L'école à la maison au choix des parents, proposent des élus de Saguenay

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Des élus de Saguenay proposent à Québec de permettre aux parents de garder leurs enfants à la maison pendant 14 jours s’ils le souhaitent, pour faire baisser la pression sur le système de santé de la région.

Des élus de Saguenay proposent à Québec de permettre aux parents de garder leurs enfants à la maison pendant 14 jours s’ils le souhaitent, pour faire baisser la pression sur le système de santé de la région.

Quelques heures après la confirmation de quelque 200 nouveaux cas au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le député péquiste Sylvain Gaudreault, de concert avec les conseillers municipaux Julie Dufour et Michel Potvin, estime qu’il est temps de faire les choses autrement pour aider le personnel à bout de souffle. Ce dernier a aussi entamé les démarches à la Ville de Saguenay pour vérifier si des employés municipaux pouvaient venir prêter main-forte au réseau de la santé, dont des concierges.

« Je suis bouleversé par ces nouveaux chiffres et aussi par le cri du coeur de Julie Bouchard (présidente de la FIIQ). Je pense que les écoles, la Santé publique doit s’en mêler. S’il y a des parents qui sont en télétravail et qui veulent garder leurs enfants 14 jours, regardons si c’est acceptable », plaide Sylvain Gaudreault.

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En effet, plus d’une cinquantaine d’écoles de la région sont touchées par des personnes infectées. Ce nombre ne cesse de grimper depuis la dernière semaine. Les jeunes qui entrent directement en contact avec une personne infectée sont retirés de l’établissement. Toutefois, un frère ou une soeur qui n’est pas dans la même classe peut continuer de fréquenter son établissement scolaire, augmentant ainsi les risques de contamination. L’école ne permet pas au parent de retirer un enfant, même si un autre enfant est retiré. 

« À mon bureau, on reçoit beaucoup de témoignages de parents inquiets, qui ne comprennent pas trop l’enjeu de la fratrie. Est-ce qu’on pourrait offrir aux parents le choix ? J’aimerais que la Santé publique nous réponde là-dessus », lance M. Gaudreault. 

Il y a quelques jours à peine, le ministre de la Santé Christian Dubé était de passage dans la région. Lui et sa collègue Andrée Laforest ont invité la population à redoubler de prudence et demandé aux élus de s’impliquer pour amenuiser la crise. 

« Je pense que plusieurs parents sont prêts à tendre la main pour aider à faire baisser la pression sur le système de santé. On a été interpellé par les ministres pour essayer de changer de couleur pour passer au orange. On comprend qu’on est dans une situation critique et que les écoles sont durement touchées. Si ça peut donner un coup de main, donnez-nous les devoirs et on gardera les enfants à la maison pendant 14 jours, du moins les parents qui le peuvent », propose Julie Dufour qui, avant d’être conseillère, travaillait dans le monde de l’intervention et l’éducation. 

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« Parce qu’on a beau nous répéter de nous laver les mains et mettre le masque, les gens le font ici. Tout est fermé, dans les milieux de travail, les mesures sont sévères, les restaurants sont fermés. Quoi faire de plus pour aider le système de santé ? Et il y a une espèce de dualité dans les mesures que la population a du mal à comprendre. On veut protéger les enfants qui sont dans une classe touchée par un cas, mais on ne retire pas son frère qui partage pourtant le même domicile. Ce qu’on constate, c’est que les fratries contaminent les autres classes et ça ne peut que se répandre comme une traînée de poudre », estime Mme Dufour. 

Les élus ne militent toutefois pas pour une fermeture des écoles, car pour certains parents, il est impossible de quitter le travail. « C’est davantage une suggestion, parce que je crois que plusieurs parents choisiront de garder leurs enfants à la maison. Pas parce qu’ils ont peur d’attraper le virus, mais plutôt pour faire baisser la pression sur le système de santé », précise Mme Dufour. 

Michel Potvin a quant à lui demandé à la direction générale de vérifier si certains employés municipaux pouvaient donner un coup de main au réseau de la santé. Aucune demande formelle n’a été faite toutefois de la part du CIUSSS. « Si on peut aider, pourquoi pas ? Il y a des bâtiments qui sont fermés et on a peut-être des gens à l’entretien qui pourraient prêter main-forte », laisse tomber M. Potvin.