Jocelyn Girard tient à léguer à la collectivité un bien qui a une valeur inestimable à ses yeux: un violon qui aurait appartenu à Louis Cyr. L'objet antique pourrait bientôt être cédé au Musée de la civilisation de Québec.

Le violon de Louis Cyr

Jocelyn Girard tient à léguer à la collectivité un bien qui a une valeur inestimable à ses yeux: un violon qui aurait appartenu à Louis Cyr. L'objet antique pourrait bientôt être cédé au Musée de la civilisation de Québec.
L'ancien homme fort, bien connu à La Baie, détient l'instrument depuis une vingtaine d'années. «J'ai rencontré celui qui me l'a légué, Fernand Hébert, par hasard, lors d'un voyage en République dominicaine», raconte celui qui voue une véritable admiration à Louis Cyr et aux hommes forts de la belle époque.
Il se plaît à dire qu'il possède la même physionomie que Louis Cyr. L'homme qui approche ses 70 ans n'a pas perdu son imposante stature: il possède un tour de poitrine de quelque 60 pouces et a un poids de plus de 300 lb. Pendant sa carrière d'homme fort, il a remporté environ 300 trophées, et a même gagné le Championnat canadien des hommes forts en 1980.
«Après un moment de discussion, on s'est mis à parler de Louis Cyr, et c'est là qu'il m'a dit qu'il avait un violon qui avait appartenu à Louis Cyr», ajoute Jocelyn Girard.
Le fameux violon, Fernand Hébert l'avait obtenu de son grand-père, Cyprien Hébert, qui était un bon ami de Louis Cyr à Montréal. «À l'époque, jouer du violon était une activité populaire, et Louis Cyr en jouait dans ses temps libres à partir des années 1880, raconte Jocelyn Girard. À un moment donné, il a prêté le violon à Cyprien Hébert en échange de 20 $. Puisque M. Hébert n'a jamais eu son remboursement, il a gardé le violon.»
L'instrument de musique est ainsi resté dans la famille Hébert. Il a servi pendant plusieurs soirées festives, et aurait même vibré sous les doigts du violoneux Ti-Jean Carignan. Le violon a ensuite été oublié plusieurs années dans un placard, avant d'être récupéré par Fernand Hébert.
Après sa rencontre avec M. Hébert, Jocelyn Girard a gardé contact avec lui pendant plus d'un mois. «Il avait près de 80 ans à l'époque, et au bout de nos correspondances, il m'a dit qu'il voulait me donner le violon, indique M. Girard en montrant des documents manuscrits qui racontent l'histoire de l'objet. Il tenait à trouver la bonne personne qui allait en prendre soin. J'étais tellement content de l'avoir...»
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