Le président régional de l’UPA, Mario Théberge, est content que les consommateurs aient pris conscience de l’importance d’encourager les producteurs locaux.
Le président régional de l’UPA, Mario Théberge, est content que les consommateurs aient pris conscience de l’importance d’encourager les producteurs locaux.

Le verre à moitié plein de l'UPA

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Bien que la situation du secteur agroalimentaire ne soit pas encore tout à fait rose, le président régional de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Mario Théberge, voit l’avenir d’un oeil positif.

En début de semaine, l’UPA a tenu son congrès annuel. L’organisation a misé sur une formule d’orientation, incluant un panel de gens impliqués dans la mise en marché des produits agroalimentaires, afin de donner des idées pour développer l’industrie, ce qui a particulièrement plu à M. Théberge et à ses collègues.

« C’est nouveau. Une année sur deux, on fait des réflexions profondes sur notre avenir, sur comment on peut se projeter dans le futur, mais sans avoir des résolutions et débattre sur des points et des virgules. Le climat était positif ; le ton était positif. Il n’y avait pas de contestations. C’était plaisant et on voit l’avenir d’un bon oeil. On a du retard à reprendre régionalement, mais avec les programmes en place, je pense qu’on est en voiture pour y arriver plus rapidement. »

L’UPA et M. Théberge font un constat : la situation s’est nettement améliorée, notamment en raison de la pandémie. « C’est le consommateur qui mène. Maintenant, il est conscient de l’importance de l’achat local et de l’autonomie alimentaire. C’est ce que la pandémie nous a apporté. Se nourrir, c’est un besoin vital. Quand tu n’as plus d’argent, tu vas couper partout, mais tu vas continuer de manger. On aurait pu faire de la publicité, mais on n’aurait jamais réussi à ancrer ça autant que ce que la pandémie a fait », souligne M. Théberge, qui ne se réjouit pas de la situation, mais qui tente d’en voir le positif.

À ce sujet, il est très content de voir que le gouvernement Legault semble être derrière les agriculteurs, notamment en encourageant l’achat local et l’autonomie alimentaire, ce qui n’était pas vraiment le cas des gouvernements précédents, selon lui.

« Ça nous donne du gaz pour pousser notre réflexion. Pour arriver à l’autonomie, on a besoin de l’appui du gouvernement et en ce moment, on l’a. Le ministre [André] Lamontagne est toujours partie prenante pour aider la production agricole. Ça fait des années qu’on n’a pas eu un ministre qu’on sent derrière nous. On sent que le vent est du bon bord », a laissé savoir M. Théberge au sujet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

D’ailleurs, le ministre Lamontagne a fait savoir, lors du congrès, que l’ambition du gouvernement est de doubler la production en serre, un objectif que partage Mario Théberge. « Une des régions où on aurait avantage à développer la production en serre, c’est le Saguenay–Lac-Saint-Jean. On a une région plus fraîche et ça coûte moins cher chauffer les serres l’hiver que de les climatiser l’été. Ce serait gagnant pour nous de se tourner vers ça. »

La famille agricole

M. Théberge a profité de l’occasion pour souligner le fait d’armes de la famille Gingras de Normandin, qui a remporté cette année le titre de Famille agricole du Québec, un honneur qui avait rejailli la dernière fois dans la région sur la famille Tremblay de Jonquière, en 2012. « On en est très fiers. Ça n’arrive pas souvent dans la région. C’est un honneur qu’on ne peut pas passer sous silence. Ce n’est pas la première fois qu’on propose des familles régionales depuis 2012, mais les critères sont sévères. C’est un hommage qui nous fait honneur chaque année, comme producteurs, parce que ce sont des familles exemplaires qui représentent l’ensemble de la classe agricole. Des familles qui ont travaillé dur toute leur vie et qui sont reconnues par leurs pairs de toute la province », a exprimé M. Théberge.

Dès qu’il a appris la nouvelle, au gala de fermeture du congrès, il s’est immédiatement réjoui pour ses membres et n’a pas tardé à appeler la famille. « J’ai appelé Louise, la propriétaire de l’entreprise, pour la féliciter. Une entreprise qui se démarque comme ça, ça fait autant plaisir à l’entreprise qu’au milieu. Nous, les producteurs, sommes solidaires et ne pouvons que nous réjouir de voir l’un de notre gang recevoir ce prix-là. C’est un honneur qui nous a pris par surprise et ç’a fini notre gala avec un gros wow ! »