Le représentant de la communauté, Vincent Beaudoin, va bientôt discuter avec la Ville pour mesurer son intérêt à l'égard des ailes 1907 et 1940 du couvent, où ne vivent plus que 43 religieuses. Elles seront toutes regroupées dans la partie la plus récente du bâtiment, l'aile 1955, entièrement rénovée.

Le transfert des religieuses approche

Les 43 religieuses membres de la communauté des Soeurs du Bon-Pasteur à Chicoutimi seront graduellement regroupées dans une seule aile au cours des prochaines semaines.
La rénovation de la partie la plus récente de l'immeuble, un projet commandé par la maison-mère en 2014, tire à sa fin. Au final, les deux portions restantes de l'immeuble, l'une construite en 1907 et l'autre en 1940, seront vendues.
Dans un premier temps, 27 religieuses seront déménagées dans l'aile 1955, entièrement rénovée. Le reste de la communauté suivra d'ici à la fin de 2017.
L'an dernier, le responsable du Service des immobilisations de la communauté religieuse, Vincent Beaudoin, a expliqué le projet dans le détail au Progrès-Dimanche. Il a indiqué que le monastère ferait l'objet d'une transformation majeure, un vaste chantier évalué à environ 8 millions $. La décision de regrouper les soeurs dans l'aile 1955 s'inscrit dans le cadre d'un programme de rationalisation mis en branle par la direction de la communauté. Les religieuses vieillissent et sont de moins en moins nombreuses à Chicoutimi. Les coûts inhérents au maintien et à l'entretien d'un bâtiment aussi vaste sont non-négligeables. Bien ancrées dans leur milieu, les soeurs souhaitaient demeurer à Chicoutimi, d'où la décision de les regrouper dans un espace restreint.
Dès le début de 2018, les travaux préparatoires à la mise en vente des ailes les plus âgées seront terminés. L'entrepreneur qui agit pour le compte des soeurs du Bon-Pasteur n'a pas l'intention de rénover les lieux. Il reviendra au futur propriétaire de procéder aux travaux, selon la vocation qu'il souhaite donner au bâtiment. 
« On vend une coquille avec un terrain et un emplacement. Le but est de vendre le plus tôt possible. Nous allons bientôt rencontrer des gens de la Ville pour voir s'il y a des besoins du point de vue de certains organismes et quels pourraient être les usages pour le bâtiment. Présentement, l'immeuble est zoné institutionnel », a fait valoir Vincent Beaudoin, de la Société de gestion de la Nouvelle-France. L'entrepreneur, rencontré la semaine dernière, est l'homme de confiance des religieuses depuis 25 ans. 
Lorsque l'aile 1955 sera complètement isolée du reste du bâtiment, il est estimé que les membres de la communauté occuperont autour de 45 pour cent de la superficie totale du couvent. Le projet a également nécessité que plusieurs objets d'intérêt patrimonial soient retirés du bâtiment et envoyés à la maison-mère pour être triés. 
Les façons de faire revues
Toujours dans un souci d'économie, les équipes d'employés qui travaillent en appui aux religieuses seront réduites. Vincent Beaudoin indique qu'il n'y aura pas de coupes de personnel en soi, mais que des départs à la retraite ne seront pas comblés. Les horaires de travail et la répartition des tâches ont aussi été revus. « Le but premier dans tout ça est de loger nos soeurs, de les sécuriser et de continuer à leur donner des soins. On actualise les espaces physiques, mais aussi nos façons de faire », pointe Vincent Beaudoin.
L'époque où chaque religieuse avait sa propre préposée sera bientôt révolue. Le responsable souligne que la qualité de vie et les soins prodigués aux soeurs ne seront pas compromis. Sauf que des pratiques vieilles de plusieurs années, comme le repassage systématique des draps de lit, par exemple, seront éliminées.
Les religieuses du Bon-Pasteur n'occuperont que 45 pour cent du couvent situé au coin des rues Bégin et Jacques-Cartier, à Chicoutimi.
Achat de l'immeuble: Saguenay n'est pas intéressée
Saguenay n'a pas d'intérêt pour l'immeuble du Bon-Pasteur. Le conseiller municipal et président du Conseil du trésor, Jean-Yves Provencher, rappelle que la Ville vient de procéder à la vente de plusieurs immeubles et que son but n'est pas d'en acquérir d'autres. 
« On a fait un gros travail pour avoir moins de bâtisses. On n'a pas l'intention d'en acheter des nouvelles », dit le conseiller municipal, faisant référence au comité d'analyse des bâtiments municipaux, qu'il a présidé avec son collègue Claude Tremblay. 
Du même souffle, Jean-Yves Provencher confirme que l'entente avec l'homme d'affaires Paul Boivin pour la rénovation de l'immeuble du CLSC, sur la rue Racine, est bel et bien caduque.
La Ville reprend ses droits sur l'immeuble et va lancer un appel d'offres visant la vente du bâtiment, le tout conditionnel à la réalisation d'un projet de rénovation qui permettra d'accueillir des organismes culturels. L'entente qui avait été conclue avec Paul Boivin prévoyait également la restauration de l'autogare de la rue Hôtel-Dieu pour y aménager 300 cases de stationnement.