Le transport du midi a été aboli au début de l’année scolaire 2017-2018. Le conseil des commissaires voulait mettre fin « au service du transport du midi pour les circuits avec très peu d’élèves à bord du véhicule en raison d’un déficit financier important ».

Le transport du midi demandé pour les élèves de l'école Du Bon Conseil d’Hébertville-Station

Des parents dont les enfants fréquentent l’école Du Bon Conseil d’Hébertville-Station réclament le retour du transport du midi aboli il y a quelques années. Le regroupement déplore le manque d’ouverture de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean qui refuse d’analyser les besoins des parents, et ce, malgré leur volonté à payer 835 $ par enfant, une demande appuyée par le député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard.

Depuis trois ans, Marie-Lise Bergeron multiplie les démarches, dont de nombreux appels et rencontres, afin de rétablir le transport en autobus du midi. La mère de famille assure avoir essuyé de nombreux refus de la part de la commission scolaire.

« On n’est pas à Montréal, on est dans un milieu familial. Il y a des entreprises à la maison, des mamans à la maison et en congé de maternité. On dirait que ça n’existe plus des gens comme ça. On dirait qu’ils pensent que tout le monde travaille de 8 à 5 dans un bureau et a besoin de la garderie scolaire. Ce n’est pas la réalité de tout le monde », a confié la porte-parole du groupe de parents lors d’une rencontre avec Le Quotidien.

Mme Bergeron aimerait que l’évaluation des circuits soit faite chaque année et non seulement pour les tracés existants, comme c’est présentement le cas.

Les parents sont conscients que par le passé bien peu de jeunes du rang bénéficiaient du transport qui n’est pas financé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Toutefois, la situation est différente aujourd’hui. Selon les données fournies, 11 enfants de ce secteur pourraient profiter du transport du midi pour l’année en cours, 15 pour l’année prochaine, 18 pour l’année 2021-2022 et même de 21 pour l’année suivante. Ils ajoutent que d’autres parents pourraient également être intéressés.

Moins cher que le service de garde

Chaque midi, au moins cinq parents du Rang 3 montent à bord de leur véhicule afin de permettre aux enfants de dîner à la maison. Ils préfèrent payer 835 $, une somme qui s’avère à être moins élevée que le service de garde qui se chiffre annuellement à 1143 $ par élève en plus des lunchs.

« Ils m’ont dit que le budget était gardé pour les ressources. Si mon enfant avait de la difficulté à l’école, ils m’aideraient. Mon besoin, c’est qu’ils signent un contrat disant qu’on aura le transport du midi. On nous suggère le covoiturage, mais on est 11. En plus, ils n’ont même pas à défrayer les coûts. On est prêt à payer le montant », fait valoir Marie-Lise Bergeron.

Le regroupement de parents reproche à la commission scolaire de ne pas respecter sa propre politique du transport. « Elle peut moduler le montant, c’est écrit mot pour mot. C’est là-dessus qu’on s’est basé pour demander un transport qui en plus s’autofinance », ajoute une autre mère qui est d’avis que les commissaires ne travaillent pas pour la population.

Les mères rappellent également qu’elles n’ont pu réaliser un sondage auprès des autres parents afin d’évaluer la réelle demande pour le retour du transport du midi. Plutôt que de transmettre un questionnaire par le biais des élèves, elles ont dû défrayer les coûts d’impression et d’envoi de 100 documents.

Les parents se désolent qu’un tel service soit offert dans les municipalités voisines, soit à Saint-Bruno et Hébertville. « Ils ne nous donnent pas le choix, ils choisissent à notre place. Dites-nous le montant et ensuite on décidera si on veut le service ou pas », expose une mère.

Le regroupement de parents a obtenu l’appui d’autres parents intéressés par le service, de conducteurs d’autobus qui verraient leurs heures de travail être augmentées ainsi que du député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard.

Dans une lettre d’appui adressée à la présidente de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, Roxanne Thibeault, le député qualifie la demande de logique. L’élu souligne également le caractère équitable d’offrir un tel service à des parents prêts à en assumer les coûts.

Mme Bergeron lance un appel aux autres parents intéressés à un retour du service du transport du midi. « On n’est pas le seul village qui a ce besoin et qui le demande. Si on est plusieurs villages à le demander, on sera peut-être plus écoutés et plus entendus », conclut Mme Bergeron.

+

LA CS NE RECULE PAS

La Commission scolaire du Lac-Saint-Jean rejette l’idée d’offrir un service de transport du midi à différents coûts sur son territoire. Tout comme elle rejette l’idée d’évaluer les circuits qui ont été supprimés au cours des dernières années. 

« Ce ne sont pas des décisions faciles. Je comprends les parents de trouver que c’est peut-être drastique. C’est quand même l’argent des contribuables que l’on gère. Quand on ferme un transport, c’est qu’il est déficitaire », a mentionné la présidente de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, Roxanne Thibeault, qui en a profité pour rappeler l’importance d’assumer les décisions prises par le passé.

L’évaluation faite par la commission scolaire quant à ce transport du midi chiffre le coût moyen d’un véhicule à 10 843 $. Un total de 38 inscriptions à 285 $ serait requis pour atteindre la rentabilité. Il est inconcevable, pour Mme Thibeault, que le service soit offert à différents tarifs sur le même territoire. « Il faut être prudent. On ne peut pas avoir deux vitesses pour un même système. C’est impensable. Si on n’avait pas de service de garde aussi compétent et aussi demandé, je me dirais qu’il y a un manque », exprime celle qui est d’avis qu’il s’agirait d’une mesure non équitable. 

Mme Thibeault précise que les circuits existants sont évalués chaque année. L’évaluation des circuits retirés laisserait, selon elle, la place à la révision d’une quinzaine de dossiers. 

Rappelons que le conseil des commissaires a voté, mardi dernier, en faveur du projet de résolution qui refusait la demande de réinstauration du service du transport du midi. Le Quotidien a assisté à l’échange musclé entre les parents et la présidente de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean qui a duré une vingtaine de minutes. 

Ledit transport a été aboli pour l’année scolaire 2017-2018. La commission scolaire justifie cette décision par une orientation du conseil des commissaires qui remonte à 2013-2014 et qui voulait mettre fin « au service du transport du midi pour les circuits avec très peu d’élèves à bord du véhicule et un déficit financier important ». Depuis, plus d’une quinzaine de circuits ont été abolis, ce qui, selon la commission scolaire, a permis de réduire le déficit financier du service de transport du midi qui est, malgré cela, encore déficitaire.