Le bénévole Yvon Larouche et l’intervenant en travail social Jean-Michel Simard accueillent les apprentis ébénistes les mardis, mercredis et jeudis à Saint-Félicien.

L’ébénisterie comme agent de socialisation à Saint-Félicien

L’ancienne caserne de pompiers de Saint-Félicien, située au sous-sol de la Maison de la culture, a une seconde vie : elle s’est transformée en véritable atelier d’ébénisterie et de menuiserie.

Scies, perceuses, ensembles de serre-joints, colle, vis, tout y est. Sur place, Yvon Larouche, un retraité de la construction, aide les participants à mettre à terme leurs projets personnels. Tout le matériel qui se trouve dans ce grand local, surnommé le Café-Madriers, est à lui et il le prête gratuitement à qui le veut bien. Il n’y a qu’à fournir la matière première, le bois.

« Les outils, il faut que ça travaille, c’est comme n’importe quoi puis je voulais que mon expérience puisse être mise à contribution. J’aime les gens, j’aime parler avec eux. C’est là qu’on découvre plein de choses », soutient M. Larouche.

Un professionnel à qui se confier
Le Café-Madriers est un projet collectif piloté par l’organisme à but non lucratif Le Cran. L’initiative vise à briser l’isolement, particulièrement chez les hommes de 50 ans et plus. D’ailleurs, durant les heures d’ouverture, les mardis, mercredis et jeudis, un intervenant spécialisé en travail social prête une oreille attentive à ceux qui souhaiteraient se confier.

« Il y a très peu de ressources et d’aide pour les hommes en comparaison avec d’autres groupes comme les femmes et les enfants. En 2018, c’est quelque chose qui me surprend », explique l’intervenant et chercheur en travail social à l’Université du Québec à Chicoutimi, Jean-Michel Simard.

Un atelier pour tous
Si ce programme s’adresse à une clientèle masculine plus spécifiquement, les portes du Café-Madriers sont toutefois ouvertes à toute la population. Dès septembre, l’organisme à but non lucratif souhaite établir des plages horaires réservées pour les hommes et d’autres ouvertes au grand public. Des groupes communautaires pourront également louer les locaux pour en faire bénéficier leurs clientèles respectives.

L’organisme a obtenu une subvention de 50 000 $ par année pour les trois prochaines années, ce qui lui permet d’engager un intervenant à raison de deux jours et demi par semaine. Parmi les partenaires impliqués financièrement, on compte le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le ministère de la Famille et les fonds de développement de la MRC du Domaine-du-Roy et de la Ville de Saint-Félicien.

Le Cran entend par ailleurs acheter ses propres outils d’ici la fin de l’année, plutôt que de les emprunter à M. Larouche. Pour ce faire, l’organisme a obtenu une aide financière de 10 000 $ du programme Québec ami des aînés.

L’ouverture officielle du centre avait lieu lundi matin à la Maison de la culture, mais les locaux sont accessibles depuis l’automne. Une soixantaine de personnes les ont utilisés jusqu’à maintenant.

Le Cran tient une journée portes ouvertes le 10 juin et invite toute la population à venir.