«J'ai utilisé le métro en soirée samedi et il était désert, je n'avais jamais vu ça», a commenté la journaliste Sabrina Myre.

Le vide dans Paris

L'ambiance est à la peur, en France. Les rues de Paris sont désertes dès la tombée de la nuit et très peu de personnes osent s'attabler à une terrasse ou même utiliser le métro. C'est ce que constate l'ancienne journaliste de Radio-Canada Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sabrina Myre, aujourd'hui installée à Paris.
Alors qu'elle résidait déjà à Paris, Sabrina Myre a vécu de près les attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo. Mais, cette fois-ci, « l'après-attentat » revêt une signification différente.
« Je me souviens. Après Charlie Hebdo, les Parisiens s'étaient immédiatement recueillis. Le soir même, il y avait des foules de gens à l'extérieur. Présentement, ce n'est pas du tout la même chose. Le samedi soir, habituellement, les terrasses sont bondées, les restaurants et les métros aussi. J'ai utilisé le métro en soirée samedi et il était désert, je n'avais jamais vu ça », raconte Sabrina Myre, qui estime que tous les Parisiens se sentent menacés actuellement.
<p>Sabrina Myre a pris ces photos dans une station de métro de la ligne 4, habituellement bondée. Elle affirme que les Parisiens se font rares dans les rues à la tombée de la nuit.</p>
« Au moment de l'attentat contre Charlie Hebdo, nous savions que c'était les journalistes de ce média qui étaient visés. C'était tragique, évidemment. Mais, cette fois-ci, tout le monde se sent menacé, car les terroristes se sont attaqués à la population », note la jeune femme, qui ajoute que l'élan de solidarité se fait timide en France, en raison de l'état d'alerte et de la peur ambiante. « Je suis allée me recueillir samedi soir et je compte y retourner ce soir [hier]. Mais il n'y a pas beaucoup de personnes en soirée, les Parisiens préfèrent rester à la maison », ajoute-t-elle.
Généralisation
La journaliste craint maintenant la généralisation face aux musulmans, déjà palpables sur les médias sociaux. « J'ai lu beaucoup de commentaires xénophobes, au cours des derniers jours, et ça me fait peur. J'ai surtout vu des commentaires négatifs par rapport à l'accueil des réfugiés syriens. J'espère qu'on ne généralisera pas, car il ne faut pas oublier que les migrants fuient la même menace que nous, soit l'État islamique », a noté Sabrina Myre, qui a été énormément sollicité au cours des derniers jours par les médias québécois.