Les jeunes n’ont plus accès à leurs crochets et ne peuvent qu’utiliser leur bureau. La boîte à lunch doit donc être déposée à côté de leur bureau. Pour le dîner, ils doivent demeurer à ce même bureau et n’ont pas accès à un frigidaire ou un micro-ondes.
Les jeunes n’ont plus accès à leurs crochets et ne peuvent qu’utiliser leur bureau. La boîte à lunch doit donc être déposée à côté de leur bureau. Pour le dîner, ils doivent demeurer à ce même bureau et n’ont pas accès à un frigidaire ou un micro-ondes.

L'école sera méconnaissable lundi

Des milliers d’élèves retrouveront leur école, lundi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais elle sera plus différente que jamais.

Exit les cours de musique, d’éducation physique ou d’arts visuels. Les jeunes, qui doivent avoir constamment les cheveux attachés, ne feront que les matières de base. L’école primaire, qui bannit maintenant casquette et chapeau, accueille des groupes de 15 pour laisser une distance de deux mètres entre les bureaux, rendant la tricherie ou le passage de papier impossible.

Les élèves devront se laver les mains des dizaines de fois par jour. À leur arrivée, ils ne peuvent pas jouer dans la cour d’école et doivent rentrer un à un dans l’établissement où une première station de lavage de mains les attend. Ils se rendront ensuite à leur classe, une nouvelle ou l’ancienne, et devront encore une fois se laver les mains avant de mettre les pieds à l’intérieur. Si un jeune veut jeter quelque chose dans la poubelle ou se moucher le nez, il devra sortir de la classe. La poubelle et les papiers mouchoirs ont été déplacés dans le passage. Il devra se laver une fois de plus les mains, avant de réintroduire la classe.

Les abreuvoirs sont condamnés, donc les parents ne doivent pas oublier de donner une bouteille d’eau à leur enfant. Il n’y a aucune autre option d’hydratation. La bouteille d’eau et la boîte à lunch sont les seules choses que les jeunes peuvent amener de la maison. Mais comme bien des Québécois qui ont apprisà désinfecter leurs aliments à leur retour de l’épicerie, les enfants devront aussi nettoyer leur casse-croûte à leur arrivée à l’école.

Les jeunes ne pourront cependant pas partager leur repas avec plusieurs amis. Chaque élève doit demeurer à son bureau pour manger son sandwich et ses crudités. Il n’y a pas de micro-onde ou de réfrigérateur accessible, donc le thermos est de mise pour les parents qui préfèrent donner un dîner chaud ou froid. Les jeunes peuvent aussi retourner à la maison pour le dîner, mais le transport scolaire n’est pas offert.

Les parents ne doivent pas oublier de donner une bouteille d’eau aux enfants, car les abreuvoirs sont condamnés.

Comment bouger

Est-ce que mon enfant passera sa journée assis au même bureau, se demandent bien des parents? En effet, une bonne partie de la journée se déroulera dans la classe. Mais les écoles rivalisent d’imagination pour faire bouger les jeunes et changer leur décor.

« Les récréations durent maintenant 30 minutes, ce qui aidera. Mais les jeunes doivent demeurer à deux mètres les uns des autres», rappelle Véronique Leclerc, responsable des communications à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean.

« Les enseignants vont également sortir leur classe à l’extérieur, lorsque ça sera possible. Les jeunes pourront consolider leur apprentissage dehors. Nous allons également utiliser le numérique dans les classes pour que ça soit plus dynamique comme milieu. »

Les élèves devront suivre les flèches au sol et se laver les mains à toutes les stations. Il y a d’ailleurs deux stations de lavage avant de rentrer dans la classe.

La majorité des écoles primaires adoptent les mêmes mesures, dictées par la Santé publique. Mais il y a des différences d’un établissement à l’autre. Par exemple, seule la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean accueillera l’entièreté de ses élèves dès lundi. Les autres commissions scolaires ont préféré un accueil progressif.

À la Commission scolaire Lac-Saint-Jean, chaque école accueille un professionnel en psycho soutien pour répondre aux besoins des jeunes et des parents. « Normalement, ce professionnel se promène d’une école à l’autre. Mais là, on trouve que c’est important d’en avoir un dans chaque établissement », précise Mme Leclerc.

Avec une trentaine de classes de plus, la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean a demandé aux enseignants de spécialités de prendre la relève de l’enseignement de base.

« Tout ce qui touche aux membres du personnel, c’est un défi. Mais on a réussi à avoir un enseignant pour toutes les classes, sans faire appel à nos enseignants du secondaire. Les spécialistes ont pour la plupart leur formation en enseignement primaire. Mais ils sont soutenus par les enseignants titulaires. »

Les élèves devront s’habituer à voir des lieux interdits et fermés par du ruban rouge.

Les enseignants du primaire qui ne peuvent retourner travailler dans l’école s’occuperont de l’enseignement des enfants qui demeurent à la maison.

Secondaire

Les jeunes du secondaire aussi doivent retourner à l’école, mais à distance. En effet, si la poursuite des cours était optionnelle, elle devient obligatoire lundi.

« Les élèves seront évalués, ils auront des travaux. Les enseignants prennent aussi, en parallèle, une formation avec la TÉLUQ pour l’enseignement à distance », rappelle Véronique Leclerc.

Les écoles se disent prêtes à accueillir les jeunes et à faire l’école à distance, mais les commissions scolaires s’attendent à des ajustements.

« On tend à être le plus prêt possible. Possiblement qu’il y aura des ajustements à faire, selon la réaction des enfants. Mais les enseignants semblent confiants à réussir ce défi. Ils ont hâte de retrouver leurs élèves», constate la responsable des communications.