Lebel ne peut payer

Des montants d'argent promis par le député conservateur Denis Lebel à des organismes de son comté par le biais d'ententes de publicité intervenues en 2013 n'ont pas pu être versés. Les normes et règlements ont changé entre les promesses faites par le député de Roberval-Lac-Saint-Jean et l'émission des chèques.
À la fin de l'année, les organismes qui devaient recevoir un coup de pouce de la part du député de leur conscription ont appris la mauvaise nouvelle par la poste sans que l'élu ne puisse rien faire.
Sur la missive, dont Le Quotidien a obtenu copie, il est notamment écrit que «les récentes clarifications aux règles internes nous indiquent que malgré que votre publicité nous offrait une visibilité certaine, elle contrevient aux règles, car il a été précisé que ce type de partenariat sous-entend un parrainage financier».
Bien que les montants engagés ne soient pas faramineux, il s'agit d'un coup difficile à encaisser pour certaines organisations qui comptaient sur cette aide financière de la part de leur député fédéral.
Pour d'autres, avec qui Le Quotidien s'est entretenu sous le couvert l'anonymat, la nouvelle a été décevante, mais ils n'en font pas un plat. «On ne fera pas de déficit avec ça! Nous vendrons quelques objets promotionnels et ça va compenser pour le montant que nous n'aurons pas», mentionne un représentant d'organisme qui a reçu une missive de la part du bureau du député de Roberval-Lac-Saint-Jean.
«Denis Lebel n'a aucun problème pour verser des subventions d'importance, mais lorsqu'il s'agit de petits montants comme ce que nous devions recevoir, les fonctionnaires les bloquent comme ils l'ont probablement fait pour d'autres élus fédéraux», lance un autre porte-parole qui s'est confié au Quotidien.
Réactions
La directrice du bureau de comté de Denis Lebel, Marjolaine Doucet, précise que «les députés fédéraux n'ont pas de budget discrétionnaire pour leur comté comme les députés provinciaux. Dans ce cas-ci, ce sont les critères pour les placements publicitaires et les offres de visibilité qui ont été resserrés par la Chambre des communes par souci de rigueur pour la saine gestion de l'argent des contribuables. Or, nous avons dû aviser certains organismes qui avaient obtenu une confirmation pour une publicité que malheureusement, à cause de la révision, la demande n'est plus admissible».
Mme Doucet ajoute qu'une dizaine d'organismes ont été touchés dans Roberval-Lac-Saint-Jean. Les sommes promises se chiffraient entre 100$ et 500$.
Pour avoir un coup de pouce de la part de leur député fédéral, les organisations devaient en faire la demande par courriel ou par la poste. En cas de réponse positive, elles se faisaient confirmer le montant alloué. Les bénéficiaires devaient ensuite faire parvenir au bureau de leur député une facture et une photo où l'identification du ministre apparaît en bonne et due forme. Le chèque leur était expédié quelques semaines plus tard.
«Depuis des années, c'est de cette façon que ça se passe. Cette année, après avoir attendu des mois sans avoir de nouvelles, des organismes ont interpellé le bureau du député pour savoir quand le chèque allait être émis. C'est à ce moment que l'on a reçu par téléphone la mauvaise nouvelle nous disant qu'il fallait attendre, mais qu'il y avait de fortes chances que l'on ne puisse avoir le montant promis parce que les normes ont changé. Le ministre Lebel l'a appris après avoir fait les promesses de subventions aux organismes», a témoigné une autre source.