Félix Perron (photo) et son coéquipier Geoffrey Cyr analyseront l’eau potable d’une dizaine de résidants du secteur Vauvert de Dolbeau-Mistassini dans les prochaines semaines.

L’eau potable de Vauvert sous la loupe

Deux étudiants en génie géologique de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) analyseront l’eau potable d’une dizaine de résidants du secteur Vauvert de Dolbeau-Mistassini au cours des deux prochaines semaines. Félix Perron et son coéquipier Geoffrey Cyr veulent déterminer si la présence de certaines industries, de bleuetières et de tourbières notamment, affecte la qualité de l’eau.

« Notre but n’est pas d’alarmer personne […], mais avec la présence de bleuetières, il peut y avoir des produits qui se retrouvent dans l’eau », explique l’étudiant en génie géologique, Félix Perron. 

Les résidants de ce secteur ne sont pas desservis par le réseau d’aqueduc de la ville. À l’heure actuelle, le gouvernement du Québec n’oblige pas les propriétaires qui possèdent leurs propres puits à faire inspecter leurs installations, mais suggère que leur eau soit analysée une fois par année. 

« Personne ne le fait même si le gouvernement le recommande dans le règlement », explique Félix Perron, qui est originaire de Dolbeau-Mistassini. 

Jusqu’à maintenant, une vingtaine de citoyens ont manifesté leur intérêt à participer à cette étude. Les chercheurs en herbe concentreront leurs efforts dans les quartiers de la Pointe-à-Langevin et de l’Amicale qui pourraient être plus problématiques selon eux. 

« Les canneberges, il y a peu de chance que ça se rende jusque dans ces secteurs, mais les tourbières, ça peut arriver », précise Félix Perron. 

Équipés d’outils fournis par l’UQAC, les étudiants prélèveront des échantillons pour ensuite analyser certains critères de base comme le PH, la température et la conductivité électrique de l’eau. Par la suite, ils espèrent faire parvenir les éprouvettes à un laboratoire certifié pour déterminer s’il y a ou non des microbes et des bactéries. 

Financement difficile

Les étudiants doivent cependant surmonter une difficulté majeure : chaque analyse en laboratoire coûte environ 170 $. L’UQAC peut aussi procéder gratuitement à l’analyse des données, mais ces dernières ne pourront pas être réutilisées par différents ministères et organismes publics par la suite. 

Les étudiants ont donc demandé deux subventions de 1000 $ à la municipalité de Dolbeau-Mistassini et à la MRC Maria-Chapdelaine, mais n’ont toujours pas obtenu de réponse. S’ils ne reçoivent aucun financement, les résidants qui le souhaitent pourront défrayer les coûts associés à l’analyse de leur eau ou encore s’en tenir aux résultats plus sommaires des étudiants de l’UQAC. 

Solutions proposées

Si, au terme de cette analyse, les étudiants décèlent des traces de pesticides, ils proposeront des pistes de solutions qui pourraient prendre la forme d’usine de traitement d’eau de surface ou encore de puits communs. Félix Perron et son collègue doivent remettre leur rapport au début du mois d’avril. 

Pour sa part, le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, s’est dit ouvert à entendre les conclusions de cette étude universitaire.

La CCI veut offrir une voix au monde agricole

La Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est tend la main à un milieu moins représenté à travers ses membres. Ainsi, elle souhaite se rapprocher du domaine agricole. 

Stéphane Forget, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), a profité de sa visite dans la région pour visiter la Ferme du Clan Gagnon à Métabetchouan. L’une des copropriétaires, Denyse Gagnon, participe à titre de mentore dans le programme de mentorat pour entrepreneurs à la CCI Lac-Saint-Jean-Est.

Cette visite aura permis au président-directeur général de la FCCQ de se ressourcer et de s’inspirer auprès de ceux dont le travail est effectué sur le terrain. Ce type de rencontres permet d’en apprendre un peu plus sur un domaine très peu représenté.

Même si le lien est moins naturel avec ces entrepreneurs, les enjeux restent similaires. « Ils sont, entre autres, touchés par l’automatisation, la hausse du salaire minimum et le travail saisonnier », précise Marie-Claude Deschênes, coordonnatrice à la CCI. Heureusement, de plus en plus de membres proviennent du domaine agricole et agroalimentaire. 

L’organisation qui représente 516 membres veut se rapprocher de ces entrepreneurs encore plus à travers ses actions et les activités prévues au calendrier. « L’objectif est d’offrir une voix au milieu. Nous représentons notre milieu dans tous les secteurs », précise la coordonnatrice de la CCI Lac-Saint-Jean-Est. (Annie-Claude Brisson)