Stéphane Breton, vice-président régional de Desjardins, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Charlevoix et Côte-Nord, Martin Lemay, directeur général de la Caisse Desjardins de La Baie, Luc Boivin, pdg de La Fromagerie Boivin, et Stéphane Breton, directeur du Centre Desjardins Entreprises de Saguenay, ont entouré Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, après son allocution.

Le visage humain de la croissance économique

La croissance économique des 30 prochaines années ne suivra plus les mêmes paramètres que dans le passé. Elle devra dorénavant tenir compte de nouveaux déterminants comme la propriété intellectuelle, le décrochage scolaire, la réduction des inégalités sociales, la qualité de l'air, de l'environnement et la gestion responsable de l'eau. « Ça n'intéressait pas beaucoup les entreprises. On laissait ça au communautaire, à l'humanitaire et aux écologistes. Mais on ne peut plus continuer de fonctionner comme ça. Parce que le savoir, les brevets, la redistribution de la richesse, l'éducation et la protection des écosystèmes ont un impact réel et à long terme sur la richesse. »
Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, ne croit pas que le bilan d'une entreprise doit se limiter à une colonne de chiffres. Oui, en tant que banquier, il n'y est pas insensible ; mais Desjardins, s'est-il plu à le rappeler à plusieurs reprises pendant son discours devant la Chambre de commerce du Saguenay mercredi matin, n'est pas une institution comme les autres. Elle ne cherche pas qu'à générer des profits et veut être partie prenante du développement économique régional. Tout d'abord en maintenant 1030 centres de services au Québec, dont plus de 30 % sont situés dans de petits villages, mais aussi en étant partenaire des entreprises du Québec, dont le tiers fait confiance à Desjardins, un taux qui grimpe à 50 % dans le milieu agricole.
Reprenant l'étude économique rendue publique le matin même, Guy Cormier note que 2016 fut une bonne année pour le Québec, avec une croissance économique de 1,7 % poussée par le retour des consommateurs et des investissements gouvernementaux. Et il prévoit que l'embellie se poursuivra en 2017, malgré la menace provenant d'une remontée du protectionnisme incarné par le nouveau président Trump et l'ascension de la droite en Europe (Marine Le Pen, Brexit).
Sans aller jusqu'à commenter les attaques contre le traité de libre-échange proférées par le président américain, le grand patron de Desjardins ne perd pas espoir en raison de l'interdépendance des deux partenaires commerciaux et promet d'être aux côtés des entrepreneurs québécois, peu importe l'issue du conflit latent.
La coopérative apporte déjà beaucoup d'eau au moulin, notamment avec Capital régional qui a appuyé 110 entreprises de la région au cours des 15 dernières années pour des investissements de 106 millions $.
Leadership
La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, note M. Cormier, a une croissance un peu moins soutenue que le reste du Québec, mais elle n'a pas tardé à se reprendre en main avec la vision à long terme qu'elle s'est donnée lors du Sommet économique de 2015.
« Vous avez des défis comme retenir les jeunes, attirer de nouveaux résidants et des travailleurs », a-t-il poursuivi, en invitant la salle à prendre des risques. « Accepter les risques, c'est ce qui vous distingue et comme le disait Wayne Gretzky : "Vous manquez 100 % des tirs que vous ne décochez pas" (traduction libre). »
Interrogé sur l'impact que peut avoir la disparition des organismes de concertation comme le CRCD et la CRÉ, Guy Cormier a indiqué qu'il n'existe pas de recette qui colle à toutes les régions. Selon lui, certaines ont trouvé, à travers leurs élus ou des gens d'affaires, des porte-parole qui ont su mener des luttes pour faire avancer leur communauté, et il dit avoir confiance dans les capacités du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en voulant pour preuve le sommet de 2015.
100 M $ dans un fonds de développement
Desjardins met à la disposition du Québec un fonds de développement de 100 M $. Selon Guy Cormier, la région devrait obtenir de 4 à 5 millions $.
« Nous avons pris la décision de baisser nos excédents pour redonner aux communautés. Cet argent ne sera pas distribué sous forme de prêts. Il le sera en subventions, en dons, ou en participation à l'investissement et différentes formules », a-t-il indiqué.
Desjardins compte également sur une banque d'entrepreneurs disponibles pour du mentorat.
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Desjardins est propriétaire à 42 % du plus gros parc éolien au Québec, celui de Rivière-du-Moulin situé dans la réserve faunique des Laurentides. Cet investissement fait partie du virage qu'a pris le fonds de retraite des travailleurs de la coopérative qui a investi 750 millions $ dans les énergies renouvelables et propres.
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Guy Cormier sera président d'honneur du Spectacle aérien international de Bagotville, les 24 et 25 juin. Desjardins est déjà associé à Bagotville avec la caisse des militaires et l'invitation s'est faite naturellement. Le président du mouvement sera donc dans la région tout le week-end de la Fête nationale et a bien hâte d'assister, pour la première fois, au spectacle qui génère des retombées économiques de 5 millions  $.