Sur la photo, la directrice Marie-Josée Villeneuve, son adjointe Nadia Rose, Lea Houde (5e année), Thomas Desbiens (2e année) et Jade Bouchard (2e année).

L’école Médéric-Gravel se démarque

Depuis l’implantation du projet Arc-en-ciel au printemps dernier, l’école primaire Médéric-Gravel de La Baie n’est plus la même. Avec l’appui de l’ensemble du personnel, la direction a décidé de prendre l’intimidation de front. En sept mois, le nombre de cas de violence dans la cour de récréation a dégringolé. L’école s’est même retrouvée finaliste pour l’obtention d’un prix national remis par le gouvernement du Québec.

« C’est parti de simples seaux de plastique et de quelques billets pour récompenser les bons comportements et aujourd’hui, on constate une baisse considérable de la violence et de l’intimidation à l’école. Avant, on pouvait retirer jusqu’à 43 enfants par jour. On éteignait constamment des feux. Aujourd’hui, on en a environ 150 par mois qui vont au local La Marée pour rencontrer les éducateurs dédiés à la gestion du plan de lutte contre l’intimidation. Là-dessus, plus de 50 pour cent y vont en prévention », explique Nadia Rose, directrice adjointe de l’école Médéric-Gravel.

Grâce au projet Arc-en-ciel, l’établissement fréquenté par 370 élèves de la maternelle à la sixième année s’est démarqué dans le cadre du concours « Ensemble contre l’intimidation », organisé par le ministère de la Famille du Québec (MFQ). 

Un total de 43 projets ont été soumis par des individus, des organisations ou des écoles de partout en province. Neuf ont été retenus, dont celui de Médéric-Gravel dans la catégorie scolaire. Il s’agissait du seul établissement d’enseignement primaire. 

Et comme le souligne Nadia Rose, les deux autres établissements ont déposé des projets bien rodés, cumulant chacun une dizaine d’années d’ancienneté.

« On avait un projet embryonnaire, un projet bébé qui n’avait que trois ou quatre mois quand on l’a présenté. Pour nous, juste d’être parmi les trois finalistes de notre catégorie, ç’a été notre prix, notre victoire. On a pu dire à nos élèves : ‘‘c’est grâce à vos comportements qu’on a été reçus à l’Assemblée nationale et qu’on va continuer de rayonner », poursuit la directrice adjointe, qui aimerait bien soumettre un dossier à nouveau l’an prochain.

Prévention et non punition

La directrice de Médéric-Gravel, Marie-Josée Villeneuve, explique que le projet Arc-en-ciel est le prolongement de l’approche Nurture, une philosophie qui prône la réponse aux besoins socioaffectifs de l’enfant.

« On travaille dans une approche préventive au lieu de punitive. On favorise le renforcement positif et les comportements prosociaux. Quand on a fait notre sondage SEVI sur la violence et l’intimidation l’an dernier, on s’est rendu compte qu’il y avait un problème. Autant les enfants que les adultes trouvaient que la cour d’école n’était pas sécuritaire. On a ciblé quatre comportements positifs et on a décidé de féliciter les élèves qui les adoptaient », énonce Marie-Josée Villeneuve.

S’ils prennent soin des autres, jouent en harmonie, résolvent leurs conflits en évitant le rapportage et démontrent une attitude positive face aux demandes des adultes, les enfants récoltent un billet qu’ils peuvent déposer dans un seau. Le vendredi, un tirage a lieu et quatre élèves sont mis en valeur. Leurs noms et visages sont épinglés sur un babillard bien en vue dans l’école et diffusés sur la page Facebook de Médéric-Gravel, de façon à mousser leur comportement gagnant et à faire rayonner l’école dans sa communauté.

« On a même créé une mascotte, Rainbow, qui sort aux récréations. Ce sont nos jeunes médiateurs qui font la mascotte. Le projet a eu un impact incroyable sur notre plan de lutte contre l’intimidation et on a remarqué une baisse des gestes de violence. On a trouvé une approche axée sur les actions positives et le développement des habiletés sociales. On n’est plus dans la punition, on est dans une philosophie développée dans un cadre ludique qui est porteuse de succès », conclut Nadia Rose.