villes les plus riches il y a 40 ans. Pittsburgh a subi le même sort. Mais à Pittsburgh aujourd'hui vous ne verrez aucune aciérie dans la ville. À Pittsburgh, ils ont utilisé leur université pour repositionner leur économie. Aujourd'hui, on est très content d'être partenaire avec l'UQAC. C'est important de faire du maillage avec les cégeps et l'université», a-t-il professé.
Pas de fermetures en vue
Dans un horizon de 10 ans, la Banque Nationale entend conserver ses 12 succursales au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«Mais elles vont être de 20 à 30% plus petites», a annoncé le président et chef de la direction, Louis Vachon, lorsque rencontré par Le Progrès à la suite d'une conférence donnée à l'hôtel Le Montagnais mercredi midi. Il y était invité par le Centre d'entrepreneuriat et d'essaimage de l'Université du Québec à Chicoutimi qui en avait profité pour inviter une brochette intéressante d'entrepreneurs de la région.
«Une marque forte a besoin d'un réseau physique. On l'a vu avec des entreprises comme Apple et Amazon», a-t-il ajouté.
Louis Vachon reconnaît qu'éventuellement il y aura «un peu moins» d'employés dans les succursales. Mais selon lui, les embauches dans les autres branches de l'entreprise compenseront amplement. «Il y a des secteurs où on va embaucher plus», anticipe-t-il.
La Banque Nationale, à l'instar de ses concurrents, traverse un grand changement technologique. «On sait que la clientèle s'adapte et veut plus de services mobiles», a-t-il souligné. Il a expliqué que son entreprise déploie beaucoup d'efforts pour supporter ses clients, mais surtout ses employés dans tous ces changements. Sa philosophie de déploiement comprend trois piliers. «On communique, on chemine et on cadence», a-t-il indiqué. L'étape du cheminement avec les employés comprend la formation. Et pour ce qui est de la cadence, il est déjà arrivé que l'entreprise ralentisse une implantation après avoir réalisé qu'elle allait trop rapidement.
La Banque Nationale accorde beaucoup d'importance à ses employés plus âgés. «Nous sommes très bons à travailler avec nos employés expérimentés. La moitié des employés qui prennent leur retraite se représente le lendemain matin pour travailler. Ils sont embauchés comme consultants. Et sur cinq ans, c'est 30% qui sont encore là.»
Visite d'un jour
Lors de sa présence d'un jour en sol saguenéen, le dirigeant a effectué des visites de succursales. Il s'est également rendu chez le Groupe Gilbert et Sotrem-Maltech. La Banque Nationale compte 12 succursales et deux points de services dans la région. Louis Vachon a profité de sa conférence pour rappeler que la première succursale a été ouverte dans la région à Roberval... en 1895! La Banque Nationale a été fondée en 1859 à Québec par sept familles francophones.
Trump, la boîte à surprises
«Les États-Unis vont quand même assez bien. Les taux d'intérêt ont monté. Le grand point d'interrogation c'est Donald Trump qui est une boîte à surprises. On en a pour quatre ans de boîte à surprises», prévoit le grand patron de la Banque Nationale, Louis Vachon.
Du côté économique, il espère deux choses qu'il qualifie de simples, de la part du nouveau président américain. «S'il ralentit un peu la surréglementation. Aussi, ils commencent à avoir besoin d'un programme d'infrastructures. À certains endroits, ça fait dur. S'il fait ces deux choses-là, ça va être ben correct.»