Le tourisme scientifique à l’honneur à la forêt Montmorency

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Avec le temps, ce sont les activités de recherche qui ont dicté le déploiement de l’offre touristique à la forêt Montmorency, la forêt de recherche et d’enseignement de l’Université Laval. Pour offrir une valeur ajoutée aux visiteurs, le volet scientifique devrait prendre de l’ampleur au cours des prochaines années, notamment avec l’implantation de plusieurs technologies dans le cadre du déploiement du concept de la forêt intelligente.

« On veut que les gens réalisent qu’ils se trouvent dans un laboratoire à ciel ouvert quand ils viennent se promener en forêt », soutient Hugues Moisan, le directeur des opérations de la forêt Montmorency, dont les installations sont accessibles à partir du kilomètre 103 de la route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides. Ce dernier veut recréer le modèle des installations de la NASA, qui regroupent le concept d’enseignement, de recherche, de musée et de découverte scientifique.

Pour y arriver, Hughes Moisan veut mettre en valeur les activités de recherche en lien avec les activités offertes par l’établissement. « Toute notre offre d’activités a été développée en lien avec les projets de recherche et on veut les cataloguer pour faire connaître le volet scientifique aux visiteurs ».

Par exemple, l’activité de ski-raquette a été développée dans un secteur de coupe partielle qui permet de démontrer au grand public une technique de récolte forestière. Chaque année, entre 22 000 et 24 000 mètres cubes de bois sont récoltés à la forêt Montmorency, ce qui permet de générer des revenus intéressants tout en réalisant plusieurs projets de recherche en foresterie durable.

On retrouve également plusieurs dispositifs de recherche en lien avec le ski de fond, dont l’impact du surfaçage sur le sol ou encore sur la nidification des oiseaux.

« À la base, le tourisme n’est pas notre vocation première, et tout ce qu’on fait est développé pour sensibiliser les gens à un volet d’enseignement », ajoute Hughes Moisan. C’est ainsi que la plus grande forêt de recherche et d’enseignement, qui couvre 39 000 hectares, offre de plus en plus d’activités au grand public.

Pour continuer à développer l’offre de services, Hughes Moisan souhaite continuer à développer des partenariats. « On veut rendre les infrastructures disponibles pour devenir un incubateur de projets », dit-il. Par exemple, la forêt Montmorency n’est pas un gestionnaire d’activités de plein air, mais l’établissement souhaite établir des partenariats avec des promoteurs souhaitant développer des activités dans ces champs de compétences. Par exemple, Hydro-Québec utilise les lieux pour faire des formations à ces employées, tout comme le Laboratoire d’expertise et de recherche en plein air de l’Université du Québec à Chicoutimi pour offrir des formations de sécurité et survie en forêt.

Étant donné qu’une loi régit l’utilisation de ce territoire, il est possible de faire des projets impossibles ailleurs, dans un cadre de recherche et d’enseignement, ce qui élargit les possibilités d’utilisation. Ainsi, la forêt Montmorency est devenue un modèle de cohabitation ou plusieurs usagers se partagent le territoire.

Pour éviter d’entrer en compétition avec la SÉPAQ (Parc national de la Jacques-Cartier), la forêt Montmorency mise également sur des créneaux spécialisés, comme celui d’accueillir les skieurs d’élite en début de saison.

Devenir la première forêt connectée

Pour pousser le concept scientifique encore plus loin, elle annoncera prochainement d’importants investissements pour l’implantation. « On va investir plusieurs millions de dollars au cours des prochains mois pour devenir la première forêt connectée au monde », soutient Hughes Moisan.

Alors que des dispositifs de recherche connectés existent ailleurs en forêt, les équipements de la forêt Montmorency pousseront le concept encore plus loin en permettant d’interagir avec les équipements sur le terrain, au lieu de simplement recueillir des données. Le grand public pourra éventuellement en profiter grâce au développement d’applications sur la réalité virtuelle qui permettront d’en apprendre sur le territoire en se promenant en forêt.

25 000 visiteurs

Au cours des prochaines années, le nombre de touristes, qui était de 25 000 l’an dernier, devrait continuer à croître à la forêt Montmorency permettant ainsi de rentabiliser encore davantage les infrastructures existantes, tout en continuant sa mission principale de recherche et d’enseignement. « Comme l’objectif premier n’est pas pécuniaire, ça nous permet d’offrir des services plus qu’abordables », conclut Hughes Moisan.

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5 ACITIVITÉS POUR DÉCOUVRIR LA FORÊT MONTMORENCY

Au-delà des activités de recherche et d’enseignement, la forêt Montmorency est aussi un énorme terrain de jeu à ciel ouvert situé en plein cœur de la Réserve faunique des Laurentides. Voici cinq activités à découvrir cet hiver.

Du ski hors-piste pour débutants

Depuis quelques années, de plus en plus de skieurs délaissent les remonte-pentes et se tournent vers le ski hors-piste dans le but de découvrir de nouveaux territoires et profiter de la neige poudreuse. Pour s’initier à ce sport, la forêt Montmorency propose de le faire en ski-raquette.

Cet équipement est en fait un ski large et court muni d’une surface adhérente sur la moitié de la base du ski, ce qui permet de monter aisément la montagne et de descendre sans prendre trop de vitesse. Il est possible de louer les skis-raquettes en tout temps au cours de l’hiver pour profiter d’un domaine skiable de 100 hectares développé avec les activités forestières.

L’établissement offre des journées d’initiation (49,38 $ + taxes) les 11 janvier, 15 février et 14 mars. Pour la première fois cet hiver, des excursions guidées dans l’arrière-pays (49,38 $ + taxes) seront aussi offertes aux adeptes plus expérimentés, les 25 janvier et le 29 février. 

Jusque dans l’assiette

Après les Fêtes, la forêt Montmorency offre des sorties de récolte de sapin baumier dans le cadre de ses activités de la forêt à l’assiette.

Accompagnés d’un guide, les participants pourront en apprendre davantage sur l’écologie du sapin, mais aussi sur la façon de le cueillir pour le transformer en délice gastronomique. Par la suite, les cueilleurs pourront sécher et cuisiner leur récolte en préparant un délicieux gravlax de saumon style boréal.

L’activité de récolte de sapin, au coût de 58,46 $ plus taxes, se fera les dimanches 26 janvier, 9 et 23 février ainsi que les 8 et 22 mars 2020, entre 9 h et 13h30.

La Mecque du ski de fond hâtif

Dès le mois d’octobre, il est possible de faire du ski de fond à la forêt Montmorency, car c’est le seul centre à utiliser des canons à neige pour aménager des pistes pour les adeptes.

Culminant à plus de 600 mètres d’altitude, le centre est bien situé pour conserver davantage de neige naturelle dès les premières bordées. Alors que la plupart des centres tardent encore à ouvrir, on pouvait déjà skier sur une vingtaine de kilomètres au moment d’écrire ces lignes.

Au plus fort de la saison, on retrouve 57 km linéaires de sentiers, dont 41 km en ski classique et 16 km en pas de patin. 

Les amateurs de raquette ne sont pas en reste avec 24 km de sentiers balisés. 

Récolte ton sapin de Noël

Si vous n’avez pas encore installé votre sapin de Noël, vous pouvez aller récolter un sapin sauvage sur le territoire de la forêt Montmorency. Pour cette année, le temps presse puisqu’elle se déroule jusqu’à aujourd’hui, samedi.

Sur place, l’établissement fournit le traîneau et la sciotte. Un beau prétexte pour aller faire une belle promenade en famille en raquette pour un montant de 36 $ pour 4 personnes, incluant les droits d’accès. 

Activités du temps des Fêtes

Il n’y a pas que du ski de fond à la forêt Montmorency, car une foule d’activités sont offertes pendant la période des Fêtes (du 27 décembre au 4 janvier). On peut notamment apprendre à faire de la sculpture sur neige ou encore participer à une activité de découverte de la forêt boréale en raquette. Des soirées de bricolage, de contes et de jeux de société sont aussi organisées. Le 31 décembre, le Trio Moustache sera à l’honneur pour la veillée du jour de l’An.

Et plus encore

• 24 km de sentiers de raquette balisés

• Une patinoire extérieure aménagée sur la glace naturelle 

• Un secteur pour la glissade

• Un relais de motoneige hébergement

• Pavillon principal: 44 chambres doubles et 12 chambres triples

• 3 chalets accueillant de 8 à 18 personnes

• 6 refuges accueillant 8 à 10 personnes